"J’ai décidé de vivre mes rêves, et pas ceux qu’on avait pour moi" : histoires et regards d’entrepreneurs inspirants

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TÉMOIGNAGES - La BGE, un réseau d'accompagnement à la création et au développement d'entreprise, fête ses 40 ans. L’occasion, pour marquer le coup, de partager la réussite d’entrepreneurs qui racontent ce qui les a poussés à se lancer dans cette aventure… extra-ordinaire.

"Sortir de sa zone de confort". "Innover". "Remettre en cause les pratiques". "Se remettre en question". "Se réinventer". Au Studio 104 de la Maison de la radio, jeudi, les intervenants qui défilent sur scène font souffler un air de liberté. Ils sont enthousiastes, souriants, passionnés. Ils sont entrepreneurs. Et sont venus participer aux 40 ans de la BGE, premier réseau d'accompagnement à la création d'entreprise


"Les entrepreneurs ne contemplent pas le monde, ils le font", se réjouit Jean-Luc Vergne, le président de la BGE, en faisant le bilan : le réseau permet la création de 15.500 entreprises par an. La définition de l'entrepreneur, selon lui : celui qui sait prendre des risques, se bat, pour tracer son propre parcours. Pourquoi devient-on entrepreneur ? Qu’est-ce que cela apporte ? Quelles difficultés ? Chaque cas est unique. En voici cinq qui, chacun à leur manière, chacun dans leur domaine, ont fait leur révolution. Présentations.

Il faut avoir du soutien, de se faire accompagnerQuentin Bourdonnay, fondateur de Ice Roll

L’entrepreneur ? Quentin Bourdonnay, 25 ans, fondateur de IceRoll. Vous avez peut-être déjà vu, en gare ou en soirée, ce petit chariot et ce jeune vendeur muni d'une spatule qui, sous vos yeux, écrase une crème de fruits sur une plaque qui la gèle instantanément et en fait des rouleaux. Quentin a découvert ce procédé de fabrication en Thaïlande et a eu l’idée de l’implanter en France. Il fait des premiers tests en 2015 à La Javelle, un bar sur les bords de Seine à Paris. Depuis, l’entreprise a ouvert une franchise, Ice Roll Family et garde une partie événementielle.

Pourquoi devenir entrepreneur ? "J'ai su très tôt que je voulais entreprendre : dès 15 ans, j'avais monté beaucoup de projets autour du e-commerce. J’ai continué au lycée. Et au milieu de ma 3e année d’école de commerce, j’ai réalisé que j’avais envie d’entreprendre de manière sérieuse. J’ai quitté l’école pour un voyage en Asie du Sud-Est. Et c’est là que j’ai découvert ce concept de glace." 

Ses conseils ? "Il faut avoir du soutien, de se faire accompagner. Le réseau de la BGE m’a permis de me faire aider sur la structuration mais aussi sur tout un pan social car dans ce périple, ces recherches, ces moments de doute, c’est d'un grand soutien d'être entouré des personnes qui vivent les mêmes choses que vous."

Être patron, c’est partager ce que l’on apprend, ce que l’on vitDidier Roche, co-fondateur des restaurants Dans le noir

L'entrepreneur ? Didier Roche, 48 ans, à l’origine d’une dizaine d’entreprises. Il est notamment co-fondateur des restaurants et spas sensoriels Dans le Noir, ainsi que de la société Ethik Connection, qui accompagne les entreprises dans la diversité. 

Pourquoi devenir entrepreneur ? Il se définit comme un "serial rêveur" : "J’aime être mon propre patron. J’avais deux choix en abordant ma vie active : être chef d’entreprise ou faire suer mon patron. Je me suis lancé à 23 ans. Je ne poursuis pas du tout la richesse ni la postérité. Pour moi, être patron, c’est partager ce que l’on apprend, ce que l’on vit, c’est susciter des émotions autour des intérêts communs. J’aime cette faculté d’allumer des petites flammes dans les yeux des gens qu’on rencontre pour susciter leurs rêves."

