Stress au travail : les Français sont parmi les plus touchés, mais beaucoup n'osent pas en parler

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TABOU – Selon l’enquête The Workforce View in Europe 2019, l’Hexagone se place à la 3e place parmi les pays européens où les salariés se sentent stressés au quotidien, derrière l’Allemagne (20%) et la Pologne (25%).

Oui, les sujets du mal-être au travail et de sa prévention sont de plus en plus évoqués et médiatisés. Et pourtant, cela ne se répercute pas concrètement dans les entreprises. C’est ce que montre une enquête, The Workforce View in Europe 2019, réalisée par ADP, une solution de gestion du capital humain, sur 10.585 salariés en Europe, dont 1 410 en France. "Un certain décalage est également visible entre ce qui est dit et ce qui est réellement mis en place pour soutenir les salariés", note encore l’étude. 

Selon l’étude, les Français demeurent toujours parmi les salariés les plus stressés : pratiquement un répondant sur cinq (19%) subit un stress quotidien au travail. 31% des sondés pensent en plus que leur employeur ne s’intéresse pas du tout à leur bien-être psychologique et 41% affirment que leur intérêt n’est que superficiel, ce qui est, dans les deux cas, supérieur à la moyenne européenne. Triste record, l’Hexagone se place à la 3e place parmi les pays européens où les salariés se sentent stressés au quotidien, derrière l’Allemagne (20%) et la Pologne (25%).

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C’est peut-être ce qui explique la difficulté qui apparaît pour parler du mal-être au travail : 32% des collaborateurs déclarent ne pas être suffisamment à l’aise pour l’évoquer dans un cadre professionnel. Parmi les moins réticents, 58% pourraient en discuter avec des amis ou des collègues proches, tandis que près de 20% se disent prêts à s’ouvrir à leur manager. A peine 11% oseraient en informer les Ressources Humaines. "Ces résultats semblent indiquer que de nombreuses organisations n’ont pas mis en place un environnement ou des outils adaptés pour libérer la parole de leurs salariés et leur permettre de bénéficier d’un soutien adapté pour faire face aux enjeux du bien-être psychologique au travail", indique encore l’enquête.

Les plus jeunes générations seraient cependant plus à l’aise que leurs aînés à l’idée d’évoquer leurs difficultés : parmi les personnes âgées de 16 à 34 ans, plus des trois quarts (79%) se disent prêtes à soulever un problème de bien-être au travail s’il se présentait, contre seulement 61% des plus de 55 ans.

Disparités régionales

Des disparités existent au sein de l’Hexagone : ce sont les habitants du Sud-Ouest (24%), de la région Centre (22 %) ou encore de l’Île-de-France (20%) qui se déclarent les plus stressés. A l’inverse, le mal-être au travail semble moins important dans l’Ouest et le Nord du pays, 16% des sondés y déclarant être quotidiennement stressés au travail. Certains secteurs engendrent également plus de stress que d'autres : en tête, les métiers de services et de la finance (26%), les arts et la culture (23%) ainsi que l’éducation (22%). 

Pour Carlos Fontelas de Carvalho, président d’ADP en France : "Lorsque l’on sait qu'une personne sur quatre risque de souffrir d'un problème de santé psychologique au cours de sa vie, il est très inquiétant de constater que 30% des salariés en Europe n’osent pas en parler librement", écrit-il dans un communiqué. "Les problèmes de mal-être au travail sont souvent causes d’absentéisme, de recul de la performance, de burn-out parfois et il n'y a aucune raison de ne pas les aborder de face et de ne pas les traiter de la même façon que les maladies physiques."

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