Agressions sexuelles sur mineurs : clap de fin pour Bryan Singer, le réalisateur de "Bohemian Rhapsody" ?

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POLÉMIQUE – Réalisateur de "Bohemian Rhapsody", le biopic à succès du groupe Queen, Bryan Singer, 53 ans, est accusé de multiples agressions sexuelles sur mineurs dans une enquête publiée cette semaine. Le nouvel épisode d’un vieux feuilleton qui embarrasse plus que jamais Hollywood.

C’est l’un des réalisateurs les plus puissants à Hollywood. Depuis "Usual Suspects" en 1995, Bryan Singer s’est imposé comme l’un des champions du box-office américain, avec en point d’orgue la saga "X-Men", dont il a tourné pas moins de cinq épisodes. Son dernier succès en date ? "Bohemian Rhapsody", le biopic du groupe Queen, qui cumule à ce jour plus de 800 millions de  dollars de recettes dans le monde. 

Si le film vient de décrocher 5 nominations à la prochaine cérémonie des Oscars, son metteur en scène ne devrait pas y assister. Flashback : le 4 décembre 2017, à trois semaines de la fin du tournage, Bryan Singer est congédié par la 20th Century Fox et remplacé par son collègue Dexter Fletcher. Des absences répétées du plateau, et des disputes récurrentes avec l’équipe, l’acteur Rami Malek notamment, auraient eu raison de leur collaboration.

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Ce que le studio ignore, à l’époque, c’est la plainte que va déposer trois jours plus tard un certain Cesar Sanchez-Guzman, qui affirme avec été violé en 2003 par le réalisateur, lorsqu’il avait 17 ans. Depuis le début de sa carrière, ce n’est pas la première fois que Bryan Singer est visé par ce type d’accusation. "Lorsque l’affaire Harvey Weinstein a éclaté, tout le monde pensait qu’il serait le prochain", déclare sous couvert d’anonymat un acteur de premier plan dans une enquête qui vient de paraître sur le site du média américain "The Atlantic".

Pendant près d’un an, les journalistes Alex French et Maximilian Potter ont recueilli les témoignages de 50 personnes, dont quatre hommes qui ne s’étaient jamais exprimé auparavant. L’un d’eux, âgé de 18 ans au moment des faits, décrit Bryan Singer comme "un prédateur sexuel qui assommait les gens d’alcool et de drogues afin d’avoir des relations sexuelles". Tous évoquent la complaisance des gens du métier à l’égard du cinéaste, qui a toujours nié les faits. Et qui continue de le faire. 

Je ne suis pas surpris que ce papier homophobe nauséabond sorte en ce moment, afin de profiter du succès de "Bohemian Rhapsody"- Bryan Singer

Alors que la plainte de Cesar Sanchez-Guzman est toujours entre les mains de la justice, Bryan Singer vient de publier un communiqué virulent suite à la parution de l’enquête de The Atlantic. "Cet article ne fait que remâcher des accusations fictives par un groupe de gens qui mentent pour l’argent ou pour faire parler d’eux", écrit le cinéaste. "Je ne suis pas surpris que ce papier homophobe nauséabond sorte en ce moment, afin de profiter du succès de "Bohemian Rhapsody" dans la course au prix", ajoute un personnage dont le cas divise plus que jamais la profession. 

Si son nom figure finalement au générique du film, son absence dans les nominations aux Golden Globes, puis aux Oscars, sonne comme une sanction de la part des organisateurs de ces cérémonies. Et ce n’est sans doute qu’un début. Ce vendredi, la direction des GLAAD Media Awards, la cérémonie organisée par l’association de défense LGBT du même nom, a décidé de retirer "Bohemian Rhapsody" des nominations de la prochaine édition. Au-delà, c’est la carrière même du cinéaste âgé de 53 ans qui commence à être sérieusement remise en question.

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Ces dernières heures, Millenium Films, la société de production qui l’a engagé pour diriger le blockbuster "Red Sonja", serait inondée d’appels réclamant son éviction. Ce que refuse pour l'instant Avi Lerner, son patron, qui dans un communiqué loue "la remarquable vision" de Bryan Singer et invite à "faire la différence entre les fake news et la réalité. En Amérique les gens sont innocents jusqu’à preuve du contraire."

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