Ils sont un modèle de réussite au travail : quelles sont les 5 recettes communes d'Elon Musk, Jeff Bezos ou Steve Jobs ?

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ON A LU – Dans leur livre "Innover comme Elon Musk, Jeff Bezos et Steve Jobs", trois spécialistes du monde du travail, Alain Dupas, Jean-Christophe Messina et Cyril de Sousa Cardoso, décryptent les principes qui expliquent la réussite fantastique de ces géants du numérique.

Ils s’appellent Elon Musk, Jeff Bezos ou encore Steve Jobs. Ils sont  (ou étaient) à la tête de Space X et Tesla, Amazon ou Apple. Comme ceux des autres Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple) ou des Natu (pour Netflix, Airbnb, Tesla, Uber), ce sont des patrons à la réussite exponentielle. Et pourtant, ils ont parfois lancé leur société dans un garage, avec le capital de proches, ont parfois frôlé la faillite, se sont relevés. Aujourd’hui, leurs sociétés ont bouleversé le paysage économique mondial, façonnent le futur et ont un impact global sur la société. 


Comment expliquer ces succès ? Ces dirigeants ont-ils des traits communs ? Des manières de faire similaires ? Oui ! C’est ce qu’expliquent Alain Dupas, Jean-Christophe Messina et Cyril de Sousa Cardoso, trois spécialistes du monde du travail qui se sont penchés sur le sujet. Dans leur livre "Innover comme Elon Musk, Jeff Bezos et Steve Jobs"(éditions Odile Jacob), ils tentent de percer les grands principes et petites recettes de ces grands entrepreneurs américains du numérique. On a lu le livre, et on vous donne quelques-uns de ces principes.

Ils veulent changer le monde !

C’est toujours le point de départ des projets des grands entrepreneurs de la Silicon Valley, indiquent les auteurs du livre : ils sont portés par la conviction qu’on peut changer le monde, changer les choses, transformer le futur. Avant d’avoir un business plan, ils ont un "vision plan". Et cette vision, toujours ambitieuse, ils savent l’exprimer de façon simple et explicite. Comme, Elon Musk, patron de la société spatiale Space X, qui explique en 2017 sur la scène de l’International astronautical congress qu’il œuvre à une présence humaine permanente sur Mars : "Je pense que le futur sera beaucoup plus excitant et intéressant si nous devenons une civilisation spatiale et une espèce interplanétaire", dit-il. 


Et cette vision que portent ces patrons est l'une des clés de la réussite de leur entreprise : elle motive les salariés, les incite à coopérer, à développer leur créativité, à relever ce défi proposé. L'argent n'est plus un objectif, mais un moyen, donnant aux individus "le sentiment de se surpasser au service d’une vision ambitieuse et qui compte pour eux". Bref, ces managers savent faire vibrer et donner l’envie à ces collaborateurs de travailler. Le cercle est vertueux : cela permet d’attirer et recruter les plus brillants profils.

Ils recherchent l’innovation à tout prix

Tous ces grands patrons ont un point commun : ils ont produit des innovations de "rupture" qui ont créé ou transformé des industries entières. Comme, en son temps, l’automobile de Ford a remplacé les calèches, les ordinateurs de Jobs ont par exemple mis à mort les machines à écrire. Leurs inventions n’ont pas amélioré l’existant, elles ont ouvert de nouveaux champs d’exploration. Comment ont-ils fait ? Comment être innovant ?


Les auteurs analysent  que Jobs, Musk ou encore Bezos ont développé un mode de réflexion bien particulier : pour faire différent, et surtout mieux que les concurrents, il faut sortir des sentiers battus, aller explorer d’autres chemins. Et pour cela, se libérer des idées reçues. La méthode est quasi-scientifique : il faut, pour chaque problème, tenter de démonter toutes les croyances sociales ou professionnelles, déconstruire chaque sujet, identifier ce dont nous sommes sûrs. C’est ainsi que Steve Jobs a révolutionné l’univers de la téléphonie mobile en 2007, dans un univers dominé par Nokia, en concevant l’iPhone, un téléphone en rupture, simple d’utilisation et sans clavier. C’était ce que recherchaient les consommateurs à une période où les portables devenaient de plus en plus complexes. Il n'a pas cherché à faire mieux que les autres : il a fait différent.

