Accusations d’abus sexuels : Woody Allen poursuit Amazon pour rupture abusive de contrat

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Hollywood : le scandale Harvey Weinstein

POLÉMIQUE - Accusé depuis des années d’abus sexuels par sa fille adoptive Dylan Farrow, Woody Allen est dans la tourmente. Amazon a mis un terme à son contrat avec le cinéaste, qui dénonce aujourd’hui une rupture abusive et réclame 68 millions de dollars.

Woody Allen à l'offensive. Jeudi, le réalisateur a attaqué Amazon devant la justice américaine : il réclame au minimum 68 millions de dollars au titre du contrat qui les liait, et qui prévoyait la production et la distribution de quatre films. Amazon a en effet mis un terme à cet accord, une rupture abusive selon le cinéaste, qui ne l’entend pas de cette oreille. Woody Allen affirme que le géant d’internet a refusé de lui verser les neuf millions de dollars prévus pour le financement du long métrage "A Rainy Day in New York" ("Un jour de pluie à New York"), déjà tourné. Le contrat prévoyait des enveloppes minimales de 9, 25 et encore 25 millions de dollars pour les trois autres films, prévus respectivement pour 2018, 2019 et 2020, soit 68 millions au total.

Si Amazon a brutalement mis fin à sa collaboration avec lui, c’est parce que le réalisateur de "Match Point", "Midnight in Paris" ou encore "L'irrationnel" se trouve dans la tourmente. Woody Allen assure ainsi que ses interlocuteurs lui ont expliqué que la décision avait été prise du fait "d'accusations répétées", de ses "déclarations controversées" et "du refus de plus en plus répandu chez les acteurs et actrices majeurs de travailler ou d'être associés à son nom de quelque façon que ce soit", sans que des précisions ne lui aient été fournies. 

Abus sexuels

Dans la foulée de l’affaire Weinstein, Woody Allen a été accusé d’abus sexuels par sa fille adoptive, Dylan Farrow. Celle-ci a renouvelé des accusations déjà formulées en 1992, alors qu’elle n’avait que 7 ans. Le réalisateur aux quatre Oscars a toujours nié, et a affirmé début juin 2018 son soutien au mouvement #MeToo. "Je n'ai été accusé que par une femme, dans le cadre d'une affaire de garde d'enfants, qui a été l'objet d'une enquête et (l'accusation) s'est révélée fausse. J'ai été traîné dans la boue avec ces gens-là. Je suis un fervent partisan du mouvement #Metoo", avait déclaré le réalisateur dans un entretien à 

la chaîne argentine Canal 13.

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Visiblement pas suffisant pour convaincre : ces derniers mois, plusieurs acteurs et actrices qui ont travaillé avec le réalisateur ont pris leurs distances publiquement, indiquant qu'ils ne souhaitaient plus tourner avec lui. C’est le cas par exemple de Timothée Chalamet ou de Selena Gomez.

D'autres, comme Javier Bardem ou Alec Baldwin, l'ont soutenu, rappelant que la justice n'avait jamais pu établir l'authenticité des accusations portées contre lui.

Toujours est-il qu’Amazon a décidé d’en rester là avec lui. Dans l’assignation déposée devant un fédéral civil de Manhattan, Woody Allen souligne que la rupture unilatérale du contrat par la société de e-commerce l’a contraint, lui et sa société de production Gravier Productions, à décommander des "individus très reconnus" qui avaient donné leur accord pour travailler avec lui.

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