Nouvelle année, nouvelle vie : comment redonner du sens à son travail sans (forcément) quitter son job

Nouvelle année, nouvelle vie : comment redonner du sens à son travail sans (forcément) quitter son job
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BONNES RÉSOLUTIONS - La nouvelle année permet de faire le point sur cette « crise de sens », qui traverse de plus en plus les salariés. Est-il possible de redonner du sens à son travail, sans forcément changer de job ? On fait le tour de la question.

Allez, avouez : les fêtes de fin d’année ont été une belle pause, et il faut maintenant repartir sur la lancée des mois de janvier, février, souvent considérés comme les plus déprimants de l’année. Et parfois, au travail, l’élan des débuts s’est un peu émoussé ; la carrière flamboyante est plus terne que prévue, les augmentations attendues ne sont jamais venues, les réorganisations se sont succédées, votre poste a évolué, ou tout simplement, vous n’avez plus les mêmes aspirations qu’à vos débuts. Et vous plongez en pleine "crise de sens". 

Vous n’êtes pas le seul. Jamais la quête du sens au travail n’a autant intéressé et touché toutes les générations. Une des causes avancées, est que les métiers sont de plus en plus techniques, et que le salarié a parfois la sensation d’être un moyen de production, dont les compétences sont trop peu utilisées. Et c'est ainsi que se développent aigreur, amertume et ennui, voire ressentiment et colère. E, tout cas, démotivation et désinvestissement. L'on se sent inutile.

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Sentez-vous utile

Or, c’est justement le sentiment d’utilité, l’impression de servir à quelque chose, qui donne du sens. Il faut donc, à tout prix - sinon les journées vont paraître diablement longues et ternes -, donner du sens à ce que nous faisons.  "Pour me sentir utile comme collaborateur en entreprise, j'ai besoin de comprendre ce qui m'est demandé, par qui et pourquoi ?", écrit ainsi, dans une chronique sur le sujet, le coach Philippe Laurent, par ailleurs auteur du Bonheur au travail. "J'ai besoin de savoir ce qui en sera fait, en quoi il sert le projet pour lequel je collabore avec les autres. Qui va utiliser mon travail et pour en faire quoi ? Voilà une question légitime qui ne doit pas rester sans réponse ."

A un niveau plus individuel, il convient aussi, conseille le coach, de "faire notre travail du mieux que nous le pouvons, de manière à en retirer quelque chose au moins pour nous même". Car "si par malchance personne ne me complimente ni ne me remercie de manière spontanée, je peux être fier de ce que je fais si je le fais de mon mieux." D'autant que se placer cet objectif à court terme donne une utilité immédiate à mon travail et donc me stimule. Mais aussi parce que ce sentiment d'utilité développe l'estime de soi et la confiance.

Connaissez vos forces et vos valeurs

Evidemment, chacun a son propre sens au travail, en fonction de ses valeurs, de ses penchants. Et lorsque l'on s’ennuie au travail ou qu’on ne s’y épanouit plus, le psychologue du travail Adrien Chignard, invite à une petite introspection. "Dans ces cas là, on a parfois tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain, à différencier difficilement le contenant et le contenu", écrit-il dans une chronique sur le sujet. "Mais est-ce notre entreprise dans laquelle nous ne nous sentons pas bien ou dans notre job ?"  Pour aider à mieux connaitre ses valeurs, ses forces de caractère, ce qui est important à vos yeux, il prône deux méthodes :  le test de Seligman, un psychologue américain considéré comme l'instigateur de la psychologie positive, accessible en ligne et gratuit, qui permet de mieux cerner ses points forts. Une autre manière de faire est de réaliser un "portrait à 360", en demandant à une dizaine de personnes de votre entourage personnel et professionnel, de donner cinq de vos points forts. 

Adrien Chignard invite ensuite à un exercice : sélectionner les 5 "forces" qui vous correspondent le plus et attribuer à chacune un jour de la semaine. Par exemple : lundi pour la curiosité, mardi pour la générosité, mercredi pour le pardon, jeudi pour la recherche de variété et vendredi pour l’humour.  "Et, chaque jour, essayez d’orienter votre journée dans une direction qui valorise une de ces forces", conseille-t-il. "Cela vous permettra de retrouver une direction dans votre activité, une signification à vos actions et des sensations/émotions positives : les trois composantes du sens au travail." Et... "si malgré vos efforts, vous ne parvenez pas à éprouver un mieux-être après un mois, c’est probablement qu’il est temps pour vous d’aller valoriser vos forces dans un autre environnement", conclut-il néanmoins.

Engagez-vous

Un autre moyen de redonner du sens à son travail, est de s’engager. Que ce soit dans l'entreprise, dans des projets internes, ou dans des activités  connexes, comme l’organisation d'événements, en représentant du personnel… Plus vous serez investi dans l’entreprise, plus votre engagement sera valorisé et plus il sera valorisant pour vous, et donc source de satisfaction. Cela peut aussi être un engagement autour de la responsabilité sociétale de l’entreprise, en proposant à ses collègues des actions pour développer des projets environnementaux, ou sociaux. Cela peut aussi être de faire profiter de votre savoir-faire et de vos compétences, que ce soit en interne, ou via un projet de mécénat de compétence.

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Quelles bonnes résolutions pour la nouvelle année ?

Avis aux managers

Mais le sens au travail se joue aussi (et surtout), à un niveau managérial. Dans un contexte où les entreprises sont de plus en plus instables, entraînant des salariés de plus en plus infidèles ou en tout cas démotivés, les managers ont pour tâche de rendre les salariés fiers de leur travail, en leur montrant qu’ils sont respectés en tant qu’individus, à part entière. 

Cela passe, d’abord, par la communication : il est fondamental pour un manager, pour que les salariés s’impliquent dans un projet, de communiquer, de parler avec eux. Pour cela, l’ambiance doit être conviviale,  l’attitude positive, et l’humour peut être salvateur. Mais si la communication est indispensable, elle est loin d’être suffisante. Le management doit être stimulant, valorisant : pour que le collaborateur continue à être engagé  dans la durée,  afin qu'il agisse par initiative et aspiration et non par obligation, le manager doit s’intéresser à ses motivations, le responsabiliser, lui donner de d'autonomie dans son travail. 

De manière générale, il est nécessaire de créer un climat de confiance, envers les collaborateurs, en octroyant davantage de libertés aux salariés, de l’autonomie. Ils se sentiront responsabilités, s'investiront davantage et travailleront avec efficacité. Cela passe, également, par un environnement professionnel harmonieux : que ce soit dans l’attitude du manager, positive, équitable, cultivant la reconnaissance envers les salariés, mais aussi les équipements, qui doivent être fiables et fonctionnels. Enfin, condition plus que nécessaire : il faut de la cohérence ! Rien de pire, en effet, que des injonctions paradoxales, entre la mission revendiquée par l'entreprise, et des injonctions quotidiennes contradictoires aux salariés. 

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