Paradoxe parisien au boulot : de plus en plus connectés, les salariés se sentent aussi de plus en plus... isolés

Open-space
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L'ÉCO - D'après les résultats du baromètre annuel Paris Workplace, les salariés franciliens se sentent de plus en plus isolés au travail, malgré les open-space, les mails ou le téléphone. Et cela n'est pas sans conséquences.

Mails, messagerie instantanée, téléphone, le tout souvent en open-space ou en bureaux partagés. Et pourtant... A Paris, 6  salariés sur 10 affirment qu'il leur arrive de se sentir isolés au sein de leur entreprise, voire "souvent" isolé pour 25% d'entre eux. Malgré l'hyperconnexion, l'isolement serait-il alors le mal du siècle ? 


C'est la question que pose le 6e baromètre annuel Paris Workplace, réalisé en partenariat avec l'Ifop pour SFL et intitulé "Et si on se parlait ? Comment les interactions au bureau créent de la performance". L'étude montre notamment les effets négatifs de l'isolement sur un salarié : son niveau de performance baisse significativement, il craint 20 fois plus souvent d'être licencié, et par conséquent, se projette à beaucoup moins long terme dans la société. 

Se parler "en vrai"

Ce sentiment de solitude est aussi très présent chez une catégorie de travailleurs qui se développe : les télétravailleurs. 4 Franciliens sur 10 télétravaillent au moins une fois par semaine. Et selon l'étude, le télétravail multiplie par deux le sentiment d'isolement. Ce qui a, là aussi, des conséquences très concrètes : les télétravailleurs sont 1, 5 fois plus nombreux à se dire souvent stressés, deux fois plus à estimer s'ennuyer souvent et trois fois plus à craindre souvent d'être licenciés.


Comment alors, l'entreprise peut-elle rompre cet isolement ? L'étude apporte plusieurs enseignements. D'abord, pour être bien au travail, il faut se voir, et se parler "en vrai". 77% des sondés préfèrent échanger en face-à-face plutôt que par téléphone (10%) ou par mail (13%). 

Echanges de qualité

Attention, pas question pour autant de parler à tort et à travers : l'étude note également qu'il existe un "seuil limite" d'interactions au travail : au-delà de 20 par jour et en face-à-face, leur qualité et la performance des collaborateurs baissent significativement. Des tensions émergent aussi plus souvent, avec les supérieurs ou les collègues, les difficultés à se concentrer émergent. Bref, pour être au top, il faut préserver un délicat équilibre...


D'après le baromètre, c'est en effet la qualité des relations qui est le facteur le plus décisif pour générer du bien-être et de la performance, bien plus que la quantité. Et même bien plus que le niveau de rémunération. Ne reste plus, pour les managers, qu'à détecter le sujet isolé. Là encore, l'étude donne deux signes : il a tendance à écouter plus souvent de la musique, en mettant un casque, en rempart contre l'environnement extérieur, et il tutoie beaucoup moins ses collègues, marquant une nouvelle distance.

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