Non, vous n'êtes pas indispensable : voici comment déconnecter du travail pendant vos vacances

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TUTO COACHING - En vacances, de plus en plus de Français avouent rester connectés, à leur portable et à leurs mails professionnels. Pourtant, le mieux pour vraiment déconnecter est de tout couper. Mais comment faire quand on est accro au boulot ? On vous donne des pistes juste avant le pont de la Toussaint, qui correspond également à la seconde semaine des vacances scolaires.

Vous voulez prendre en photo ce beau coucher de soleil. Vous sortez votre smartphone. Clic, clac. Et tiens, c’est trop tentant, au passage, un petit tour sur les mails de boulot. Une demi-heure après, il fait nuit, l’apéro est fini, et vous vous y êtes encore. Bref, vous vous êtes laissé happer par le travail. Alors que vous étiez en vacances !

C’est un fait, c’est chiffré : nous avons de plus en plus de mal à déconnecter du travail pendant les vacances. Avec un smartphone, avouez que c’est trop facile... Un sondage de Qapa.fr indiquait en août dernier que 62% des Français répondaient ainsi à leurs appels et emails pros en vacances – ils ne sont que 17% à ne pas lire leurs messages pro en congés. Incapacité à lâcher prise, sentiment d’être indispensable, ou tout simplement... légère addiction au portable, qui permet d’être joignable à tout moment. 

Pourtant, tous les spécialistes le disent : il est conseillé, de temps en temps, de vraiment déconnecter. Se ménager de "vraies" pauses, hors de tout écran, permet de recharger les batteries et éviter une "surcharge cognitive". Vous pensez que c’est impossible ? Allez, on vous aide.

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  • 1Soigner son départ

    Pour pouvoir couper, l’important est de se préparer. L’idée : programmer son départ en amont, en s’assurant que les affaires courantes soient traitées, anticiper les dossiers à venir et en parler aux collègues qui vont vous remplacer. 


    Sur la forme, prendre le temps de rédiger un message d’absence sur sa messagerie web, indiquant qu’on ne pourra répondre aux mails avant telle date. Et renvoyer, pour les cas d’urgence, vers un collaborateur en indiquant son numéro de téléphone. On peut, également, prévenir les clients ou prestataires, avec qui l’on est fréquemment en relation. 

  • 2Déléguer, et partir en toute sérénité

    Ancrez-vous cela en tête : vous n’êtes (malheureusement ?) pas indispensable. Une organisation bien rodée doit permettre de déléguer. Et de manière générale, 99 % des problèmes peuvent être résolus par les collaborateurs présents. Dans cette optique, il faut juste leur faire confiance. Si vous travailler en "solo", dans ce cas, vous êtes peut-être irremplaçable. La solution est alors d’essayer de partir à un moment de baisse d’activité. Une fois ce constat réalisé, soyez serein d’esprit. Détachez-vous !

  • 3Limiter les intrusions, pour éviter les tentations

    De plus en plus de salariés ou managers ont un téléphone portable mêlant professionnel et personnel. Pour résister au mieux à la tentation, la solution est dans doute de ne pas avoir une connexion directe au travail sous les yeux. Comment ? Supprimer la synchronisation de mails sur son téléphone : ils n’apparaissent plus, on n’y pense plus. Autre option si vous avez deux téléphones : ne pas emporter du tout le pro en vacances. Et là, aucune tentation d’y jeter un œil. 


    Autre mesure : enlever les notifications, ou alerte automatiques annonçant l’arrivée de mails ou de messages, autant d'incitations à consulter l'écran.  Enfin, si vous recevez des appels, ne pas décrocher : si c’est vraiment urgent, l’interlocuteur laissera un message. S’il n’y en a pas, c’est que ça ne l’était finalement pas tant que ça...

  • 4Créer de nouvelles habitudes pendant les vacances

    La déconnexion passe par de petits gestes, comme ceux par exemple d’éviter de rester suspendu à son smartphone le soir avant de se coucher ou de s’y replonger le matin dès le réveil. 


    Pour les plus courageux, éteindre l'engin en ne le rallumant qu’une fois par jour ou le poser dans l’entrée sont des manières de ne pas l’avoir toujours sur soi. Et donc de ne pas le consulter en cas de temps mort. 

  • 5S’exiler loin, loin

    La mesure est radicale, mais vous pouvez choisir de viser les destinations en zone blanche, à savoir les endroits où la couverture du réseau téléphonique est très mauvaise. Ski, campagne reculée, montagne...  Voire, comme certains le font aussi, pratiquer le "tourisme spirituel", un phénomène en pleine expansion : se retirer dans un cloître, un monastère. Un téléphone qui ne capte pas, ça aide à déconnecter !

  • 6Se dire qu'on a le droit de craquer (de temps en temps)

    Pour ceux qui ne sont pas adeptes de cette méthode forte, et surtout qui pensent qu’il est impossible de totalement déconnecter (souvent les cadres ou les managers), il est toujours possible de pratiquer une "déconnexion partielle" – même si ce n’est plus totalement des vacances. 


    Dans ce cas, pourquoi ne pas s’imposer quelques plages horaires bien délimitées dans la journée pour consulter ses mails. Une trentaine de minutes, qui permettent de prendre le temps de répondre et éviter de les surveiller toute la journée.  Il peut aussi être envisageable, avec son entreprise, de délimiter certains jours où l’on est joignable, et d’autres où l’on ne l’est pas. 

  • 7Vous êtes dans votre droit !

    Ne pas oublier non plus, pour aider à déculpabiliser, que vous êtes dans votre droit. Le salarié n’a pas l’obligation d’être joignable pendant ses vacances. "L'employeur qui emploie pendant la période fixée pour son congé légal un salarié à un travail rémunéré, même en dehors de l'entreprise, est considéré comme ne donnant pas le congé légal", indique l’article D3141-1. 


    Le principe était inscrit de longue date dans le Code du travail, mais a été rappelé avec la loi El Khomri en 2016 avec le droit à la déconnexion. Ce n’est donc pas une faute professionnelle de ne pas répondre à un mail, ni au téléphone. Un cas cependant : lors de circonstances exceptionnelles, l’employeur a le droit de solliciter un salarié en dehors de son temps de travail si c’est nécessaire à la bonne marche de l’entreprise. 

  • 8Prendre du recul

    Ne pas oublier que votre travail, aussi passionnant soit-il, reste un travail. Cette phase de prise de distance et de recul est aussi importante pour permettre de revenir dans un bon état d’esprit, sur ce qu’on veut, ce qu’on a à faire.

  • 9Se rappeler pourquoi vous faites ça

    Se rappeler que tout ça, c’est pour votre bien. De vraies pauses, dégagées du travail et des écrans, sont en effet essentielles pour combattre tous les effets pervers du trop d’écran et de travail : surcharge mentale, agressivité, , angoisses, manque d’efficacité,  stress, fatigue, démotivation, voire... burn-out. 


    A l’inverse, la déconnexion, le fait de prendre du recul, permet d’améliorer son sommeil, de réduire sa fatigue, se changer vraiment les idées. Et pour mieux déconnecter, ou s’aider à déconnecter, rien de tel que développer d’autres activités sur votre lieu de vacances ; gym, sport, course à pied, visites, siestes... et profitez de votre entourage.

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En vidéo

Droit à la déconnexion, mode d'emploi

Et... tant qu'à faire, autant ne pas oublier cette bonne nouvelle hygiène de vie en revenant au travail. Pour vous aider, relisez nos articles autour de la surcharge cognitive :

> Openspace, écrans, urgence... : comment notre environnement de travail fait disjoncter notre cerveau

> Écrans, notifications au travail : les conseils d’un docteur en neurosciences pour que notre cerveau ne surcharge pas

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