Salariés, êtes-vous obligés d’aller à la fête ou à l’arbre de Noël de votre entreprise ?

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ESPRIT DE NOËL - Cela reste un rituel largement pratiqué : l’Arbre de Noël ou la fête de fin d’année en entreprise, un moment pour se retrouver, en dehors, mais avec le travail. Faut-il y aller ? LCI fait le point.

Avec la fin de l’année, cette éternelle question effectue son retour : doit-on ou non participer à la fête de Noël de son entreprise ? On vous le dit d’emblée, c’est non. Rien, dans le Code du travail, ne vous oblige à assister à cette grand-messe. 


"On est dans le lien social et non plus de lien de subordination", rappelait l'an passé à LCI Thomas Chardin, fondateur de Parlons RH.  "On est dans le cadre d’une fête d’entreprise mais si le salarié ne peut pas ou n’a pas envie, il ne doit pas y avoir une injonction de convivialité. C’est une opportunité offerte par l’entreprise mais on n’est pas obligé de s’entendre avec tout le monde. Nul besoin de se justifier ou de demander un justificatif." 


Ne pas aimer les fêtes d'entreprises peut tenir à des réticences multiples, souvent liées à l'articulation entre vie personnelle et professionnelle : aucune envie de revenir au travail le soir ou sur son week-end, de recroiser vos collègues avant lundi et encore moins de devoir leur présenter votre charmante progéniture. Cela peut aussi procéder d'une certaine logique : pas envie, non plus, de faire des caresses et sourires à ce collègue ou ce chef que vous avez détesté et ignoré toute l’année. 

Des opportunités de réseau ?

Mais si rien ne vous y oblige, à l’inverse, une absence peut-elle vous nuire ? Se retrouver entre collègues hors du travail peut en effet être aussi l’occasion de les découvrir sous un jour différent. Communiquer, nouer des liens dans une ambiance plus familiale, rire et découvrir d’autres facettes que l’unique prisme des affaires. Très opportunément, cela peut être aussi un moyen d’accéder à des collaborateurs avec lesquels il est difficile d’entrer en contact pour des raisons logistiques ou hiérarchiques. 


La pratique est d'ailleurs plutôt encouragée, des deux côtés, car les bienfaits seraient multiples. "Pour l’entreprise, c’est important de pouvoir se célébrer et ce type d’événement est une manière de se reconnecter tous ensemble, de l’équipe de management aux collaborateurs et inversement", insistait ainsi Thomas Chardin. Pour le salarié, "être félicité c’est important et ça fait plaisir à entendre. Ça développe la fierté d’appartenance. L’entreprise doit reconnaître, féliciter et célébrer le travail de ses collaborateurs."

Un rendez-vous toujours très apprécié

Quoi qu'il en soit, même si elle a tendance à diminuer, la pratique est loin d’être tombée en déshérence. En France, les chiffres sont durs à trouver. Mais la tendance est peu ou prou la même que chez nos cousins américains. En décembre 2016, selon Challenger, Gray & Christmas, agence de placements de cadres, trois entreprises sur quatre organisaient aux Etats-Unis des fêtes de fin d'année ; cette année, selon le même organisme, elles seront eux sur trois


Reste notamment un grand classique de la vie en entreprise : l'arbre de Noël, autour des enfants. "On ne peut pas dire que l’arbre de Noël soit oublié ou négligé par les entreprises, bien au contraire", estime auprès de LCI Blandine Boinet, directrice conseil au sein de l’agence Paloma, spécialisée dans l’organisation d’événements pour les  sociétés et notamment les PME. "Seulement, depuis deux, trois ans, on remarque que les clients s’y prennent beaucoup plus tard pour tout organiser. Mais l’attrait est toujours bien présent."  La pratique a même tendance à reprendre du poil de la bête à certaines périodes, particulièrement sinistrées, comme par exemple, dans la foulées des attentats de novembre  2015 : "On a alors senti un besoin accru au sein des entreprises de renforcer les liens et de se rapprocher, se retrouver, partager, entre collègues ou avec les enfants", estime Blandine Boinet. 

Nouvelles envies

Tout sauf ringard, donc, le rituel prend différentes formes, suivant l’entreprise et sa taille. De grosses boites comme Airbus ou Ikea sont réputées pour mettre les moyens, en alignant des budgets qui se chiffrent en centaines de milliers d’euros avec locations de salles spectaculaires, artistes, animations pour enfants, cartes cadeaux pour les salariés, tombola avec voiture à gagner. Ou encore soirées décalées, déguisées, avec les rôles inversés : les encadrants se mettent au service des salariés. Le moment peut être aussi beaucoup plus simple, avec une fête improvisée entre salariés, avec échanges de petits cadeaux.  


Les formats ont également changé. "Les arbres de Noël s’organisent de plus en plus au coeur de l’entreprise -70% de nos clients cette année-, alors qu’avant, elles louaient des salles à l’extérieur", constate Blandine Boinet, qui attribue ce fait à la fois à des raisons économiques mais aussi à cette envie d’humaniser, de se recentrer : "Aujourd'hui, on veut faire visiter les locaux de l'entreprise de papa ou de maman aux enfants, on s'approprie son entreprise, on la fait découvrir, en installant des animations sur place. Certaines proposent des parcours, avec des animations à tous les étages... On veut se retrouver autour d’une activité ludique, de partager. C’est la fête !" Et les ados ne sont pas oubliés, avec des animations spécialement dédiées. Cette année, l'Escape game a la cote.

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