Casey Affleck, accusé de harcèlement sexuel, explique son silence sur le mouvement #MeToo

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PRISE DE PAROLE - L'acteur américain s'est rarement exprimé sur les accusations dont il a fait l'objet il y a de cela neuf ans. Invité du podcast du comédien Dax Shepard, il a expliqué pourquoi il avait préféré "rester silencieux" sur le mouvement #MeToo et s'excuse une nouvelle fois de l'environnement de travail "peu professionnel" qu'il a contribué à créer pour ses deux victimes présumées.

Son absence avait été remarquée lors de la première cérémonie des Oscars post-#MeToo. Sacré meilleur acteur début 2017, alors que d'anciennes accusations de harcèlement sexuel contre lui refaisaient surface, Casey Affleck avait renoncé à remettre la statuette de la meilleure actrice l'année suivante. Il s'est depuis montré discret sur le sujet et ne s'est que rarement exprimé sur ce mouvement de libération de parole des femmes né de l'affaire Harvey Weinstein, qui a éclaté en octobre 2017.


Un mouvement qu'il soutient à 100%. "Qui pourrait ne pas le faire ?", se demande-t-il dans une discussion avec le comédien Dax Shepard pour le podcast Armchair Expert publié le 5 août. Mais il reconnaît que c'est "très très dur d'en parler et ça m'effraie, surtout parce que les valeurs du mouvement sont au cœur de moi, elles font partie de celles avec lesquelles j'ai été élevé". "J'ai grandi avec une mère qui ne nous laissait pas regarder 'Shérif fais-moi peur' quand on avait 8 ans parce que c'était sexiste", se souvient-il.

Je me suis dit que la meilleure chose à faire, c'était de rester silencieux pour que je n'ai pas l'air d'être en opposition avec quelque chose que je voulais vraiment défendreCasey Affleck

Il regrette la manière dont certains le perçoivent parfois, totalement "contraire à ce qu'il est". "Donc ça a été frustrant", dit-il. Ne pas s'exprimer sur #MeToo "a été difficile parce que je voulais vraiment lui apporter mon soutien mais je me suis dit que la meilleure chose à faire, c'était de rester silencieux pour que je n'ai pas l'air d'être en opposition avec quelque chose que je voulais vraiment défendre", poursuit-il, évoquant la situation "difficile" dans lequel il se trouve. "Surtout si vous voulez vraiment être du côté de ceux qui sont le plus en colère et que cette colère est dirigée vers vous", poursuit-il.

Casey Affleck a été la cible de deux plaintes émanant de femmes ayant travaillé sur son faux documentaire "I'm Still Here" en 2010. L'une des plaignantes, la productrice Amanda White, avait affirmé que l'acteur lui avait fait à plusieurs reprises des avances sexuelles sur leur lieu de travail. Une fois, il se serait même montré violent parce qu'elle aurait refusé de passer la nuit avec lui. La deuxième plaignante, Magdalena Gorka est directrice de la photographie. Elle a expliqué avoir été victime d'un harcèlement sexuel régulier de la part de Casey Affleck, ainsi que d'autres personnes du tournage, encouragées selon elle par le réalisateur. Elle a par ailleurs assuré que ce dernier s'était glissé une nuit dans son lit, sans y avoir été convié, alors qu'elle dormait. 


L'affaire s'était soldée par un accord financier dont le montant n'a pas été dévoilé et dans lequel le réalisateur n'admettait pas sa culpabilité. "J'ai agi et j'ai permis à d'autres d'agir d'une manière qui était vraiment peu professionnel", avait-il confessé dans une interview accordée à AP en août 2018. "Je n'avais jamais été l'objet de telles plaintes et c'était très embarrassant. Je ne savais pas comment gérer ça et je n'étais pas d'accord avec tout, avec la manière dont j'ai été décrit et avec ce qui a été dit sur moi", avait-il déclaré.

Des propos qu'il a maintenus auprès de Dax Shepard. "La leçon que j'ai apprise très humblement c'est que j'étais le producteur, j'étais techniquement le chef", a-t-il déclaré, qualifiant le tournage de "gros bordel" où personne ne savait exactement quoi faire. "Ce n'est pas quelque chose que je referai", a-t-il affirmé, assurant qu'il serait désormais "beaucoup plus sensible à l'espace de travail" et au bien-être de ses équipes. 

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