Ces 5 chiffres vont mettre les jeunes femmes managers (ou qui aimeraient l’être) en colère

Ces 5 chiffres vont mettre les jeunes femmes managers (ou qui aimeraient l’être) en colère
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ÉGALITE PROFESSIONNELLE - Une étude du Céreq montre que l’égalité est encore loin d’être gagnée pour les femmes managers par rapport à leurs homologues masculins.

Sur le papier, c’est l’égalité : aujourd’hui, les femmes travaillent autant que les hommes ; elles ont des niveaux d’études équivalents ; et ont même rattrapé leur retard dans l'accès à la catégorie cadre en début de carrière. Mais… quelques années après, comment se passe l’accès aux postes à responsabilités ? Dès lors qu'ils sont en jeu, la prépondérance des hommes aux postes de direction des entreprises, la prégnance des réseaux et de la culture de l’entre-soi font que les femmes sont susceptibles d’encourir une plus grande défiance des employeurs.

C’est ce que montre une étude du Crédeq (Centre d'études et de recherches sur les qualifications) qui vient d’être dévoilée, portant sur les jeunes femmes managers. Son titre est révélateur : "Femmes managers en début de carrière : une légitimité à conquérir". Les chiffres le montrent en effet : malgré les différentes lois en faveur de l'égalité professionnelle depuis les années 1970, les femmes managers ne sont toujours pas les égales de leurs homologues masculins.

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  • 1Elles ont deux fois moins de chance de devenir managers

    A caractéristiques identiques, les femmes ont presque deux fois moins de chances d'accéder à un poste de manager que les hommes, montre l'étude. En effet, sept ans après avoir quitté le système éducatif, la proportion de femmes diminue à mesure que l’on s’élève dans la hiérarchie des professions : en 2010, elles représentaient près de 55% de ceux qui sortent de l’enseignement supérieur, mais en 2017, seulement 40% des managers.


    Et non seulement les femmes accèdent moins à ces positions mais, lorsque c’est le cas, elles y arrivent aussi plus tardivement : le délai moyen avant d’occuper pour la première fois ce type de fonction est de 15,3 mois pour les hommes et 17,9 mois pour les femmes.

  • 2Elles sont 48% à encadrer, contre 55% chez les hommes

    Tous les managers ont bien une fonction hiérarchique, mais seuls 52% encadrent des équipes. Cette proportion est plus forte chez les hommes que chez les femmes : ils sont 55 % à encadrer des équipes, contre 48%  chez les femmes. Par ailleurs, ils dirigent plus souvent des équipes de plus de 10 personnes que leurs consœurs (30 % contre 24 %).


    A noter, même si la majorité de ces cadres exercent dans le privé, les femmes managers travaillent beaucoup plus fréquemment (64%) dans le secteur public (64%) que leurs confrères, en particulier dans l’administration publique et la fonction publique hospitalière.

  • 3Elles touchent 10% de moins

    Alors que les salaires d'embauche des femmes managers sont quasi équivalents à ceux des hommes, 7 ans après, elles touchent en moyenne 10% de moins. 


    Pour les managers du privé dont l'encadrement est la fonction principale, l'étude mesure une différence de 300 euros du salaire médian, au profit des hommes. Cela découle en partie du montant de la part variable liée au management, assurant aux hommes un meilleur gain de rémunération qu'aux femmes. Mais les femmes managers se considèrent plus souvent mal ou très mal payées (29% contre 22% chez les hommes).

  • 4Un quart des femmes managers voit ce poste comme un tremplin

    Ces disparités dans la répartition des métiers sont assorties de perceptions différentes de l’emploi actuel, indique l'étude. Ainsi, les hommes managers ambitionnent plus souvent d'accéder à des fonctions ultérieures plus prestigieuses encore : un tiers d’entre eux contre un quart des femmes.


    Elles se déclarent également moins nombreuses que les hommes à "se réaliser tout à fait professionnellement" dans leur poste (42% contre 51%). 

  • 530% des femmes trouvent que le travail prend trop de place

    Elles sont par ailleurs plus enclines à estimer que le travail prend trop de place par rapport à leur temps hors travail (30% des femmes contre 25% des hommes). D'après l'étude, ce chiffre pourrait s'expliquer par une plus grande insatisfaction chez les femmes managers. "Elles sont plus nombreuses à s’estimer 'mal ou très mal payées', en particulier lorsque leur fonction principale est l’encadrement", souligne-t-elle. "Ceci laisse entendre que cette tâche n’est pas – ou ne leur paraît pas – toujours reconnue à sa juste valeur. Ceci explique sans doute en grande partie cela : elles sont plus nombreuses à considérer que le travail prend trop de place dans leur vie."

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Égalité homme-femme : ces entreprises qui montrent l'exemple

"Les positions de pouvoir hiérarchique constituent ainsi, pour les femmes, une citadelle toujours difficile à conquérir", conclut l'étude du Céreq. "Elles doivent gagner leur légitimité, d’abord par des gages d’excellence et de performance que les entreprises mobilisent comme critères de sélection."

> Cette étude se base sur l’enquête Génération 2010 réalisée en 2017. L’échantillon est constitué de 802 individus qui, lors de l’interrogation de 2017, occupent un poste de cadre et ont des fonctions hiérarchiques. Pour la consulter, c'est par ici

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