Amy Schumer : la "girl next door" qui fait rire l’Amérique nous a conquis avec son livre

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ON A ADORÉ – L’humoriste américaine, passée du stand-up au grand écran, fait une halte à Londres ce dimanche dans le cadre de sa tournée européenne. L’occasion pour LCI de se plonger dans "The Girl With The Lower Back Tatoo", le bouquin qui "n’est pas son autobiographie". Mais en dit quand même beaucoup sur elle, avec la verve qu’on lui connaît.

Désolée Lorie, on a trouvé une nouvelle meilleure amie. Elle est blonde, comme toi. Mais elle parle anglais, a grandi de l’autre côté de l’Atlantique et distille depuis plusieurs années son humour trash mais tellement vrai dans les meilleures salles de spectacles des Etats-Unis. Avouons-le, avant le très réussi Crazy Amy l’an dernier, le nom d’Amy Schumer ne nous disait rien. "Je n’avais joué dans aucun film avant donc j’étais virtuellement inconnue dans les autres pays", semble acquiescer la jeune femme de 35 ans. Dans The Girl With The Lower Back Tatoo (La fille tatouée dans le bas du dos, ndlr), la pétillante blonde jure de nous dire toute la vérité, rien que la vérité dans ce livre qui n’est pas, elle l’assure, "[son] autobiographie". Et c’est vrai qu’elle n’omet rien. 

Tantôt touchante, tantôt trash et provocante, elle parle avec la franchise de la bonne copine qui vous raconte son mauvais plan cul de la veille. Même si elle assure n’en avoir eu qu’un, qui fait d’ailleurs l’objet du troisième chapitre. "J’ai été élevée sans limites", raconte-t-elle. Dès le deuxième chapitre, elle écrit "une lettre ouverte à [son] vagin", à qui elle demande pardon avant de lui dire "de rien". Dans "Ce que vous ne savez pas sur moi", elle parle sodomie, éjaculation – "jamais sur le visage mais le reste de mon corps a été couvert" - et pâtes au parmesan. Et au fil des pages, elle égrène le nom de ses conquêtes. Neal le prof de sport au look aussi soigné que son appartement est sale, Ben, son petit ami actuel, un joueur de hockey au sexe le plus gros qu’elle n’ait jamais vu ou encore ce rockeur hyper connu, dont elle tait le nom et dont elle est fière de dire qu’elle est "le pire coup d’un soir" qu’il ait eu.

Elle use de l’autodérision quand il s’agit d’évoquer son physique, taclant ceux qui la qualifient de "grosse, laide et sans talent sur Internet". Enfant, elle "ressemblait plus à un carlin qu’à un bébé". Son corps "a la forme d’un cactus" et "sans maquillage, [elle] ressemble à Charlize Theron dans Monster". "J’ai l’air idiote quand je suis maigre", s’amuse-t-elle. "Je suis courageuse (…). Je sais ce que je vaux. J’embrasse mon pouvoir. Je dis si je suis belle. Je dis si je suis forte. Vous ne déterminerez pas mon histoire. Je le ferai", poursuit-elle, se payant au passage les magazines de mode et l’expression "grandes tailles" qui suggère qu’"au-delà qu’une certaine taille, c’est différent et mal".

Je sais ce qui est important pour moi, et c'est ma famille- Amy Schumer

C’est toujours avec le même naturel qu’elle évoque son parcours. De sa première scène dans un petit club de New York à l’âge de 23 ans à "l’un des plus grands moments de [sa] carrière", son passage dans l’émission culte Saturday Night Live, en passant par sa participation à Last Comic Standing, le télécrochet de l’humour, et sa série Inside Amy Schumer, diffusée depuis 2013 sur Comedy Central. Sans oublier Crazy Amy, son premier long-métrage donc, dont elle a également signé le scénario en s’inspirant largement de sa vie. Un film qui est "de plusieurs manières une lettre d’amour à [son] père", Gordon, atteint de la sclérose en plaques. Ce père alcoolique et toujours très bronzé à qui elle voue une adoration sans limite.

"Je sais ce qui est important pour moi, et c’est ma famille", affirme-t-elle. Sa sœur cadette Kim, son frère aîné Jason, sa nièce et sa belle-sœur sont cités à de multiples reprises. Ses parents ont chacun un chapitre. "J’avais 14 ans quand mon père s’est chié dessus dans un parc d’attractions", écrit-elle pour évoquer les premiers symptômes de la maladie de son père. Elle se souvient également de l’année de ses 13 ans, quand sa mère a quitté son père pour celui de sa meilleure amie Mia. "Etre l’enfant d’un père alcoolique et d’une mère 'je ne sais pas trop quoi' m’a rendue totalement incapable de croire que les gens que j’aimais ne me quitteraient pas ou ne me blesseraient pas d’une manière que je ne pensais pas possible", lâche-t-elle.

Je raconte cette histoire parce que je suis une putain de femme forte, pas quelqu'un dont on pourrait penser qu'elle est "une femme battue"- Amy Schumer

Derrière les sourires, se cachent des histoires plus sombres. Comme le fait d’avoir perdu sa virginité sans trop le vouloir, Jeff, son petit-ami de l’époque, ayant choisi de la pénétrer alors qu’elle dormait. Elle raconte également "la pire nuit de sa vie", lors de laquelle elle a dû fuir Dan, son petit-ami violent. "Je raconte cette histoire parce que je suis une putain de femme forte, pas quelqu’un dont on pourrait penser qu’elle est 'une femme battue'". "Mais ça peut arriver à tout le monde", souligne-t-elle, donnant des chiffres très précis sur les violences conjugales aux Etats-Unis. 

Le passage le plus poignant arrive alors qu’elle rend hommage à Mayci Breaux, 21 ans, et Jillian Johnson, 33 ans, tuées lors d’une fusillade dans cinéma de Louisiane pendant une projection de Crazy Amy. Le seul évènement dans sa vie sur lequel elle n’a pas essayé de faire de l’humour. "J’adore faire rire les gens et je suis reconnaissante de pouvoir le faire. Mais quand une injustice me touche profondément, j’en parle. Et je vous suggère de faire de même", écrit-elle. Invitée à Washington par le président Barack Obama, elle milite désormais pour un meilleur contrôle des armes à feu. Et soutient avec vigueur Hillary Clinton dans la course à la Maison-Blanche. Notre seul regret ? Qu'elle ne fasse pas une halte par Paris, comme l'a fait son collègue Louis CK le mois dernier. Le message est passé.

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