Zoom, Teams, Slack... la bataille des outils de visioconférence fait rage

Zoom, Teams, Slack... la bataille des outils de visioconférence fait rage
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FUTUR - Le télétravail serait, avec le confinement, pratiqué par un salarié français sur cinq en France. Les entreprises ont dû déployer de nouveaux outils de visioconférence et les opérateurs tentent d’emporter le marché.

Zoom, Slack, Teams… Peut-être ces noms, si étrangers auparavant, sont devenus vos nouveaux amis. Car c’est un autre effet engendré par le confinement et du télétravail déployé à grande échelle et marche forcé : il a accéléré la bascule dans le monde numérique, et notamment des entreprises, qui ont du s’équiper, ou généraliser des moyens techniques auparavant peu utilisés.

Depuis le début du confinement, les solutions de visioconférence, ces réunions quotidiennes, gratuites et payantes, explosent. Une plateforme en particulier a volé la vedette à toutes les autres : Zoom, a été très largement adoptée au-delà des entreprises, ses clients traditionnels. Elle a dépassé les 200 millions de participants à des réunions quotidiennes en mars, contre 10 millions en décembre dernier.

Les autres mastodontes du secteur – tous américains -, comme Google Hangouts, Slack ou Teams bénéficient eux aussi de cette envolée. D’après un rapport publié jeudi par Microsoft, le nombre d'appels vidéo passés via "Teams", sa solution de visioconférence  a bondi de 1000% en mars.  Le 31 mars, "nous avons assisté à un record de 2,7 milliards de minutes passées en réunion en une seule journée, soit une hausse de 200% par rapport aux 900 millions de minutes du 16 mars", relève Jared Spataro, vice-président de Microsoft 365.

Une opportunité pour tous les mastodontes du secteur

Chez Slack, autre plateforme de solutions collaboratives pour les grandes entreprises, le nombre de messages échangés a bondi de 44% depuis le début du confinement . "Nous avons une forte croissances des utilisateurs et de nouveaux profils sont arrivés comme des services publics ou des associations", confie le directeur Jean-Marc Gottero au Figaro. 

Pour toutes ces plateformes, l’opportunité est unique, de faire de cette crise une opportunité, et transformer tous ces nouveaux venus en clients pérennes. Ainsi, Jean-Marc Goterro estime que sur le télétravail, il n’y aura pas de retour en arrière. "La digitalisation du travail va ouvrir un nouveau camps d’opportunités", analyse-t-il. 

Chez Microsoft, on se frotte aussi les mains devant ce nouveau marché : "Des réunions entre collègues aux professeurs qui font cours à leurs étudiants via des classes virtuelles et aux PDG qui tiennent des sessions de questions-réponses avec des milliers d'employés, nous trouvons tous de nouvelles façons de nous rassembler à distance", raconte Jared Spataro. Pour lui, cette période va "changer nos façons de travailler et de nous connecter pour toujours". Il prend pour preuve qu'en Chine "il y a encore deux fois plus de nouveaux utilisateurs de Teams chaque jour par rapport à la fin janvier".

De nouvelles fonctionnalités

Jusqu’à maintenant, si la plupart de ces services de communication ont donc brisé leurs records le mois dernier, à mesure que la moitié de la planète était appelée à rester chez elle pour enrayer la pandémie de coronavirus, l’application Zoom s’est nettement dégagée, comme une des applications reines du confinement, avec son côté ludique, comme des options qui permettent de personnaliser l’arrière-plan, en étant à la plage ou dans une bibliothèque.  Forcément, les concurrents veulent s’aligner et certaines fonctionnalités populaires chez Zoom apparaissent aussi chez eux. Cette personnalisation d’arrière-plan est devenue disponible sur Teams. Microsoft, de son côté, va aussi installer un bouton "lever la main", qui indique que l'on souhaite prendre la parole lors d'une réunion vidéo.

Mais la semaine dernière, Zoom a été stoppée en pleine ascension par des scandales de sécurité et de confidentialité des données, notamment aux Etats-Unis. Le bureau du FBI à Boston a quant à lui indiqué lundi dans un communiqué avoir reçu plusieurs signalements de téléconférences perturbées par des images pornographiques ou haineuses et du langage menaçant. La procureure de l’État de New-York Letitia James a envoyé une lettre demandant à Zoom des garanties pour la vie privée et la sécurité de ses utilisateurs. 

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La société s'est depuis mobilisée pour corriger les failles et mieux protéger les réunions. Mais l'occasion était trop belle pour ses rivaux... qui assurent, eux, tout miser sur la sécurité. "Chez Microsoft, la vie privée et la sécurité ne sont jamais des choses auxquelles on pense après-coup", écrit ainsi Jared Spataro lundi, dans un communiqué en ligne.  C’est aussi là-dessus que Slack met l’accent, en insistant sur la protection des données, avec des "serveurs basé en France". La bataille ne fait que commencer. 

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