Salariés identifiés par smartphone, bâtiments hyperconnectés : ces "bureaux du futur" sont-ils géniaux ou effrayants ?

Salariés identifiés par smartphone, bâtiments hyperconnectés : ces "bureaux du futur" sont-ils géniaux ou effrayants ?

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RETOUR VERS LE FUTUR - Deux bâtiments hyper connectés sortent de terre à Berlin. Ils donnent une petite idée de ce à quoi pourraient ressembler les bureaux du futur.

Est-ce là le futur de nos bureaux ? Eux, en tout cas, veulent le croire. Deux immeubles de bureaux, en construction à Berlin, donnent une idée de ce que pourra être, à l’avenir, le travail 3.0. 


L’un des bâtiments, surnommé Le Cube, est construit par un groupe autrichien, CA Immo, et l’autre, The Edge Grand Central, est bâti par Edge Technologies. Tous deux disposent d’immenses espaces flexibles, de toits terrasse, de murs végétalisés, et de tout le design moderne. Mais surtout, ils sont tous deux des immeubles "intelligents", bardés de capteurs, qui mesurent tout, les mouvements, la température, l'éclairage, l'humidité ou encore le taux de CO2. "Tout et tout le monde dans le bâtiment est connecté, filaire ou sans fil, ce qui permet à notre technologie de faire son travail pour rendre les bâtiments plus sains et plus faciles à vivre", indique ainsi The Edge sur son site internet. 

Minimiser les frustrations quotidiennes

Concrètement, qu’est-ce que ça donne, un espace de travail dans lequel on est toujours connecté ? A quoi ça sert ?  Les promoteurs brandissent d’abord des arguments écologiques, en permettant d'agir sur l’environnement, via la lumière et la température. Le bâtiment intelligent pourra ainsi ajuster les stores en fonction des désirs de ceux qui occupent le bâtiment, diminuer la lumière ou le chauffage quand le bâtiment est inoccupé, et maximiser la qualité de l’air, comme par exemple en injectant de l’oxygène dans une réunion détectée comme bondée. Dans ces bureaux connectés, l’idée est de minimiser les frustrations quotidiennes, telles, par exemple, que le manque de papier dans l’imprimante : celle-ci émettra ainsi une alerte quand le niveau de papier sera trop bas.

Les espaces de travail deviennent en revanche "partagés", type "flex-office" : les salariés n’ont plus de bureaux fixes mais disposent d’espaces différents, adaptés en fonction des usages, avec des casiers personnels à disposition pour stocker leurs effets. En contrepartie, les salariés seront eux aussi connectés : ils auront une application qui leur permettra d’accéder dans le bâtiment, et surtout, connaîtra leur agenda, et leur fera des suggestions, comme réserver des salles, rechercher des collègues dans le bâtiment, commander de la nourriture, choisir l’espace le plus adapté ou s’asseoir en fonction de leur tâche à exécuter. Dans The Cube, la technologie est même appelée "Le Cerveau"...

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VIDÉO - Infographie : les salariés et l'open space

Flippant ou génial ? Ce déballage de nouvelles technologies a un objectif affiché, indiquent les promoteurs : faciliter la vie du salarié, être aux petits soins pour lui et, en améliorant son confort, réduire les arrêts maladie et... attirer les talents. The Edge affiche ainsi pour but "d’offrir un environnement dynamique dans lequel la santé générale des bureaux est la clé. C'est un endroit qui procure un réel plaisir pour travailler." Si le concept d’être suivi en permanence peut paraître à première vue un peu... inquiétant, les promoteurs indiquent toutefois que pour accéder à ces "avantages" ou être suivis par leurs collègues en permanence,  les utilisateurs doivent s'inscrire de "manière active" : le paramètre par défaut est "masqué". 

Est-ce efficace ? Peut-être, estime Le Figaro, qui rappelle que le cabinet de conseil Deloitte a constaté un fort recul du taux d’arrêts maladie et une hausse du nombre de candidats postulant à ses offres lorsqu’il a déménagé dans le bâtiment intelligent d’OVG Real Estate, The Edge, à Amsterdam en 2015. 


Pourtant, ce choix de déployer à l’échelle de toute l’entreprise le concept de "flex-office" ou "sans bureaux fixes" pourrait ne pas plaire à tous les salariés, malgré les contreparties affichées, en matière de nouvelles technologies. Plusieurs études montrent en effet que le concept ne suscite pas forcément un enthousiasme débridé chez les salariés concernés, qui affichent leur préférence, quand on le leur demande, pour des bureaux fixes. 

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