On a testé : le casque connecté au cerveau pour l'entraîner à se détendre au travail

On a testé : le casque connecté au cerveau pour l'entraîner à se détendre au travail

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RETOUR VERS LE FUTUR – Une jeune société, myBrain Technologies, a développé un casque permettant d’entraîner son cerveau à se relaxer. L’idée : mieux lutter contre le stress, particulièrement présent dans le monde du travail. Le dispositif vise les entreprises pour le fournir à leurs salariés.

A première vue, cela ressemble à un casque. Du type de celui avec lequel vous écoutez votre musique. En regardant mieux, c’est un peu plus que ça : l'engin est équipé, autour des oreilles et à l’arrière de la tête, de curieux embranchements. Voilà Melomind : un casque audio diffusant de la musique et équipé d’électrodes permettant de mesurer l’activité du cerveau, le tout relié à une application permettant le traitement des données. 


C’est la société myBrain Technologies qui a présenté cet appareil qui vise à faire s’entraîner notre cerveau pour mieux gérer notre stress au travail.  Le produit, développé en partenariat avec l’Institut de recherche du cerveau et de la moelle épinière, semble très sérieux. Il est, précise Yohan Attal, le co-fondateur de myBrain Techonologies, le fruit de plusieurs années de recherche, et se présente comme une "méthode d’entraînement de relaxation profonde, fondée sur le neurofeedback. C’est là que se joue en effet toute la différence avec une "simple" méditation : le neurofeedback est un procédé qui permet de suivre son activité en temps réel et d’apprendre progressivement à la contrôler, et ainsi renforcer la capacité de son cerveau à se relaxer. 

Cette technique est utilisée depuis les années 60 dans des domaines cliniques (comme la gestion des troubles du déficit de l’attention ou troubles anxieux ou post-traumatiques). Mais c’est l’une des premières fois qu’elle est mise en place dans un outil grand public. Les bienfaits affichés sont multiples : hausse de la résilience au stress, diminution de l’anxiété, meilleure  humeur et attention, ou encore amélioration durable de la capacité de relaxation volontaire. 

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Des salariés moins fatigués, mais plus stressés

Pas facile d'agir sur son cerveau

On ne demande qu’à essayer. Et l’on se retrouve, dans un rayon de soleil sur le parvis de la Défense, à tester l'appareil, pour une session de trois minutes. Va-t-on en sortir totalement détendu ? L’utilisation est toute simple. D’abord, mettre le casque pour que les électrodes localisées autour des écouteurs soient bien plaquées à l’arrière du crâne. Une voix nous guide alors à l’oreille. On ferme les yeux. C’est parti. Surgit une légère musique, type "tableau de la nature". Des bruits d’oiseaux, plus ou moins forts. Puis, un son. Un peu sourd, qui grossit. Avant de diminuer. Puis reprend. En fait, ce son donne une indication de l’état de relaxation. L’idée est de le faire baisser. Mais comment faire ? Dur en quelques minutes, pour un non-pratiquant, de maîtriser toutes les clés. Puis, doucement, la musique s’éteint, la session est finie. 


Là, l’application donne un retour de l’activité cérébrale, permettant de distinguer les phases de relaxation profondes de celles où cela a moins marché. La plateforme s’adapte à chacun et propose des recommandations personnalisées, une analyse détaillée des progrès ainsi qu’un coaching personnalisé, qui change si besoin en fonction des évolutions des séances d’entraînement. 

Mais si une séance de quelques minutes fait plutôt du bien, sans que cela soit réellement quantifiable, le système repose d’abord sur un entrainement. Comme pour un sportif, il s’agit de muscler une partie de son corps, en l'occurrence son cerveau. Melomind doit ainsi se pratiquer par séances auditives de 15 minutes, au cours desquelles se succèdent les sons de forêt, cascade et autres bruits de la nature... et pendant une durée minimale conseillée de trois mois, à raison de deux fois par semaine. Et plus il s’entraîne, plus, selon myBrain Technologies, l’utilisateur devient efficace sur le long terme dans sa gestion de situations stressantes et réussi donc à agir sur son cerveau. 


Dernier point non négligeable : le casque est pour l’instant destiné aux entreprises, via une licence d’utilisation, pour le mettre à disposition de leurs salariés. Ne reste plus  donc qu’à faire connaître le dispositif à votre DRH... Il en coûtera à votre entreprise entre 100 et 500 euros par an et par licence. 

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