Vie pro VS vie perso : comment devenir un "fainéant ambitieux" en reprenant le contrôle de votre temps !

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ON A LU - Au travail ou dans la vie personnelle, nous courons après le temps. Et nous nous épuisons, sans être pour autant plus efficace. Dans "Le Manuel du fainéant ambitieux", Florent Bouër, expert en gestion du temps, explique les grands principes qui lui ont permis de se construire un équilibre vie pro ou perso en phase avec ses valeurs.

Il y a quelques années, Florent Bouër, salarié dans une entreprise de jeux vidéo, a été victime d'un burn-out. Il s’était mis à courir après le temps. Pourtant, tout allait bien : il avait été nommé chef d’équipe, puis chef de produit, puis responsable du service achat. Il était cadre, avec une belle carte de visite, et il participait au Codir (Comité de direction). Mais il était submergé par des tâches dans lesquelles il n'était pas compétent, noyé sous les ordres et contre-ordres, les empilements de dossiers, de projets, de courriers. Il a finalement craqué. Et a quitté sa société.


Florent Bouër s'est alors penché sur la gestion du temps, a suivi des formations. Il en est sorti convaincu, au point de créer sa propre méthode pour "valoriser son temps". Aujourd'hui, il conseille de grands groupes (Mc Do, Etam, Deloitte).  "Je me paie correctement et travaille sans me tuer à la tâche, sans devoir vendre mon âme ou gérer ma vie personnelle par correspondance", écrit-il. Bref, il a repris le contrôle de son temps. Et nous explique, dans "Le Manuel du fainéant ambitieux" (éditions Marabout), comment il est devenu un expert en efficacité. 

Savez-vous gérer votre temps ?

Il faut en prendre conscience : le temps est relatif. Notre perception au temps varie donc selon le degré d’intérêt que nous portons à une activité, selon les circonstances, l’environnement. Ce temps sert aussi, parfois, d’alibi, lorsque nous ne voulons pas décider ou manquons de motivation. Exemple type : "Olivier, je ne peux pas te parler en ce moment, je suis sous l'eau", puis 40 secondes plus tard : "Oui, Sarah, dis-moi ? Mais vite alors !" 


Florent Bouër invite donc à mener une petite introspection en listant les avantages obtenus en utilisant le temps comme excuse. "Dites-vous souvent à votre entourage que nous n’avez pas le temps ou le choix ? Utilisez-vous le temps passé au travail comme excuse pour évincer certaines obligations personnelles ?  Evitez-vous certaines personnes faute de temps ?" L'idée sous-jacente est que notre temps doit être accordé à nos valeurs et à ce que nous désirons réellement. Par exemple, si vos amis comptent beaucoup pour vous mais que vous ne les voyez pas suffisamment, vous êtes alors en contradiction avec vos valeurs. 

Augmenter sa satisfaction et son efficacité

Pour être efficace, il faut se doter d'une méthode, en trois phases : "Prévoir ce que vous voulez vraiment, planifier les actions qui permettent d’obtenir ce que vous voulez et s’organiser pour faire face au quotidien tout en réalisant vos objectifs", résume l’auteur. 


Pour se fixer un but, il faut, d’abord, se concentrer sur le "pourquoi" : "Le nerf de la guerre, c’est de savoir ce qu’on veut, savoir se fixer des objectifs.", écrit Florent Bouër, qui conseille pour cela la méthode SMART  (S pour Spécifique, M pour Mesurable, A pour Atteignable, R pour Réaliste et T pour Temporellement défini). Puis planifiez et concevez un plan d’action en essayant de voir les choses dans leur ensemble. Enfin, lancez-vous ! 

Optimisez votre énergie

"Ce qui importe n’est pas tant les choses qui nous arrivent que la façon dont nous les percevons", écrit Florent Bouër. Et la façon dont nous percevons les choses est directement liée à notre énergie. Cette énergie provient de trois sources :  l’énergie physique, qui repose sur le sommeil, la nourriture et l’activité physique ; l’énergie mentale,  "caractérisée par une pensée juste et claire, une concentration élevée, et un discours interne constructif" ;  l’énergie émotionnelle "qui détermine la qualité de notre énergie globale". Cette dernière source d'énergie est d’autant plus importante que ce sont les émotions qui nous poussent à agir.


Ces trois énergies interagissent. Pour être efficace, il faut tenir compte de ces "cycles d'énergie". Mais, estime l’auteur, "l’époque nous dérègle". Selon lui, les organisations industrielles ont créé un mode de fonctionnement linéaire, qui a tendance à nous faire fonctionner comme des machines avec des tâches parcellisées et continues. "Cela va à l’encontre de notre nature profonde. Tout un tas de signaux d’alerte s’allument -dépression, santé, problèmes familiaux." Pour lui, nous sommes plus performants en "mode alternatif", avec des "périodes de dépenses d’énergie et des moments de récupération". Il conseille  pour cela de prévoir une à deux activités à "haut rendement" par jour (des activités dont on ne voit pas les résultats immédiatement, mais qui sont à forte valeur ajoutée), d’alterner des activités toutes les 90 minutes, prendre de vraies pauses ou encore de regrouper les petits travaux.

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Sachez dire non

Souvent, nous ne laissons déborder car nous ne savons pas dire non. Ne pas oser dire non vient à la fois de la volonté de vouloir contenter tout le monde tout le temps et parce que "nous pensons avoir un intérêt à dire oui", comme le crainte de représailles ou de ne plus être apprécié. Mais ce "faux" oui, où l’on dit "non à ses besoins alors que l’on dit oui à ceux des autres, cela ne marche pas", analyse Florent Bouër. 


Comment dire non ? "La première des choses est qu’un 'vrai non' s’explique mais ne se justifie pas", rappelle l’auteur. "L’explication permet d’être compris, mais pas forcément qu’on adhère à vos raisons". Prenez aussi l’habitude de ne pas vous engager tout de suite avant de prendre une décision. Prenez cinq minutes pour réfléchir pour prendre conscience de vos besoins et du rapport de force qui est en jeu. L’auteur conseille même de s’entraîner à "donner des non", d’abord à des personnes qui nous sont indifférentes, puis à l’entourage et aux personnes importantes puis à "récolter des non" : "Il faut apprendre à gérer émotionnellement le rejet, le refus, et comprendre que lorsqu’on vous dit non,  ce n’est pas vous que l’on rejette mais votre demande." Et plus votre oui sera rare, plus il aura de valeur. 


> "Le manuel du fainéant ambitieux. Deux fois plus de résultats, en deux fois moins d'efforts", aux éditions Marabout, de Florent Bouër.

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