Un nouveau symbole ? La veste en cuir a remplacé la traditionnelle veste chez les femmes et hommes de pouvoir

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POINT MODE – Dans le monde du travail, la veste de costume a longtemps été le marqueur des femmes et hommes de pouvoir. Mais depuis quelques temps, les standards évoluent… Focus sur un détail plus important qu'il n'y paraît.

Dans un monde de symbole et d’image, la place du vêtement est importante. Et dit beaucoup sur la personnalité, le pouvoir de la personne, la place qu’elle veut se donner dans une situation donnée. Et oui, la tenue laisse passer des messages silencieux, qu’ils soient voulus et calculés, ou non. 


Et si vous ouvrez un peu les yeux, dans le monde du travail, s’immisce depuis quelques temps une pièce qui, il y a quelques années, n’aurait jamais pu y débarquer : le blouson en cuir, de plus en plus utilisé par les PDG, en lieu et place du costume cravate. C'est le cas de quelques hommes, mais surtout des femmes, dont la garde-robe, moins austère, laisse davantage de marge de manœuvre à la créativité – et est souvent plus scrutée. 

Tout le monde se met au cuir !

La tendance est relevée par le magazine Fortune, dans un long article "How the leather jacket became the new power blazer". Rappel de quelques faits : en décembre dernier,  Mary Barra, PDG de General Motors, comparait devant le gouvernement américain pour défendre la décision  de licencier environ 14.000 travailleurs. Au lieu de la traditionnelle veste de costume, elle porte une veste en cuir noir. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois, rappelle le magazine. Elle avait déjà sorti sa pièce lors de réunions d’actionnaires, de lancement de produits ou d’entretien avec les médias.


Et elle n’est pas la seule dirigeante à arborer ce look, loin de là :  Adena Friedman de Nasdaq, Ginni Rometty d’IBM, Michelle Gass de Kohl, ou encore Mindy Grossman, PDG de Weight Watchers, toutes se sont mises à la veste en cuir, en des circonstances variées. L’observation faite par le magazine Fortune peut tout à fait se transposer de ce côté-ci de l’Atlantique. L’on se souvient ainsi de ce blouson en cuir sur le dos d’Emmanuel Macron, arboré lors d’une balade à Honfleur, ressorti lors d'une visite à des sans-abris. Symbole ici de détente, de "coolitude", et, sans doute, volonté de marquer un côté "proche du peuple".

Le fait est cependant plutôt incongru, au point que cet élément vestimentaire avait donné lieu à une chronique du spécialiste mode de l'émission Quotidien, Marc Beaugé.  

Le blouson en cuir apparaît aussi - et surtout - chez les femmes de pouvoir. Christine Lagarde a ainsi été quasiment précurseure en la matière dans la sphère politique. Et le détail avait d'ailleurs été particulièrement remarqué…

Depuis peu, Nathalie Loiseau, tête de liste LaREM aux élections européennes, affiche, elle aussi, son penchant pour la matière et le style perfecto.

Et c'est sans compter Brigitte Macron qui a aussi imposé son style.

Comment expliquer l’avènement de ce type de pièce, à l’origine davantage emblème de rébellion, de grunge, et de contre-culture, à un nouveau symbole de pouvoir - et de "coolitude" - dans les hautes sphères et le monde des affaires ? 


Fortune y voit le résultat de deux tendances, qui ont convergé, sans rapport entre elles. D’abord le fait que, après des décennies à symboliser l’outsider –qui ne se rappelle pas de Marlon Brando dans The Wild One-, la pièce a attiré l’attention de la haute couture, s’est démocratisée et est devenue un incontournable pour tout fan de mode qui se respecte. Dans le même temps, le monde de l’entreprise traversait une période de chaos ou de remise en cause dans ce domaine, avec l’apparition et la montée en puissance de la figure du business-man dans les nouvelles technologies, en sweat-à-capuche et baskets. Cela a fait glisser les référentiels en terme de "tenue de travail appropriée". 

Structurée, professionnelle et "sexy" ?

Mais cette veste pourrait bien aussi marquer une volonté de s’émanciper, de s’affranchir des codes d’un monde traditionnellement  conservateur et uniforme. Susan Tynan, fondatrice et PDG de Framebridge, a ainsi collecté 67 millions de dollars pour le lancement de son projet, avec une veste en cuir. "Je n'allais pas porter un costume, ni un sweat à capuche", explique-t-elle dans Fortune. " Il n'existe aucune règle vestimentaire qui dicte ce qu'une femme doit porter dans ce genre de cas. Je voulais porter quelque chose qui en imposait et qui me présentait aussi comme quelqu'un qui est capable de relever ses manches." 


La veste en cuir, "c’est codé dans le pouvoir, la force, la résistance. C’est un peu subversif" souligne pour sa part Emma McClendon, conservatrice adjointe des costumes au Museum Fashion institute of technology, le musée de la mode à New York. Et maintenant que le cuir est considéré comme un article de luxe, il peut aussi être le marqueur "de votre capital et de votre statut dans la pièce", dit-elle. Mais pourquoi une veste, plutôt qu’une robe ou une jupe ? Pour les stylistes, ce serait le compromis parfait entre l’autorité symbolisée par la veste, structurée, professionnelle et le côté "sexy" du cuir. "Pour certaines femmes cadres, la veste en cuir offre une solution au bourbier occasionnel et, grâce à sa riche histoire, envoie un message inhabituellement complexe", conclut ainsi le magazine. 

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