Affaire Polanski : Emmanuelle Seigner dit "non merci !" à l'invitation des Oscars

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TRIBUNE - L'actrice Emmanuelle Seigner a décliné l'invitation de l'Académie des Oscars lui proposant de rejoindre le Collège de la prestigieuse cérémonie. En cause : l'expulsion de son mari, Roman Polanski, quelques semaines auparavant. Selon elle, cette exclusion du réalisateur, accusé de viol et d'abus sexuels, "satisfait l'air du temps".

Le mari expulsé, son épouse invitée. Emmanuelle Seigner, actrice française et femme du cinéaste Roman Polanski, dénonce dans une lettre ouverte publiée dans le JDD, ce dimanche 8 juillet, "l'insupportable hypocrisie" de l'Académie des Oscars. Conviée, à l'instar de nombreux autres personnalités du cinéma, à devenir membre du collège associé à la prestigieuse cérémonie, celle-ci a décliné l'invitation, non sans colère. Car en avril dernier, le réalisateur de 84 ans, accusé de viol et d'abus sexuels par plusieurs femmes, a été exclu de l'Académie. 

"Qui peut croire que je ne me sente pas concernée par l'égalité des femmes et des hommes ? Féministe, je le suis depuis toujours, mais comment puis-je faire semblant d'ignorer que l'Académie, il y a quelques semaines, a mis la à la porte mon mari, Roman Polanski, pour satisfaire l'air du temps" écrit-elle dans cette tribune. "Cette Académie pense probablement que je suis une actrice suffisamment arriviste, sans caractère, pour oublier qu'elle est mariée depuis vingt-neuf ans avec l'un des plus grands metteurs en scène. Je l'aime, c'est mon époux, le père de mes enfants. On le rejette comme un paria et d'invisibles académiciens pensent que je pourrais 'monter les marches de la gloire' dans son dos ?"

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Il regrette ce qui s'est passé il y a quarante ans- Emmanuelle Seigner

Mais Emmanuelle Seigner ne se contente pas de revenir, dans sa lettre ouverte, sur le paradoxe affiché par l'Académie. Elle aborde aussi "l'affaire qui a bouleversé la vie de [s]a famille depuis le 26 septembre 2009", jour de l'arrestation en Suisse de son mari. "Avec Roman, nous avons une fille et un garçon" écrit-elle. "Il a toujours été un père de famille et un mari exceptionnels. on le décrit depuis son emprisonnement en Suisse comme le pervers qu'il n'a jamais été. Je suis la seule à pouvoir témoigner à quel point il regrette ce qui s'est passé il y a quarante ans."

Et l'actrice de poursuivre : "Samantha Geimer, sa seule et unique victime, demande depuis des années le classement de l'affaire, mais les juges et les médias refusent de l'entendre (...) J'ai l'impression que, depuis les nazis de son enfance jusqu'à ces dernières années, on condamne Roman à fuir perpétuellement, sans la moindre volonté d'une partie des médias de regarder le dossier de sa vie avec des yeux clairs. (...) Aujourd'hui, Roman a purgé plus que le maximum de la peine encourue pour la faute commise."

Refus de clore les poursuites

A l'été 2017, un juge de Los Angeles a refusé de clore les poursuites pour agression sexuelle sur mineure contre Roman Polanski, malgré la demande expresse de la victime déclarée, Samantha Geimer. Pour échapper à une condamnation pour viol, le réalisateur avait plaidé "coupable" et reconnu avoir eu des relations sexuelles illégales avec une mineure, des années auparavant. Après 42 jours en détention, il avait été libéré et avait pris la fuite hors des Etats-Unis.

Depuis, d'autres femmes ont pris la parole. Une actrice indique notamment avoir subi un viol quand elle avait 16 ans. Une autre décrit des abus sexuels, datant de 1973. 

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