Isolement, manque d'écoute... : à cheval entre la direction et les salariés, comment les managers se sentent-ils ?

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MORAL - BPI group, une société de conseil RH, et BVA ont interrogé les managers, des collaborateurs peu sollicités dans les enquêtes d'opinion alors même qu'ils représentent un échelon central tant dans la mise en œuvre de la stratégie de l'entreprise que dans son organisation sociale.

Ils sont souvent absents des baromètres ou des enquêtes d’opinion. Pourtant, leur rôle est central dans l’entreprise, tant dans la mise en œuvre de sa stratégie que dans les relations avec les équipes de salariés : ce sont les managers. Comment voient-ils leur rôle ? Ont-ils des frustrations ? Quelles sont leurs sources de satisfactions ? Pour le savoir, BPI group, une société de conseil RH spécialisée, a mené l’enquête avec l’institut BVA. 


Premier enseignement : les managers se sentent parfois… un peu seuls. Un sur deux ne se sent notamment pas associé à la construction de la stratégie de leur société. Ils ne sont également que 36 % à s'estimer être partie prenante du dialogue social. Bref, à l'heure de la "co-construction", de la "co-décision" et du "leadership partagé", il reste encore du travail pour impliquer le management dans le développement de l'entreprise.

Beaucoup de stress

Car la réussite de l’entreprise dépend du management : le manager est celui qui décline la stratégie sur le terrain, la communique aux collaborateurs.  Il permet aussi de faire part à sa hiérarchie de points de blocage ou d'incompréhension dans le plan d'actions décidé par les dirigeants. Mais pour ce faire, il faut qu'il soit impliqué très en amont afin qu'il puisse apporter sa contribution. "C'est une pratique indispensable si l'on souhaite que le manager devienne un défenseur du projet d'entreprise et son meilleur ambassadeur", indique dans un communiqué Olivier Lajous, président du directoire de BPI group, qui suggère que "les dirigeants créent des moments d'échanges, d'élaboration d'objectifs et de moyens pour l'entreprise avec leurs managers".

 

Autre constat majeur : les managers font face, eux aussi, à de grands changements dans leurs fonctions. Ils sont très majoritaires (88%) à estimer que leurs responsabilités ont évolué ces dernières années. Ce sont sans doute ces évolutions qui ont généré du stress pour beaucoup d'entre eux (77%). Ce stress peut également résulter d'autres facteurs, indique l'étude : un sentiment d'isolement donc, de manque d'écoute et de transparence du point de vue de la hiérarchie, de nouveaux équilibres à trouver avec leurs équipes. Point important à noter : 51 % n'ont pas suivi de formations spécifiques. 

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Le besoin de former les managers

Pourtant, les managers doivent également, dans un management qui devient de plus en plus horizontal, répondre aux nouvelles attentes des collaborateurs : besoin de reconnaissance de plus en plus prégnant, évolution au sein de l'entreprise, entretien de la motivation, intégration des jeunes entrants, qualité de vie au travail... "La demande d'un management participatif étant de plus en plus forte, il apparaît nécessaire de former les managers dans ce sens, en favorisant notamment le coaching, le co-développement managérial, les formations en leadership et en conduite du changement", préconise encore Olivier Lajous.

 

Pourtant, dans cet environnement en forte mutation, les managers restent mobilisés et ambitionnent d'évoluer : ils sont 40 % à envisager d'étendre leurs responsabilités d'encadrement, et 54 % à se sentir capables de manager une équipe multiculturelle ou internationale. "C'est un point particulièrement positif sur lequel les DG et les DRH doivent se montrer très actifs et surtout ne pas décevoir", constate encore l’étude BVA.

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