Pour Isabelle Huppert, l'industrie du cinéma devrait "mieux protéger économiquement" les actrices

Pour Isabelle Huppert, l'industrie du cinéma devrait "mieux protéger économiquement" les actrices
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RÉACTION - Interrogée sur la façon dont l'industrie française du cinéma pourrait mieux protéger les femmes, l'actrice française plaide avant tout pour une meilleure protection économique, et pas seulement dans le monde du cinéma.

Du témoignage d'Adèle Haenel à l'affaire Roman Polanski, la grande famille du cinéma français se remet en question. A l'occasion des Assises de la parité organisées par le Collectif 50/50 organisées la semaine dernière, le gouvernement français a annoncé plusieurs mesures pour lutter contre les violences sexuelles dans le cinéma, notamment "la mise en place référents en matière de prévention et de détection des risques liés au harcèlement sexuel sur les tournages et pendant les promotions des films" et "la mise en place d'une "cellule d'alerte et d'écoute à destination des victimes de violence et de harcèlement sexuel et sexiste" dans le spectacle vivant". 

Interrogée sur ce sujet ce samedi dans un entretien à l'AFP accordé à la faveur d'un festival en Birmanie, Isabelle Huppert a estimé que l'industrie française du cinéma, secouée par des affaires de violences sexuelles, devrait mieux "protéger économiquement" les femmes : "Ça, c'est un bon début, une bonne approche. Mais ce n'est pas que dans le cinéma, c'est dans tous les domaines. Les femmes ont toujours été discriminées." 

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"J'ai toujours été féministe sans le savoir"

Lors de ces Assises, le ministre de la Culture, Franck Riester, a manifesté son soutien à la comédienne Adèle Haenel, soulignant le poids du silence et il a évoqué pour la première fois - sans le citer nommément - Roman Polanski, lançant que "l'oeuvre si grande soit-elle, n'excuse pas les éventuelles fautes de son auteur". De là à boycotter J'accuse, le dernier film du réalisateur ? Isabelle Huppert s'est prononcée par la négative : "Boycotter ? Non, je ne pense pas. C'est un problème qui est très très compliqué", a-t-elle dit, ne souhaitant pas s'exprimer davantage sur ce sujet.

Récompensée en 2017 d'un Golden Globe pour son rôle d'une femme violée dans Elle, de Paul Verhoeven, pour lequel elle a raté de peu l'Oscar, Isabelle Huppert a joué dans plus de 120 films : "Pratiquement tous mes films parlent de la condition féminine, de ce que ça veut dire d'être une femme qui se bat pour survivre", a-t-elle expliqué. "J'ai toujours été attirée par des personnages de femmes qui sont au centre (...), des femmes qui se révoltent, qui se libèrent, féministes. Je dirais que j'ai toujours été féministe sans le savoir", a-t-elle ajouté, appelant les femmes birmanes voulant travailler dans le cinéma à se lancer et croire en elles-mêmes, car "il faut déjà franchir tellement d'obstacles dans la vie qu'il ne faut pas s'en créer à soi-même".

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