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Surtout, ayez de l’audace, du culotSophien Boustani, co-fondateur de MyoTec

L'entrepreneur ? Sophien Boustani, 29 ans, co-fondateur de MyoTec en 2016, des boutiques et des séances de sport avec électrostimulation, "pour des gens qui n’ont pas le temps ou la flemme de faire du sport."

L’histoire ? Sophien Boustani est  un ancien grand sportif, boxeur. A la suite d’un accident, il est paralysé d’un bras. Son kiné lui fait alors découvrir l’électrostimulation. "En tant que sportif, quand il m’a dit que 20 minutes d’électrostimulation équivalaient à 4 heures de sport, je n’y croyais pas. Pourtant, c’est la première fois que j’ai eu de telles courbatures !" Il lâche tout, pour se lancer dans l’entreprenariat. Aujourd’hui, il possède 11 boutiques en France et une à Londres.

Son conseil ? "L'un des pièges dont il faut sortir, quand on démarre, c’est l’isolement. On ne sait pas à qui s’adresser, on n'a pas les contacts. Il faut se faire aider. N’écoutez personne, lancez-vous : moi avec les banques, c’était mission impossible. J’ai dû passer par plein de choses folles, j’ai fait un prêt à la consommation. Ayez de l'audace, du culot." 

Patron, on a un sentiment de liberté qu’on ne ressent pas lorsqu’on est dans le salariatWadia Chaftar, co-fondatrice de Covet Chic

L'entrepreneure ? Wadia Chaftar, 39 ans, co-fondatrice de Covet Chic, un site d’ accessoires de mode haut de gamme lancé en 2013. 

L’histoire ? "Ma sœur est la 'fashionista' de la famille. Elle adorait cela. Nous avons démarré, depuis une cité, en ne vendant que des produits de luxe. Nous voulions travailler avec des créateurs de mode qui ont une identité artistique, un respect de l’humain."

Pourquoi se lancer dans l’entreprenariat ? "A la base, je suis juriste. Après mon droit, j’ai bifurqué, j’ai passé le concours des grandes écoles, j’ai trouvé un travail. J’ai été consultante pendant 6 ans. J’avais le salaire que je voulais avoir, le travail que je voulais avoir. J’étais à la Défense. Mais le contenu des journées me pesait, cela manquait d’excitation quotidienne, d’échanges. Quand on est salarié, on côtoie toujours les mêmes personnes. L’entreprenariat m’a permis de me sentir vivre ! Patron, on a un sentiment de liberté qu’on ne ressent pas lorsqu’on est dans le salariat. La vie devient pleine de rencontres, de richesses."

Le cancer a été ma première bataille et… l’entreprenariat est la deuxièmeJulie Meunier, fondatrice des Franjynes

L'entrepreneure ? Julie Meunier, 31 ans fondatrice des Franjynes,  des franges entièrement adaptées à l’alopécie (perte totale des cheveux) et évolutives à la repousse du cheveu. 

L’histoire ? "Il y a 4 ans, j’ai eu un cancer. 18 mois de traitement, pendant lesquels j’ai été totalement chauve. Il se trouve que je ne supportais pas les perruques. J’ai alors créé un concept de franges, qui tient sur un turban thermo-régulant, s’adaptant à la température corporelle."

Pourquoi se lancer dans l'entreprenariat ? "Avant, j’étais juriste. J’ai fait du droit pour rassurer mes parents ! A 25 ans j’étais cadre dans une grande entreprise, une équipe sous mes ordres. Mais je n’étais pas heureuse. Quand je suis tombée malade, j’ai décidé de vivre mes rêves, et pas ceux qu’on avait pour moi. 

Le conseil ? "Le cancer a été ma première bataille, et… l’entreprenariat est la deuxième. Il faut être tenace, enfoncer les portes, ne rien lâcher. Saisir les opportunités, mais aussi s’en créer. Comme j’ai eu un cancer, les banques n’ont pas voulu me prêter d’argent. Alors j’ai lancé un crowfunding. 45.000 euros ont été recueillis en 45 jours.  Vous vous découvrez sans cesse, vous faites plein de rencontres, cela vous amène à vous réinventer tout le temps."

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