Leur priorité : faire simple et beau

Elon Musk disait ainsi : "Si vous voulez faire un produit, faites qu’il soit beau, même si cela n’affecte pas les ventes, je veux qu’il soit beau." Steve Jobs voulait, lui aussi, des objets "beaux, simples, et cool" et était obsédé par cette perfection, au point qu’il passait "des heures à affiner le moindre détail visible ou invisible de ses produits". Derrière cela, l’idée qu’"en matière technologique, ce qui n’est pas simple et esthétique ne peut pas bien fonctionner", analysent les auteurs. C’est d’ailleurs cette "quête de simplicité dans le design physique et le logiciel qui a fait le succès des produits Apple". 


Cette quête de la simplicité se joue à tous les niveaux. Car dans un monde de plus en plus complexe,  le défi majeur pour les entreprises est de rester compréhensible pour leurs salariés, ne pas se "déshumaniser", ce qui signifierait perte de la créativité et l’innovation. Les auteurs rapportent cette anecdote, révélatrice : Elon Musk se fend un jour d’un mail à tous ses employés, souhaitant que "cesse immédiatement" l’utilisation des acronymes.  Selon lui, ils sont "un obstacle important à la communication efficace". "Personne ne peut de manière réaliste se souvenir de tous ces acronymes", estime-t-il. "Et comme les gens ne veulent pas se montrer idiots dans une réunion, chacun reste assis là dans l’ignorance." Bref, rester fluide, à tous niveaux.

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Ils ont mis en place une organisation collective

Ils misent sur l’intelligence collective, le mélange, avec des "organisations ruche", l’exact inverse du modèle du siècle dernier, pyramidal et hiérarchique. Ainsi, chez Space X, les bureaux ressemblent à un immense hall, où sont mélangées les équipes d’ingénieurs, de mécaniciens, de soudeurs. "Les gens sont serrés, mais c'est bien car ça crée de la friction et des échanges", dit Elon Musk dans l'ouvrage. L'idée : "Là où les organisations historiques isolent les équipes et les fonctions les unes des autres, Space X propose le mélange, le bruit et un apparent chaos", soulignent les auteurs. "Tout est fait pour provoquer la communication, l’échange d’informations et d’idées."


Les collaborateurs sont organisés par petites équipes, qui se restructurent lorsque le projet est fini. L’apparition de toute bureaucratie est également sévèrement combattue : chacun doit pouvoir s’adresser à chacun, quel que soit son grade. Cette organisation implique la responsabilisation et l'autonomie de chacun. Mais c’est le but. "Cela ne fait aucun sens d’embaucher des gens intelligents puis de leur dire ce qu’ils doivent faire. Nous enrôlons des gens intelligents afin qu’ils nous disent ce que nous devons faire", disait ainsi Steve Jobs.

Ils incarnent la figure du patron entrepreneur

Ces fondateurs incarnent leur entreprise. Au point que leurs salariés ne travaillent pas pour Facebook, Space X ou encore Apple. Mais pour Marck Zuckerberg, Elon Musk ou Steve Jobs. Ils sont plus que de simples patrons : ils sont des leaders. Cette mise en avant de leur personne ne sert qu’un objectif : "Favoriser la coopération et la collaboration des individus qui se regroupent au sein de l’entreprise, pour porter un projet d’innovation relié à une vision", celle impulsée par le fondateur. Celui-ci peut même servir de paratonnerre, en attirant sur sa personne les projecteurs des médias, pendant que la société avance dans ses projets en toute discrétion.


Toutes ces recettes donnent à penser que les patrons ont créé l’entreprise idéale, aux petits soins pour les salariés. Attention cependant, préviennent les auteurs, cette culture n’est pas "confortable" pou les collaborateurs, qui ne sont pas particulièrement bien payés, ont des horaires extensibles, et font parfois face à des risques sur le lieu de travail. "Nombreux sont les salariés à ne faire qu’un passage au sein de l’entreprise avant que, épuisés (ils frôlent en permanence le burn-out, comme le patron lui-même), ils ne quittent l’entreprise", rappellent les auteurs. 

> "Innover comme Elon Musk, Jeff Bezos et Steve Jobs", aux éditions Odile Jacob, par Alain Dupas, physicien, consultant, ancien chargé d’études au CNES, Jean-Christophe Messina conseiller stratégique de dirigeant, Cyril de Sousa Cardoso , expert en conduite de projets d’innovation, tous deux associés fondateurs d’Audalom.

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