Accusé de harcèlement et d'exhibitionnisme, Louis C.K. donne raison à ses accusatrices : "J'ai utilisé mon pouvoir sur ces femmes"

Accusé de harcèlement et d'exhibitionnisme, Louis C.K. donne raison à ses accusatrices : "J'ai utilisé mon pouvoir sur ces femmes"

Visé par une série de témoignages publiés ans le "New York Times", l'humoriste américain Louis C.K. a admis dans une tribune publiée sur le "Washington Post" que ses accusatrices disaient vrai.

"Ces histoires sont vraies. A l'époque, je me disais que ce que je faisais n'était pas répréhensible parce que je n'avais jamais montré ma bite à une femme sans lui avoir demandé en premier, ce qui était vrai. Mais j'ai appris plus tard, trop tard, que quand vous avez du pouvoir sur une autre personne, lui demander de regarder votre bite n'est pas une question. C'est une injonction. Le pouvoir que j'avais sur ces femmes, c'est qu'elles m'admiraient. Et je l'ai manié de façon irresponsable."

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Harcèlement : quand les femmes brisent la loi du silence

"Elles n'ont pas pu partager leur histoire"

C'est ainsi que l'humoriste Louis C.K., accusé par cinq femmes (Julia Wolov, Dana Min Goodman, Rebecca Corry, Abbt Scgacgner et une dernière qui a gardé l'anonymat) de s'être masturbé devant elles, au téléphone, ou de leur avoir demandé, a réagi, dans une tribune publiée sur le Washington Post, aux témoignages publiés dans un article du New York Times, jeudi 9 novembre. Le spécialiste du stand-up, reconnu et apprécié pour sa dénonciation de l'attitude hypocrite des hommes au sujet de leur sexualité, avait gardé le silence pendant 24 heures, annulant sa venue au Late Show de Stephen Colbert et toutes ses apparitions promotionnelles poru le film I Love You, Daddy. 


Reconnaissant avoir voulu "fuir ses actions", il écrit avoir appris à quel point ces dernières ont eu "un impact" sur ses victimes, en perte de confiance et méfiante vis-à-vis des hommes. C.K. adresse aussi le problème de l'omerta dont il a bénéficié : "Le fait que j'étais profondément admiré a empêché qu'elles partagent leur histoire. Ceux vers qui elles auraient pu se tourner ne voulaient pas en entendre parler." Une loi du silence qu'avait déjà expérimentée la journaliste de Vice Megan Koester.

"Je vais prendre un long moment pour écouter"

A l'heure où la puissance des hommes dans le monde du spectacle et, plus largement, dans le monde tout court, est mise en cause comme un facteur de mise en silence de leur victime, Louis C.K. se penche sur le sentiment d'impunité qui sert les prédateurs quand ils agissent, lui ne faisant pas exception. "Je ne pensais pas que je faisais ça [harceler sexuellement des femmes, ndlr] parce que ma position m'autorisait à ne pas penser de cette façon." 


Et l'humoriste de terminer : "J'ai passé ma carrière à parler de ce que je voulais. Je vais maintenant prendre du recul et prendre un long moment pour écouter".

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