Les prix de l’immobilier sont trop chers ? Installez votre bureau sur une place de parking !

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BUZZ – Le mouvement WePark a vu le jour il y a quelques semaines à San Francisco : de jeunes entrepreneurs, confrontés à la cherté du prix de l’immobilier ou qui veulent se réapproprier l’espace public, ont décidé de louer, à la place, des places de parking. La tendance est arrivée en France.

Peut-être avez-vous vu passer sur Twitter, depuis quelques jours, des photos de salariés assis à leur bureau… en pleine rue. Ou plus précisément sur des places de parking. C’est le mouvement #WePark, qui grossi aux Etats-Unis et a débarqué en France il y a quelques jours. 

Payer une place de parking et y installer sa table de travail. Utiliser les parkings et plus généralement l'espace public pour ne pas y garer que des voitures. Mais également dénoncer la cherté de l'immobilier de bureau, tout en voulant recréer de nouveaux modes de travail en sortant les salariés de leurs grandes tours de bureau… L’idée de #WePark est née à San Francisco, portée par Victor Pontis, un jeune codeur qui en avait assez de travailler seul de chez lui. "Je vais installer un bureau et travailler sur une place de stationnement pendant quelques heures pour montrer que les biens immobiliers de stationnement peuvent être utilisés à des fins meilleures", lance-t-il fin avril sur Twitter. Avant de passer à l’acte. 

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Une place de parking et deux tréteaux

Une chaise, une planche et deux tréteaux, et surtout une place de parking disponible… Et tant qu’à faire aussi, autant soigner son emplacement en choisissant une artère dotée de toilettes publiques, proche d’une bibliothèque publique équipée de Wifi, et pourquoi pas d’un beau cadre et d’un peu de soleil. Et tout ça pour le très raisonnable prix de 2,75 dollars de l’heure.

Victor Pontis s'est installé et a vite trouvé des compagnons de bureau en plein air. 

Au total, pour la "première" qui s'est déroulée fin avril, une trentaine de travailleurs indépendants ont rejoint le mouvement. Nul ne sait s’ils ont travaillé efficacement. Mais en tout cas, ils ont assurément passé un bon moment, profité du soleil et d’un cadre somme toute bien plus appréciable qu’une tour de bureau climatisée.

Le mouvement, encore balbutiant, a ensuite essaimé dans d'autres villes américaines, comme Santa Monica, mais aussi dans le monde entier, comme, par exemple, à Brisbane, en Australie.

Certains esprits inventifs ont même choisi d’aller plus loin en montant leur bureau sur roulette. Pourquoi en effet se limiter à une place de parking quand l’ensemble de l’espace public s’ouvre soudain à vous ? 

En France, #WePark est arrivé à Toulouse.  Victor Décarpentrie, co-fondateur d'Ikigai, un incubateur de start-up, a reniflé la tendance. Et délocalisé, début mai, son bureau dans la rue. "1,50 euro de l'heure. Montrons comment les places de parking peuvent être utilisées pour autre chose qu'accueillir des voitures polluantes", écrit-il sur Twitter.

L'initiative a été reconduite quelques jours plus tard et a été reprise dans de nombreuses publications, locales et nationales.

Victor Décarpentrie s'appuie sur des revendications très concrètes, comme le fait que les jeunes entrepreneurs qui lancent leur société échouent souvent, faute de réussir à payer un espace de coworking. Ils se retrouvent alors isolés, loin d'un écosystème favorisant le réseau et la croissance de leur start-up. 

Pas sûr, en revanche, que cette initiative soit destinée à s'installer durablement dans les habitudes, et pas que pour des raisons de météo. Elle se veut davantage comme une "opération coup de poing", originale, "pour se faire entendre et faire réagir les pouvoirs publics et les propriétaires immobiliers", écrit Victor Décrapentrie dans un billet publié sur le blog de sa start-up. Dans lequel il raconte également les "coulisses de ce buzz international" et les retombées médiatiques et... commerciales de l'opération #WePark.

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