Serrer la main, hello à la cantonade ou faire la bise : pour dire bonjour au bureau, vous préférez quoi ?

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BONNES PRATIQUES – Au bureau, le matin, il y a ceux qui disent bonjour à la cantonade, ceux qui filent glisser à leur poste et ceux… qui "font la bise". Quelle pratique est-elle à privilégier ? Que préférez-vous ? On vous a demandé, vous nous avez répondu… en nombre. Le mach est ouvert.

Pendant longtemps, elle arrivait en retard aux réunions de travail... pour ne pas avoir à faire la bise à ses collègues. En janvier 2018, Aude Picard-Wolff, la maire de Morette, une petite commune en Isère, a mis les pieds dans le plat. Et envoyé un mail à ses collègues : "Le rituel de la bise me pèse et me gêne (…) Aujourd'hui, c'est un geste qui est devenu systématique et qui ne signifie plus rien. C'est aussi le risque de se transmettre des virus", écrivait-elle notamment, en annonçant son intention de désormais "serrer la main, comme les hommes". 


Si elle a lancé le débat et été largement reprise, pour l’insolite de la chose, cette réaction a, aussi et surtout, été saluée d’un flot de remerciements et de témoignages exprimant le malaise parfois ressenti face à ce geste intime, qui instaure une grande proximité avec l’interlocuteur et qui n’est pas toujours désiré ou apprécié, notamment des femmes, qui y sont plus soumises.  "Je travaille dans une  grosse structure et croyez-moi faire 30 ou 40 bises chaque jour, c’est pas génial", soulignait ainsi Lilou, sur Twitter, à l’époque. "T'as ceux qui puent, ceux qui piquent, ceux qui font des bisous mouillés, ceux qui se débarbouillent pas le matin... Et les femmes sont souvent mal perçues lorsqu'elles tendent la main."

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Se faire la bise : un tradition remise en question

Une pratique d’autant plus difficile à remettre en cause, qu’elle est ancienne et inscrite dans la tradition française, sans qu'on ne sache vraiment comment ni pourquoi. Elle avait d'ailleurs donné lieu à un sketch de l'humoriste irlandais Paul Taylor, s’interrogeant, incompréhensif, sur le nombre de "bises" à faire en France. Sketch qui avait d'ailleurs rencontré un franc succès et contribué à faire connaître le comédien.


Alors, tradition et chaleur humaine contre hygiénisme ou perte de temps ?  LCI a posé la question aux internautes. Et vous avez été nombreux à donner votre avis sur notre page Facebook. D’un côté, les contre. Soyons honnête, dans l’appel que nous vous avons envoyé (et qui n'a pas valeur de sondage scientifique), ils sont clairement majoritaires. En tête des arguments évoqués, l’aspect hygiène et le côté "ce n’est pas un mariage ou les 80 ans de Mamie", "je réserve ça à ma famille et à ceux que j’aime". Ainsi, Chantal est "sans bise ni serrage de mains" : "Je n'embrasse que les gens que j'aime. Chose exclue au bureau", lance-t-elle. "Je dis bonjour en rentrant dans la pièce. Mes collègues ne sont pas des amis." Rita voit, elle, le côté "hypocrite" de la chose : "Certains vous embrassent et quelques minutes après ne vous connaissent plus, c’est du superficiel". Il y a, aussi, les hygiénistes. Isabelle, qui avoue une "sainte horreur de faire la bise", indique par exemple en rigolant : "En cas de grippe, c’est tout un service en arrêt". 

On fait comme on veut, la bise c’est très personnelPierre, sur Facebook

Beaucoup prêchent donc la juste mesure : "On fait comme on veut, la bise c’est très personnel", note Pierre. Fado est neutre  : "Ni pour, ni contre… Les collègues que je vois tous les jours, franchement, c'est non. Mais si la personne était en vacances ou absente pour maladie, je dis oui pour le plaisir de la revoir et lui signifier que je l’apprécie." Certes, mais différencier les "bonjour" suivant les personnes, ne risque-t-il pas de froisser, comme le note Maxime ? "Avec les susceptibles que tu trouves parfois au bureau, si tu as le malheur d’en oublier un, ah là là !" Sans être froissée, Marie, a elle noté cette différence de pratique : "Dans la dernière entreprise où j’ai travaillé, tout le monde se faisait la bise. Mais comme j’étais la dernière arrivée, on me serrait la main ... Je me suis sentie carrément mise à part."


Certains, souvent des femmes, d’ailleurs, décrivent cette pratique comme "un contact presque obligatoire", plus subi que désiré. "Tu as toujours celle ou celui qui tient à passer outre et à t embrasser tous les matins", témoigne Lydie. "Je fais la bise mais parce que tout le monde le fait, mais moi je ne préférerais pas", avance Barbara. La solution ? Pour Naé, c’est la poignée de mains : "J'aime bien, cela pose des limites et fait sérieux." Laetitia, est, elle, pour "un bonjour, un sourire" : "Je pense que l’on peut être super agréable et polie en levant la main et en faisant un joli sourire ou en s'exclamant un "salut tout le monde"". Un salut qui touche plus directement les femmes, les hommes ayant souvent la possibilité de se contenter d’une poignée de mains.

Se faire la bise en partant, c'est aussi finir la journée de façon positiveMarine, sur Facebook

Certains regrettent en tout cas que la pratique soit incriminée : "Les êtres humains s'éloignent de plus en plus", écrit Olivier. "Bientôt les rapports humains n'existerons plus", abonde Marine. "Nous deviendrons tristes et travaillerons comme des robots. Maintenant chacun fait ce qu'il veut. Si un ou une collègue n'aime pas, il ou elle le dit et il n'y a pas de souci. Mais se faire la bise en partant, c'est aussi finir la journée de façon positive."


La solution est sans doute de le dire, même si c'est loin d'être facile. En août 2017, Romy, une jeune salariée racontait sur son blog comment, lors de son premier jour de boulot dans une "boîte moderne", elle avait dû se plier au rituel local de la bise. Et comment elle avait longuement hésité, de peur de passer pour la "pisse-froid" de service, à envoyer un mail de présentation à ses 400 nouveaux collègues, expliquant qu’elle "détestait la pratique de la bise au boulot". Elle proposait, à la place "le check", le "give me five", le "sourire radieux, ou tout simplement la bonne vieille poignée de mains, qui met tout le monde a égalité". Et au final, à part quelques erreurs de collègues distraits, petit à petit, tout le monde s’y était fait.  


Sous sa note, un internaute a même reformulé le texte en mode "communication non violente" : "Je tiens à vous faire part d’un point qui me tient à cœur / auquel je suis sensible : j’évite de saluer en faisant la bise au bureau car cette pratique me met mal à l’aise (dans un cadre professionnel du moins)." A dupliquer pour qui veut !

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