Asia Argento dans Clique : "J'ai passé une année de merde"

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Hollywood : le scandale Harvey Weinstein

EXPLICATION - Invitée de "Clique Dimanche" sur Canal +, l'actrice italienne a qualifié de "geste kamikaze" son discours anti-Weinstein lors du dernier Festival de Cannes. Et s'est rapidement agacée au moment d'être interrogée sur les accusations d'agression sexuelle faites à son encontre par Jimmy Bennet.

Des mois qu'on ne l'avait pas vue à la télévision française. Depuis mai et son puissant discours prononcé lors de la cérémonie de clôture du dernier Festival de Cannes. Asia Argento était dimanche 9 décembre l'invitée de "Clique Dimanche" aux côtés de son ami Nicolas Sirkis, le leader du groupe Indochine pour qui elle a réalisé le clip de "La Vie est belle". Le duo commence par parler de ses projets artistiques communs puis évoque la crise des Gilets jaunes et le Mouvement 5 étoiles en Italie. 

Asia Argento est ensuite interrogée sur cette prise de parole qui a marqué les esprits sur la Croisette et ailleurs. "En 1997, j'ai été violée ici par Harvey Weinstein", avait-elle lancé face à un public médusé. Elle en parle aujourd'hui comme d'un "geste kamikaze, suicidaire". Elle raconte que "ce n'était pas [son] idée de raconter ce qui s'est passé avec Weinstein. C'est le journaliste qui m'a appelée parce qu'il savait. J'avais déjà fait un film dessus quand j'avais 23 ans." Elle fustige par la suite le tournant qu'a pris les mouvements #MeToo et Time's Up. "C'est devenu quelque chose de très important puis Hollywood a tout bouffé. C'est devenu une franchise, un pin's qu'on met sur les tapis rouges. Ils ont diminué l'impact en l'amenant dans un côté business, pas révolutionnaire", regrette-t-elle.

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Puis viennent les questions sur un sujet qu'elle avait pourtant refusé d'aborder en début d'émission : l'affaire Jimmy Bennett, du nom de ce comédien qui l'a accusée d'agression sexuelle quand il avait 17 ans. Après l'avoir nié, Asia Argento a reconnu avoir eu un rapport sexuel avec lui. "Je n’ai pas envie de parler de ça, je suis venue parler de la musique. J’ai passé une année de merde, mon compagnon s’est suicidé", martèle-t-elle, évoquant la disparition de l'animateur télé américain Anthony Bourdain qui s'est donné la mort en juin. Une des journalistes en plateau tente de faire un rappel des faits mais ne peut poursuivre à propos des accusations. "Je n’ai pas envie de parler de ça avec vous, je ne vous connais pas (...). Vous êtes obligé de me demander, c’est mon droit de ne pas m’en parler (...). Je ne suis pas venue ici pour me faire mal", ajoute l'actrice italienne.

Avant qu'elle ne s'excuse, j'ai vécu avec les gens qui me disaient sur les réseaux sociaux que j'étais pédophile- Asia Argento sur son ancienne amie Rose McGowan

Asia Argento revient ensuite sur sa plus grande déception, provoquée par "une actrice qui était devenue copine, qui se disait ma soeur". Rose McGowan, qui accuse elle aussi Harvey Weinstein d'agression sexuelle, "a vendu mes textos à un truc pourri de gossip (potins en anglais, ndlr), pour l'argent". "Après, elle s'est excusée mais avant qu'elle ne le fasse, j'ai vécu avec les gens qui me disaient sur les réseaux sociaux que j'étais pédophile", relate-t-elle, le visage grave. 

Pendant cette année "vide", elle a trouvé le salut auprès de Nicolas Sirkis avec qui elle a partagé la scène à trois reprises. "Les seules fois où j'étais heureuse, c'est quand j'étais avec lui et Indochine, quand j'ai chanté avec eux", explique-t-elle. "Elle avait besoin de capter un peu d'énergie positive", acquiesce le chanteur.

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Si c'était à refaire, reprendrait-elle la parole contre le producteur déchu ? "Si j’ai pu aider quelques femmes à parler, même à elles-mêmes, alors j’ai fait quelque chose de bien. Heureusement que je ne dois pas refaire quelque chose que j’ai déjà fait, la vie continue. Elle est belle mais trop longue pour moi", répond Asia Argento qui ne rêve que d'une chose pour 2019 : "Laissez-moi tranquille, j'ai besoin de vivre". 

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