Appel au vote, aide à l'Australie et icône LGBT : des Golden Globes 2020 très politiques

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L'Australie dévorée par les flammes

SUR LE FRONT - Les comédiens mis en lumière par la cérémonie des Golden Globes, dimanche 5 janvier, ont profité de leur passage au micro pour délivrer des messages dépassant le domaine culturel. Une tribune télévisuelle pas comme les autres.

Ricky Gervais leur avait pourtant demandé de s'abstenir. "Si vous gagnez un prix ce soir, n'en faites pas une plateforme pour un discours politique. Vous ne pouvez faire la leçon au public à propos de rien. Vous ne connaissez rien du vrai monde. La plupart d'entre vous a passé moins de temps à l'école que Greta Thunberg", avait lâché le comédien britannique chargé d'animer les Golden Globes dimanche 5 janvier.

Mais ils sont peu à l'avoir écouté, cette 77e édition ayant donné lieu à de puissantes prises de parole sur des sujets d'ailleurs pas si différents. Le mot d'ordre ? Prendre ses responsabilités pour tenter de faire reculer le monde actuel du précipice au bord duquel il se trouve. Rattrapée par l'actualité, l'antichambre des Oscars a réservé aux téléspectateurs quelques moments forts.

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L'Australie dans tous les esprits

Les images dévastatrices occupent les écrans de toutes les chaînes depuis des semaines. Des flammes à n'en plus finir qui ont ravagé une superficie équivalente à deux fois celle de la Belgique, tué 24 personnes et plus de 500 millions d'animaux. Les incendies qui frappent l'Australie ont été mentionnés à de nombreuses reprises lors des Golden Globes. Sacré pour la mini-série "The Loudest Voice", Russell Crowe a préféré rester sur place "pour protéger sa famille". "Ne vous méprenez pas : la tragédie qui se déroule en Australie est due au changement climatique. Nous devons agir en nous basant sur la science, passer aux énergies renouvelables et respecter notre planète comme l'unique et incroyable endroit qu'elle est. De cette manière, nous aurons tous un futur", a martelé l'acteur néo-zélandais dans un message lu par Jennifer Aniston.

Pierce Brosnan et Ellen DeGeneres ont également eu une pensée pour la population australienne. Quant à Cate Blanchett, née à Melbourne, elle a tenu à remercier les pompiers volontaires qui luttent chaque jour contre les flammes. Joaquin Phoenix, meilleur acteur dans un film dramatique, a été dans le même sens au moment de livrer ses remerciements. Même s'il s'est montré plus confus. "Je ne veux pas jouer les trouble-fêtes, mais la fête est déjà gâchée", a déclaré l'interprète du Joker dans le film du même nom. 

"C'est super que certains aient envoyé leurs bons vœux à l'Australie mais il faut faire plus que ça (...). Je crois qu’ensemble, nous pouvons nous unir et faire quelques changements. C’est super de voter mais il faut aussi prendre nos responsabilités nous-mêmes et faire des changements et des sacrifices dans nos propres vies. Nous n'avons pas besoin de prendre des jets privés pour Palm Springs, s'il vous plaît. Je vais essayer d'être meilleur et j'espère que vous aussi", a-t-il assuré alors que la musique de fond lui indiquait que son temps était écoulé. 

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Couronnée pour "Flea", l'actrice Phoebe Waller-Bridge a annoncé en conférence de presse qu'elle mettrait aux enchères le smoking Ralph and Russo qu'elle portait durant la cérémonie aux Golden Globe pour recueillir des fonds en faveur de l'Australie.

Aux urnes citoyens

Le vote, voilà un droit crucial que Patricia Arquette a été la première à mettre en avant dimanche soir. L'actrice américaine, qui fait de chacun de ses discours une tribune politique, n'a pas mâché ses mots au moment de recevoir le Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle dans une mini-série pour "The Act". "Cette soirée du 5 janvier ne restera pas dans les manuels d'histoire. On se souviendra plutôt d'un pays qui est au bord de la guerre, d'un président qui menace dans un tweet de bombarder 52 sites, dont des sites culturels. Des jeunes gens risquent leur vie en voyageant à travers le monde, les gens ne savent pas si ces bombes font tomber sur la tête de leurs enfants", a insisté la comédienne alors que les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran ont grimpé de plusieurs crans après la mort du général Qassem Soleimani.

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"Je nous supplie tous de donner un meilleur monde à nos enfants et à leurs enfants. Nous devons voter en 2020. Et nous devons faire en sorte, supplier et implorer que tout le monde vote en 2020", a-t-elle ajouté avec, dans sa ligne de mire, la présidentielle de novembre prochain. Un message repris par la suite par Michelle Williams, qui avait déjà impressionné avec un discours percutant sur l'égalité salariale lors des Emmy Awards. L'ex-star de "Dawson", récompensée pour la série "Fosse/Verdon", a rappelé l'importance pour une femme d'utiliser son droit de choisir, "de choisir quand avoir ses enfants et avec qui". "Chères femmes, quand il sera le temps de voter, faites en sorte que ce soit dans votre intérêt. C'est ce que les hommes font depuis des années, c'est pour ça que le monde leur ressemble tant. N'oublions pas que nous sommes le groupe d'électeurs le plus important de ce pays. Faisons en sorte qu'il nous ressemble un peu plus", a clamé la future maman, dans un réquisitoire implicite contre Donald Trump. Une sortie forcément applaudie avec vigueur par l'assistance.

Attaques frontales

Il lui a suffi d'une phrase pour cibler celui contre qui il se bat depuis des mois. Sacha Baron Cohen a été invité sur scène pour présenter le film "Jojo Rabbit", nommé deux fois dimanche. "Le héros du prochain film est un enfant naïf et abusé qui propage une propagande nazie et n'a que des amis imaginaires. Son nom est Mark Zuckerberg", a glissé la star de "Borat" avant de poursuivre face aux rires de la salle : "Désolé, désolé. C'est une vieille introduction de 'The Social Network'", le film de David Fincher consacré au fondateur de Facebook.

En novembre déjà, le comédien britannique accusait le réseau social de faciliter la propagation de la haine raciale et antisémite en ne filtrant aucun contenu sur certains groupes. Ajoutez à ça les attaques de Ricky Gervais à l'hypocrisie hollywoodienne qui a fermé les yeux sur les agissements de Harvey Weinstein et de Jeffrey Epstein, et vous obtiendrez une assez bonne idée de l'ambiance de la soirée. Plus décapante que bon enfant.

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Le sacre d'une icône LGBT

Son nom a depuis longtemps traversé les frontières des Etats-Unis. Ellen DeGeneres a pourtant bien cru que sa carrière était finie quand elle a choisi de faire son coming-out en 1997. La prise de parole de l'humoriste lui a d'abord fait perdre de nombreux contrats mais a aidé de nombreux jeunes homosexuels à s'accepter. Parmi eux, une certaine Kate McKinnon, star du Saturday Night Live, qui a remercié publiquement la populaire animatrice du rôle qu'elle a joué dans sa vie avant de lui remettre le prix d'honneur Carol Burnett pour l'excellence télévisuelle. Une séquence très émouvante.

Retrouvez l'ensemble du palmarès dans notre direct de la cérémonie.

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