"Bertolucci c'est aussi le viol atroce de Maria Schneider" : Benjamin Biolay dénonce l’hypocrisie des hommages au réalisateur disparu

People

ÉNERVÉ – Benjamin Biolay a poussé un coup de gueule sur Instagram après la vague d'hommages qui a suivi la mort de Bernardo Bertolucci. Il a rappelé le lourd passé du réalisateur italien, qui n'a pas hésité à maltraiter et humilier son actrice principale dans "Le dernier tango à Paris".

Il ne supporte pas l'hypocrisie. Face à la vague d'hommages qui a déferlé sur Instagram après la mort de Bernardo Bertolucci, Benjamin Biolay a tenu à rappeler que le réalisateur italien n'était pas un enfant de chœur, loin de là. "Cher Instagram, sois un peu cohérent. Bertolucci c'est aussi le viol atroce et indélébile subie par la merveilleuse Maria Schneider durant le tournage du dernier tango", a publié le chanteur en légende d'un cliché de Maria Schneider.

"C'est bien gentil de se peindre un point sur la main. Ça l'est moins 48 heures après de faire l'apologie d'un chantre des violences faites aux femmes", a poursuivi Benjamin Biolay en référence au "Black Dot Campaign", cette campagne lancée en 2015 par une ex-victime de violences conjugales, qui a eu l'idée d'inciter les victimes de ce fléau à dessiner un point noir sur leur main pour demander discrètement de l’aide.

Lire aussi

En décembre 2016, dans la version américaine du magazine "Elle", Bernardo Bertolucci avait admis qu'il avait orchestré la scène de viol de l'actrice Maria Schneider dans le film "Le dernier Tango à Paris". Il n'avait pas jugé bon de prévenir la comédienne car il voulait sa réaction "en tant que femme et pas en tant qu'actrice. Pour obtenir quelque chose, je pense que vous devez être complètement libre. Je ne voulais pas qu'elle joue l'humiliation et la rage, je voulais que Maria la ressente", avait-il expliqué.

Pour ceux qui n'auraient pas vu le film, dans la séquence en question, on voit le personnage de Maria Schneider violé, sodomisé dans une cuisine avec une motte de beurre en guise de lubrifiant. Bien qu'il n'y ait pas eu de scène de sexe réel dans le film avec Marlon Brando, Maria Schneider a expliqué à diverses reprises qu'elle avait été traumatisée par cet événement. La folie médiatique qui s'en est suivie a poussé la comédienne dans une spirale infernale. "Je suis tombée dans les drogues - marijuana, cocaïne, LSD et héroïne - c'était une façon de fuir la réalité", avait confié au Daily Mail la comédienne décédée en 2011 d'un cancer du sein. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter