Inquiétudes pour leur santé, goût pris au télétravail... Beaucoup de salariés retourneront au bureau à reculons

Inquiétudes pour leur santé, goût pris au télétravail... Beaucoup de salariés retourneront au bureau à reculons
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ÉTUDES - Plusieurs sondages montrent que les salariés français sont peu rassurés de retourner sur leur lieu de travail, et encore dans l’incertitude totale par rapport aux moyens et mesures mises en place.

Encore beaucoup d’incertitude, de l’impatience, et un peu d’anxiété. Malgré la perspective d'un retour au travail à partir du 11 mai, les salariés français semblent toujours naviguer à vue, certains s’inquiétant également pour leur santé. 

Du flou, car malgré l'annonce du déconfinement, pour beaucoup, la situation n'évoluera pas tout de suite. Selon une enquête menée par l’aménageur de bureaux Deskeo du 1er au 5 mai auprès de 2 856 professionnels, plus de 43% des sondés ne savent pas encore à quelle date ils vont sortir de leur vie de salarié confiné. La grande majorité semble en effet rester en télétravail ou en chômage partiel. Seulement 9% des personnes interrogées disent qu’elles profiteront du 11 mai pour retourner sur leur lieu de travail, soit le pourcentage le plus faible par rapport aux autres dates : 11% à partir du 18 mai et 15% à partir du 25 mai. 

Peur de contracter le virus, problèmes de garde d'enfants...

Un retour qui se fera plutôt à reculons. D’après un sondage MisterTemp, réalisé auprès de 645.000 salariés et candidats entre le 30 avril et le 6 mai, 34% des salariés ne souhaitent pas reprendre le chemin du travail tout de suite. Outre la peur de contracter le virus, 60% craignent des mauvaises conditions de travail, et 15% doivent aussi se confronter à des problématiques de garde d'enfants. En fait, quatre sondés sur dix estiment raisonnable de ne reprendre le travail qu'à partir du mois de septembre, pour éviter une potentielle seconde vague de propagation du virus. 

Un autre baromètre mené par BNP Real Estate estime tout de même que les lignes vont sans doute bouger dès la semaine prochaine. "Seuls 3 Français sur 10 se disent prêts à rester chez eux tous les jours, en télétravail complet, après le 11 mai", détaille l'étude, qui note que "les salariés travaillant en immeuble de bureaux sont moins pressés de retrouver leur lieu de travail : ils sont 41% à souhaiter conserver un rythme entièrement à distance. Les personnes résidant en agglomération parisienne sont également plus frileuses à l’idée d’un retour au bureau (38%), probablement inquiets des transports en commun."

La crainte des transports en commun

En effet, beaucoup de salariés sont préoccupés par leur santé. Au point qu'ils seraient 8 sur 10 à être inquiets à l'idée de retourner au bureau (étude Deskeo). Une perspective de déconfinement qui serait d'ailleurs particulièrement anxiogène chez les femmes, selon une étude menée pour Linkedin (70% des femmes inquiètes, contre 58% pour la majorité des Français).  

Parmi les freins soulevés, le retour sur le lieu de travail fait craindre assez logiquement une exposition au coronavirus, nous dit le baromètre mené par BNP, que ce soit dans l’entreprise (49%) ou dans les transports (24%). Cependant, certains salariés évoquent aussi leur appétence au travail à la maison : ils y ont pris goût (28%), ou bien ne souhaitent plus perdre de temps dans les trajets domicile-travail (26%). Mais les transports remportent tout de même la palme des sources d'angoisse. Au point qu'à quelques jours du 11 mai, c’est encore l’immense brouillard : 68% des personnes interrogées par Deskeo ne savent pas encore comment elles vont se déplacer. Mais, selon les premières tendances observées, les sondés veulent éviter à tout prix les transports en commun (4%) et le covoiturage (1%) pendant la phase de déconfinement. Le sondage mené par MisterTemp va dans le même sens : 25% ne souhaitent pas emprunter les transports en commun tant qu'il n'y aura pas de réelle amélioration quant à la propagation du virus. À l'inverse, les salariés privilégieront les moyens de transport individuels : 18% des Français viendront au bureau à pied, à vélo ou en véhicule motorisé. 

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Une écrasante majorité préfère continuer à télétravailler

Au bureau émergent là aussi les angoisses. Les salariés attendent beaucoup de l’entreprise sur les mesures de sécurité mises en place. D’après MisterTemp, 75% d'entre eux trouvent indispensable la mise à disposition de masques et gel hydroalcoolique pour le jour de la reprise, et 50% pensent raisonnable que l'entreprise s'organise pour qu'il y ait peu de monde sur place et garantir une bonne distanciation sociale. Six Français sur dix jugent par ailleurs indispensable le port du masque pour tous les salariés (baromètre BNP), et un sur deux est favorable à l’interdiction des réunions physiques pour le moment. En fait, une écrasante majorité des sondés (78%) préfère continuer à télétravailler pendant cette phase de déconfinement.

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Cependant, d'après le baromètre BNP, 38% des actifs souhaitent tout de même retourner sur leur lieu de travail, reprenant peu ou  prou leur rythme d’avant confinement, et 32% sont favorables à un entre-deux : retourner en partie sur leur lieu de travail tout en conservant des jours de travail à distance. Parmi les motivations du retour au bureau, les actifs évoquent le souhait d’une reprise de l’activité de l’entreprise (38%), les conditions matérielles de leur lieu de travail (32%), mais aussi l’envie de revoir ses collègues après deux mois à distance (31%). Ces considérations prendront quoi qu’il en soit du temps : globalement, trois actifs sur quatre sont favorables à un retour très progressif sur les lieux de travail, pour protéger avant tout la santé des salariés.

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