Non, ils n’aiment pas que les robots : comment les entreprises peuvent séduire cette génération Z qui débarque

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AU BOULOT ! - Confiants dans leurs compétences digitales mais pas forcément en leur avenir, en quête de sens, en recherche d’humain... Une étude lève le voile sur les profils et les attentes des jeunes de la génération Z. Et leurs aînés pourraient être surpris !

Ils ont 23 ans, grand max’. Pour plus de la moitié d’entre eux, ils habitent encore chez leurs parents. Ils ont déjà souvent eu des petits boulots. Ils sont nés après 1995, un ordinateur à la main. Ils sont, nous dit-on, les jeunes de la génération des "4C" : créatifs, collaboratifs, connectés, confiants. Et ils arrivent, à leur tour, sur le marché du travail -20% des effectifs en 2020. On les appelle la génération Z.  Qui sont-ils ? Qu’attendent-ils ? L’enjeu est crucial pour les sociétés qui doivent les recruter et donc les séduire.

Dans cette optique, Dimensional Research a mené une grande enquête pour Dell Technologies auprès de 12.000 étudiants du monde entier – 700 en France -, pour scruter et percer ces jeunes. Car les entreprises voient désormais se côtoyer en leur sein quatre générations, des derniers baby-boomers à cette "Gén Z", aussi appelée "Digital native". A chacune, forcément, un rapport au travail différent, en fonction de la société dans laquelle elle a évolué.  

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Positifs, confiants, et militants !

La génération Y était décrite comme impatiente, irrespectueuse ? Les Z sont plus confiants, plus positifs. Ils ont la technique pour eux, connaissent leurs compétences en matière digitale. Alors que les Y avaient tendance à remettre en cause ce qui était dit, à vouloir se lancer dans l'entrepreneuriat, les Z veulent intégrer une structure qui existe déjà et ont beaucoup plus confiance dans l’entreprise. Mais attention, ils ne sont pas dupes pour autant. "Ils veulent s’engager, c’est une génération militante. Mais ils n’attendent rien de l’entreprise", raconte Manuelle Malot, directrice des activités Carrières de l'Edhec Business School et du Centre d'études sur les jeunes générations. "Ils savent qu’ils ne peuvent compter que sur eux, et que si cela ne va pas, ils iront ailleurs". 

Ils sont donc aussi militants, mais à leur manière. "Alors que les Y rejoignaient les ONG, leur engagement s'effectue au sein de l’entreprise marchande", précise Manuelle Malot. "On peut parler de "business social", car pour eux, l'entreprise doit avoir une vrai responsabilité sociétale et environnementale. C'est un critère de choix décisif ". Les Z se posent en effet la question de la quête du sens. Résultat : "Le salaire est loin d’être le seul facteur décisif", note Karim Manar, responsable marketing Client Solutions chez Dell EMC France. "45% veulent un métier avec du sens plus que la rémunération".

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Envie de relations humaines au travail

Pour le reste, ces jeunes affichent de grandes aspirations : "Une caractéristique très forte est qu’ils veulent continuer à apprendre", relève Manuelle Malot. "Ils veulent de la diversité, avoir des perspectives internes, bouger.  Ils veulent aussi être challengés, ne jamais s’ennuyer, être toujours sur la brèche. En cela, on peut dire qu’ils sont courageux. Nous avons l’image de facilitateurs, mais ils veulent des défis."

Ces Z, nés le portable à la main, sont évidemment toujours connectés, mais aussi très en attente... d’humain au travail. 36%  privilégient par exemple le face-à-face plutôt que les mails et, paradoxalement, 75% préfèrent apprendre auprès de leur collègue, de leur boss, voire de leurs parents, plutôt qu'en ligne. "Ils demandent également du mentoring avec un "être humain", et non pas apprendre avec des logiciels", avance la patronne du Centre d'études sur les jeunes génération. "Ils veulent enfin être encadrés, avoir du feedback sur leur travail : est-ce ce que je fais est bien, comment puis-je faire différemment ?" Avec eux, c'est également le retour des réseaux type afterwork, networking, où l'on se retrouve physiquement. Et si on les pensait addicts aux réseaux sociaux, ces supports ne seraient en fait là que pour relayer ces expériences vécues. 

Pour autant, le digital reste bien sûr leur monde. Et ils choisiront donc leur entreprise à l'aune de sa modernité technologique. 94% pensent ainsi que la maîtrise des nouvelles technologie est importante et 84% indiquent que le package technologique proposé par un employeur est un critère de sélection à un emploi. "Cette génération veut être débarrassée des contraintes", assène Nicolas Guetin, "Future ready workplace" chez Dell EMC France. "Pour eux, le portable qui ne marche pas avant la présentation, ce n'est pas possible. Il leur faut du matériel de pointe, ainsi qu'un service capable de produire des outils sécurisés, en temps réel. Pour l'entreprise qui propose tout ça, c'est un réel avantage compétitif."

Des aspirations qui semblent évidentes ? La différence avec leurs aînés -baby-boomers, X ou Y- est, que eux, le disent. "Les Z osent l’ouvrir. Quand ils sont contents ou pas, ils suggèrent, ils proposent. C’est très clair dans les écoles, ils sont participants, concernés",  estime Manuelle Malot. Car au fond, de l'humain, du sens, ce que ces Z attendent de l’entreprise reste assez simple... "Mais c'est parfois coûteux, et les entreprises ne savent pas toujours y répondre." 

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D’ailleurs, les très grandes sociétés sont plutôt négligées par ces jeunes pousses. "Elles ont l’impression que leur job sera hyperspécialisé dans ces grandes structures et craignent d’être perçues comme un pion interchangeable." Constat d’autant plus renforcé que l’attrait de ces mastodontes reposait sur la sécurité de l’emploi, un bon salaire, une évolution... qui ne sont plus des garanties. "J’ai vu des jeunes refuser des contrats à la Société générale ou Renault pour venir chez nous, une petite structure", note de son côté Marie-Eve Delecluse, co-fondatrice de Make me RH et auteure de "Génération Z : Des Z consommateurs aux Z collaborateurs. "Ils nous expliquent s'être sentis beaucoup plus impliqués, dès le recrutement. Ils veulent avoir de l’impact et ont l’impression que les petites structures y répondent mieux."

> Lire aussi : C’est du jamais-vu : quatre générations se côtoient au travail, comment les entreprises peuvent-elles s’adapter ?

> Etude menée par Dimensional Research pour Dell Technologies, en août et septembre 2018, auprès d’élèves de l’enseignement secondaire ou supérieur dans 17 pays à travers le monde. L’enquête a été traduite dans 12 langues et plus de 12 000 personnes âgées de 16 à 23 ans y ont répondu, dont plus de 700 en France.

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