Le management en question : quand 1/3 des salariés n’ont "aucune confiance" dans la qualité de leur hiérarchie

Le management en question : quand 1/3 des salariés n’ont "aucune confiance" dans la qualité de leur hiérarchie

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VIE DE BUREAU - Selon une étude menée au niveau européen, un tiers des salariés sont mécontents de la qualité de leur hiérarchie. Un chiffre qui rejoint un sondage effectué l'an passé en France, où un personne sur cinq estime être plus efficace au travail si son manager est "moins présent".

C’est peu de le dire : entre les salariés et leur hiérarchie, ce n’est pas l’amour fou, loin de là. C'est valable pour la France, ça l'est aussi au niveau européen. En Europe, ce sont ainsi un tiers des salariés qui sont  mécontents de la qualité de leur hiérarchie, indique une enquête d’ADP (Automatic Data Processing, service de paie & RH), qui a questionné 2.000 salariés en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. 


D’après les chiffres de l’enquête, un salarié sur dix (12% précisément) n’a ainsi "aucune confiance" en la qualité de sa direction. Ce manque de compréhension ne se limite pas au leadership et au management, puisque près de la moitié des salariés européens trouvent que leur employeur ne les comprend pas ou n’a pas conscience de leur potentiel (46 %). Plus d’un salarié sur dix s’inquiète aussi du fait que leur supérieur hiérarchique les connaît "à peine" (13 %) et près d’un participant sur cinq (18 %) pense que son employeur ne le voit que comme un "numéro parmi tant d’autres". 

Un environnement professionnel hostile ?

Une défiance qui influe directement sur le bien-être au travail. Ainsi, pendant l’année, près de la moitié (44 %) des participants s’est sentie "mal au travail", souvent à cause d’un "management qui ne les soutient pas", d’un "stress trop présent", de relations difficiles avec les collègues et d’un environnement professionnel hostile. Et malgré toutes les incantations autour de la qualité de vie en entreprise et du bien-être au travail, il apparaît que les mesures visant à assurer le bien-être psychologique et mental sont très limitées : dans le sondage, seuls quelques salariés indiquent avoir reçu un accompagnement dans des domaines comme la formation aux préjugés inconscients (10 %) ou un accès à un service d’écoute et de conseil (20 %).


Carlos Fontelas De Carvalho, président d’ADP en France, appelle donc dans un communiqué le management à évoluer : "Le management et la direction ont un impact direct et tangible sur l’implication et l’engagement des salariés", estime-t-il. "Nos recherches montrent bien que les entreprises européennes ne parviennent pas encore à trouver de solutions, et c’est une source d’inquiétude." Il invite ainsi les responsables et équipes RH à prendre le temps de mieux comprendre leurs salariés, de leurs compétences jusqu'à leurs aspirations, pour être capables de "les inspirer, les accompagner et les impliquer, ce qui, en retour, permet d’accroître la productivité et le succès de l’entreprise."

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En France, le management perçu comme "très directif"

Mais le problème est complexe car si les salariés ne sont donc pas tendres avec leur hiérarchie, ils n’ont pas pour autant envie de prendre sa place, comme le rappelait en décembre 2017 un sondage BVA pour Audencia Business school  : 79% des sondés, uniquement au niveau de la France cette fois-ci, y indiquaient qu’ils ne souhaitaient pas devenir managers. Un résultat sans équivoque, expliqué par les difficultés inhérentes à la fonction : stress généré (61%), lourdeur administrative (56%), manque de reconnaissance en interne (42%), sentiment de manquer de compétences en management (63%).


Mais déjà, là aussi, le management était perçu comme "très directif" : 74% des personnes interrogées considéraient que leurs supérieurs "imposent leurs points de vue" et 73% que leur "rôle consiste à faire respecter les règles". Ils rêvaient à l’inverse d’un manager idéal qui saurait "motiver les équipes" (pour 62%), tout en étant un expert de son domaine (49%), "juste et bienveillant". Un décalage entre désir et réalité qui explique pourquoi 48% des salariés estiment que la présence de leur manager n’impacte en rien leur performance. "16% pensent même qu’ils seraient plus efficaces si celui-ci était moins présent", rappelait BVA. 


De là à prôner la fin (ou tout au moins la réduction) du management ? Non. L'étude prenait en effet soin de nuancer les choses, en rappelant que "seulement 3 salariés sur 10 seraient plus épanouis si leur manager était moins présent", que "66% d’entre eux se déclarent heureux au travail", et que "60% jugent avoir un bon équilibre entre leur activité professionnelle et leur vie privée". Pas si mécontents, donc.

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