Angelina Jolie s'engage contre les violences sexuelles durant les conflits

Angelina Jolie s'engage contre les violences sexuelles durant les conflits
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HUMANITAIRE – L'actrice Angelina Jolie et le chef de la diplomatie britannique ont ouvert un sommet sur les violences sexuelles pendant les conflits et le viol utilisé comme arme de guerre. Une initiative sans précédent saluée par le Pape François.

Un sommet "sans précédent". Ce mardi, Angelina Jolie, ambassadrice de bonne volonté auprès du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés et William Hague ont ouvert à Londres l'un des plus grands événements jamais consacré au sujet douloureux que sont les violences sexuelles et le viol utilisé comme "arme de guerre".

Un sommet réunissant jusqu'à vendredi des délégations d'une centaine de pays, des représentants gouvernementaux ainsi que des ONG, des religieux, des experts militaires et juridiques, des associations humanitaires et des membres de la société civile. Parmi eux, 48 ministres des affaires étrangères ainsi que des victimes, des témoins et des acteurs de terrain.

Des chiffres accablants 

Cette initiative, saluée par le pape François sur son compte Twitter, "sera la plus importante concentration d'efforts, de discussions et de décisions de l'histoire du combat contre les violences sexuelles pendant les conflits", a souligné William Hague, rapporte l'AFP. A son arrivée mardi au sommet, William Hague a évoqué un "nouveau protocole international" pour mieux répertorier, poursuivre ces crimes et voir comment on peut changer la législation de certains pays, améliorer la formation des militaires et développer le soutien aux victimes.

Car les chiffres sont accablants pour la communauté internationale. Selon les Nations Unies, 36 femmes et filles sont violées chaque jour en RDC où on estime à plus de 200.000 le nombre de femmes ayant souffert de violences sexuelles depuis 1998. Entre 250.000 et 500.000 femmes ont été violées au cours du génocide du Rwanda de 1994. Plus de 60.000 lors du conflit en Sierra Léone. Et au moins 20.000 pendant le conflit en Bosnie au début des années 1990.

Les lycéennes enlevées par Boko Haram au centre des débats 

Vendredi, John Kerry sera également présent à ce sommet car le sujet est "un combat personnel" pour le secrétaire d'Etat américain. Selon ce dernier, il faut commencer par considérer le viol en temps de guerre comme "un crime international majeur et plus seulement comme la conséquence inévitable de tout conflit".

"Il faut ensuite convaincre chaque gouvernement de refuser de servir de refuge à ceux qui ont commis ces actes infâmes". Ce dernier point "devrait être un des héritages principaux du sommet de Londres", a insisté John Kerry. Lors de ce sommet, les lycéennes enlevées par Boko Haram au Nigeria ne seront pas oubliées. Hague accueillera d'ailleurs jeudi son homologue nigérian, ainsi que des représentants des états voisins du Bénin, du Tchad, du Cameroun et du Niger. 

"Cette journée, elle est pour elle"

En février dernier à Washington, le ministre britannique avait raconté comment il avait été inspiré par Angelina Jolie et son film datant de 2011, "Au pays du sang et du miel", sur la guerre en Bosnie, pour la tenue de ce sommet. Tous deux s'étaient ensuite rendus sur place, en Bosnie, en mars. Ils y avaient rencontré des femmes victimes de viols pendant la guerre intercommunautaire.

"Sur le chemin pour venir ici, nous avons parlé des femmes que nous avons rencontré lors de notre dernier voyage, a raconté l'actrice mardi. En particulier de cette femme qui n'a pas encore réussi à dire à son enfant qu'elle avait été violée, tellement elle se sent humiliée. On s'est demandé ce qu'elle pouvait penser d'une journée comme celle-ci. Cette journée, elle est pour elle."

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