Qu’est-ce qui, au quotidien, dégrade l’ambiance de travail ? Les réponses surprenantes des salariés

Qu’est-ce qui, au quotidien, dégrade l’ambiance de travail ? Les réponses surprenantes des salariés
Open-space

ÉTUDE - Le baromètre Cegos, qui fait le point sur les discriminations ressenties dans le cadre du travail, fait le point sur les facteurs qui y dégradent l’ambiance.

Qu’est-ce qui, au quotidien, dégrade l’ambiance de travail ? Cette question, posée dans le cadre du baromètre Cegos, organisme de formation professionnelle, portant sur les discriminations au travail, n’est pas anodine. En effet, alors qu’un  salarié sur deux estime avoir été victime de discrimination dans le cadre de son travail, il apparaît que l'ambiance au sein de l'entreprise joue dans la perception de celle-ci.

Les réponses sont d’ailleurs plutôt intéressantes. Ainsi, pour les salariés interrogés, ce qui dégrade l’ambiance de travail, c’est d’abord "des convictions politiques ou syndicales très marquées" à 35%, un constat partagé par 45% des DRH. Suivent ensuite les réflexions à caractère sexiste (pour 31% des salariés et 46% des DRH), ainsi que l’importance accordée au physique (31% des salariés et 29% des DRH). Mais aussi, pour environ 24% des salariés, les allusions sexuelles, l’importance accordée au diplôme, les remarques liées à l’âge. A noter que 32% des salariés répondent "rien de tout cela" parmi les propositions faites, mais sans préciser ce qui, selon eux, serait à l'origine de dégradations.

Lire aussi

Des différences de générations

Du côté des salariés, il est intéressant de noter des différences significatives entre les moins de 31 ans et les plus de 50 ans. C'est ainsi le cas pour l’importance accordée au physique, problématique à laquelle les jeunes sont plus sensibles (38% pour les moins de 31 ans contre 25% pour les plus de 50 ans), ainsi que pour les réflexions sexistes (37% contre 25%) et les allusions sexuelles (31% contre 18%). 

Dans la même optique, du côté des DRH-RRH, les différences sont notables entre grandes entreprises et les PME. D’abord sur les allusions sexuelles (48% pour les premières vs 21% pour secondes), mais aussi les remarques liées à l’âge (44% vs 23%) ou aux origines sociales (40% vs 19%).

En vidéo

Pourquoi le plein-emploi n'est-il pas possible dans tout l'Hexagone ?

Peu d'entraide

Et si la question sur l'ambiance de travail est soulevée, c'est que c'est un terreau parfois fertile pour les discriminations. Selon le baromètre, 33% des salariés déclarent aujourd’hui pouvoir être sujet à discrimination dans le monde du travail. Il apparaît aussi que face aux situations de discrimination, le niveau d’entraide entre les salariés est faible. En moyenne, chaque salarié dit avoir été témoin, en moyenne, de 4 types de discrimination au cours de sa vie professionnelle. Mais 13% des sondés avouent avoir été témoins d'un tel acte, et s'en être détournés,  parce qu’ils s’étaient sentis "mal à l’aise dans cette situation" ; seuls 19% ont également prévenu le manager ou la DRH dès qu’ils ont été témoins d'une situation de discrimination. 

Les cinq formes de discrimination les plus citées par les salariés témoins sont relatives à l’apparence physique (43%, soit +16 points par rapport à 2011), l’âge (36%, +12 pts), les activités syndicales (33%, +12 pts), l’état de santé (31%, +15 pts) et le sexe (30%, +9 pts). "Il y a là aussi un gap générationnel", indique l'étude, "les moins de 31 ans citant plus fortement l’apparence physique (51%) et le sexe (43%) comme facteur observé de discrimination."

> Pour cette édition 2019, Cegos a interrogé 1046 salariés et 181 Directeurs ou Responsables des ressources humaines/Directeurs ou responsables RSE (DRH/RRH/RSE), travaillant tous en France dans une entreprise ou une organisation de plus de 50 collaborateurs, au sein des secteurs privé et public.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter