Les changements d’organisation de plus en plus sources de souffrance au travail

Les changements d’organisation de plus en plus sources de souffrance au travail
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ÉTUDE – Dans son 3e baromètre sur le stress au travail, la plateforme d'écoute spécialisée dans la prise en charge du stress au travail Pros-Consulte note une augmentation des appels liés à un changement de contexte au travail.

Le changement et l’adaptation sont devenus des mots d’ordres dans beaucoup d'entreprises, contraintes d’adapter sans cesse leurs stratégies, leurs orientations et leurs organisations. Sauf que ces évolutions ne se font pas sans douleur pour les salariés. 

Dans le 3e baromètre sur le stress au travail établi par la plateforme d’écoute Pros-Consulte, il apparaît en effet que les changements de contexte au travail sont devenus une forte cause de souffrance des salariés, et que la part de ceux qui sont concernés par ce mal-être est en augmentation. En 2019, la plateforme spécialisée dans la gestion des risques psychosociaux a reçu 12.777 appels de salariés en souffrance. Pour 29% des appelants, il s'agissait d'un problème personnel impactant le professionnel, souvent d’origine familiale. Mais pour les 71% restants, le motif était entièrement professionnel.

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Plus de changements, moins de conflits avec la hiérarchie

Deux facteurs parmi les plus importants de stress au travail (au total 51% des appels pour cause professionnelle) sont l’organisation de celui-ci et les contraintes, ainsi que les changements de contexte de travail. Pros-Consulte note qu'ils sont en augmentation : les causes de souffrance liées à l’organisation du travail et aux contraintes sont passées de 35% en 2018 à 39% en 2019. Celles associées aux changements de contexte de travail sont quant à elles en hausse de 100%, passant de 6% des appels en 2018 à 12% en 2019.

Avec 43% des appels liés à cette cause, les conflits et relations de travail restent par ailleurs un des facteurs les plus générateurs de stress. Mais ils sont néanmoins en baisse de 3% par rapport à l'année dernière. Cette diminution est notamment due à celle des appels pour conflits avec la hiérarchie (23% en 2019 vs 25% en 2018) et de ceux pour cause d'agressions et d'incivilités. En augmentation marquée en 2018, ces derniers tendent à se réduire, revenant à leur niveau de 2017 (6% des appels).

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Les cadres de plus en plus touchés

Enfin, classifiés depuis 2018, les appels pour cause de ressenti de discrimination sont en nette augmentation. Ils représentent, en 2019, 0,75% des appels, contre 0,1% l'année précédente. Leur évolution est donc à surveiller en 2020.

Le baromètre montre aussi que le stress au travail touche des populations plus jeunes. Alors que l'âge moyen se situait à 46,2 ans en 2018, il descend à 44,4 ans en 2019. Si les femmes représentent toujours la plus forte proportion d'appelants, on observe une progression continue depuis 4 ans des appels passés par les hommes (22,5% en 2016, 24,1% en 2017, 26,2% en 2018, 27,8% en 2019). 

Les techniciens et agents restent d'autre part les fonctions les plus touchées par le stress professionnel, mais le recul amorcé en 2018 se confirme en 2019 (53,7 % en 2019 vs 55,7% en 2018). A l’inverse, l'augmentation des appels chez les cadres poursuit sa courbe ascendante. Un accroissement dont les origines sont diverses : manque de formation, contexte de réorganisation pesant et/ou difficile à gérer, besoin de réassurance, estime le baromètre.

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