A nouveau accusé de viol, Polanski se défend dans "Paris Match"

A nouveau accusé de viol, Polanski se défend dans "Paris Match"
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INTERVIEW - Roman Polanski donne pour la première fois sa version des faits sur la dernière accusation de viol de la part de la Française Valentine Monnier qui le vise. Dans un entretien au magazine "Paris Match" à paraître ce jeudi, le cinéaste estime que l'"on essaie de faire de [lui] un monstre".

Cinq semaines après avoir été à nouveau accusé de viol, le réalisateur Roman Polanski a été longuement interviewé par Paris Match, dans son édition à paraître jeudi 12 décembre. Une première, après la tribune publiée par la photographe Valentine Monnier, peu de temps avant la sortie du dernier film, où il décrit les faits comme "une histoire aberrante".

Le metteur en scène franco-polonais "nie absolument" les accusations de Valentine Monnier, comme il l'avait déjà fait par l'intermédiaire de son avocat. Celui-ci avait précisé dans un communiqué transmis à LCI travailler à des "suites judiciaires à apporter à cette publication". La photographe française accusait Roman Polanski de l'avoir frappée puis violée en 1975 en Suisse alors qu'elle avait 18 ans.

"C'est facile d'accuser quand tout est prescrit depuis des dizaines d'années"

En guise de défense, le réalisateur affirme se souvenir "à peine" de la plaignante, précisant que "son visage sur les photos publiées [lui] dit quelque chose, pas plus". Il affirme "n'avoir évidemment aucun souvenir de ce qu'elle raconte, puisque c'est faux". "C'est facile d'accuser quand tout est prescrit depuis des dizaines d'années, et lorsqu'on est certain qu'il ne peut y avoir de procédure judiciaire pour me disculper", estime le réalisateur de "J'accuse". Une façon de dire qu'il ne poursuivra finalement pas Valentine Monnier comme l'avait laissé entendre son avocat ?

Comme le rappelle l'AFP, Valentine Monnier avait précisé ne pas avoir déposé plainte pour ces faits prescrits. C'est la sortie du film "J'accuse", qui porte sur une erreur judiciaire, l'affaire Dreyfus, qui l'avait incitée à porter plainte, et notamment le fait qu'au cours de la promotion, le réalisateur n'avait pas hésité à dresser un parallèle entre l'officier français juif harcelé par l'armée et son cas personnel.

"C'est délirant ! Je ne frappe pas les femmes!"

Egalement accusé de violences physiques au détour du témoignage de Valentine Monnier au Parisien, Roman Polanski les réfute tout autant : "C'est délirant ! Je ne frappe pas les femmes !" Et de poursuivre : "Sans doute les accusations de viol ne font plus assez sensation, il fallait en ajouter une couche".

Quid des témoins cités par la photographe ?  "Elle prend à témoin trois de mes amis, présents au chalet : mon assistant Hercules Bellville, Gérard Brach et sa femme, Elizabeth. Les deux premiers sont morts – c'est commode, ils ne peuvent plus confirmer ni réfuter les propos qu'elle leur prête. Quant à madame Brach, le journal ne l'a pas trouvée", souligne le cinéaste.

Il accuse Weinstein d'avoir "déterré" le viol de Samantha Geimer

Paris Match poursuit l'interview en interrogeant Roman Polanski sur Harvey Weinstein, le célèbre producteur de cinéma multi-accusé de viols et agressions sexuelles par plus de 80 femmes et catalyseur du mouvement #MeToo. L'octogénaire répond en accusant le producteur déchu du cinéma d'avoir "déterré" son affaire avec Samantha Geimer, l'adolescente américaine qu'il a droguée avant d'avoir une relation sexuelle avec elle alors qu'elle était inconsciente. Des faits qui ne lui avaient pas valu une condamnation pour viol, puisqu'il avait passé 48 jours en prison après avoir reconnu les faits. Menacé d'un nouveau procès, il avait ensuite pris la fuite. Une affaire qui "n'intéressait plus personne", juge le réalisateur et que l'équipe de Weinstein avait ressortie au moment de la campagne pour la cérémonie des Oscars de 2003, où concourait "Le Pianiste".

"Son attaché de presse a été le premier à me traiter de "violeur d'enfants", relate Polanski, qui regrette qu'on essaie, "depuis des années, [...] de faire de (lui) un monstre". Pour rappel, la campagne menée par Weinstein n'avait pas empêché Polanski de remporter trois statuettes, dont celle de meilleur réalisateur.

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Cette démarche de défense publique, Roman Polanski explique l'avoir réalisée pour sa famille. "Je me suis habitué à la calomnie, ma peau s'est épaissie, endurcie comme une carapace. Mais pour mes enfants, pour Emmanuelle (Seigner, sa femme, NDLR), c'est épouvantable. C'est pour eux que je parle", se justifie-t-il. "Pour moi, je n'espère même plus changer le cours des choses", conclut le réalisateur, qui déplore que sa famille "paie le prix presque un demi-siècle plus tard" de la "faute" qu'il a commise en  1977" avec Samantha Geimer. 

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