"Même si j’ai plein de raisons de ne pas y croire, j’y crois quand même" : Bernard Tapie se confie sur son cancer

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DÉTERMINÉ - Dans un entretien accordé à Nice-Matin publié ce lundi, Bernard Tapie revient sur sa difficile lutte avec la maladie, lui qui est atteint d'un cancer de l'estomac depuis l'automne dernier. Bien qu'affaibli, l'ancien boss de l'OM croit en sa guérison.

Dans une interview parue ce lundi dans Nice-Matin et Var-Matin, Bernard Tapie se confie une nouvelle fois sur sa maladie (ndlr: un cancer de l'estomac) et sur l'attention qu'elle provoque dans les médias depuis plusieurs mois. Même s'il ne le dit pas explicitement, l'ancien homme d'affaires se fait le porte-parole des malades du cancer: "Il est clair que depuis ma maladie, j’ai fait naître, non seulement auprès des malades mais aussi de leur entourage, des questions et des raisons d’espérer. J’ai, à leurs yeux, une légitimité pour partager mon expérience et en parler. Imaginez si j’avais fait la même émission avec Laurent Delahousse sans être malade moi-même… "

Dans cet entretien, Tapie pointe du doigt le traitement que subissent les personnes touchées par cette maladie, notamment le manque de considération : "On laisse les malades complètement absents de tout, vous n’imaginez pas! Les personnels soignants sont complètement débordés. Une fois qu’ils ont eu leur traitement, les malades se retrouvent seuls face à leurs inquiétudes. La parole de quelqu’un qui est dans leur situation a plus de valeur. Je sens, plus que tout autre, ce qu’il faut leur dire, en mon âme et conscience."

Alors que l'Olympique de Marseille, dont il fut le propriétaire et illustre président dans les années 1990, entrevoit une cinquième finale de coupe d'Europe après sa demi-finale aller de Ligue Europa remportée face au Red Bull Salzbourg jeudi (2-0),  Tapie fait le parallèle entre cette épopée et sa bataille contre la maladie: "Je laisse aux journalistes la responsabilité de leurs titres, mais celui-là me va bien (ndlr : en référence au titre 'Oui, j'y crois' de son interview à La Provence jeudi concernant l'OM). Même si j’ai plein de raisons de ne pas y croire, j’y crois quand même. Ce n’est pas de la méthode Coué, ce n’est pas vraiment mon genre. Je crois à Dieu, mais pas au père Noël."

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"Dès que ma santé me permettra de voyager, c’est un des premiers endroits où j’irai", déclare également l'homme âgé de 75 ans concernant le stade Vélodrome dans l'entretien accordé à Nice-Matin. Tapie a également tenu à remercier ses proches et les nombreux soutiens dont il a fait l'objet depuis l'annonce de sa maladie: "Les marques d’estime et d’amour sont très utiles dans le processus d’une maladie. Ce combat, à mon âge, je n’aurais pas forcément envie de le mener, car il est vraiment très dur, mais quand on sent qu’il a une importance pour les autres, votre famille, vos amis, et pas seulement pour vous, vous le menez sans retenue."

Enfin, l'ancien patron d'Adidas a fustigé l'attitude du ministre des Finances, Bruno Le Maire concernant l'arbitrage du conflit avec le Crédit Lyonnais. "Le ministre des Finances est très au courant de la situation dans laquelle je suis et est parfaitement lucide quant aux conséquences que cela a sur ma maladie. Or il ne me lâche pas ! Il ne me lâche pas un jour! Il a laissé le CDR (ndlr : le consortium de réalisation, structure chargée de gérer le passif du Crédit Lyonnais) tenter de me mettre en liquidation des biens alors que ça n’était pas recevable. Il a laissé insulter le tribunal qui avait refusé ma liquidation. C’est la vérité. On me laisse crever en accélérant des processus illégaux contre moi", a-t-il dénoncé avant d'ajouter : "Je ne peux pas croire que le président de la République puisse laisser faire une chose pareille."

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