Dérapage raciste de Brigitte Bardot sur les Réunionnais : le préfet saisit la justice, la ministre Girardin répond à l'ex-actrice

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JUSTICE - Le préfet de La Réunion a saisi mercredi matin le procureur de la République après les propos injurieux de Brigitte Bardot à l'encontre des Réunionnais, tenus dans une lettre relative à la maltraitance animale sur l'île. Le gouvernement et l'Assemblée nationale ont condamné ces déclarations dans l'après-midi.

Brigitte Bardot bientôt devant les tribunaux ? Dans un courrier en date du 18 mars rendu public ce mardi, l’ex-icône du cinéma français écrivait au préfet de la Réunion pour dénoncer la maltraitance animale sur l’île. Accusant, entre autres, "les autochtones" d’avoir "gardé leurs gènes de sauvages", elle critiquait "une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches."

"Le racisme n'est pas un opinion"

"Cette lettre comporte des termes injurieux et racistes à l'égard des habitants de La Réunion", indique ce mercredi le préfet de l’île dans un communiqué, en condamnant "fermement" ces propos "inacceptables". "Cette lettre étant susceptible d'être constitutive d'un délit, le préfet de La Réunion a saisi ce matin le procureur de la République de Saint-Denis au titre de l'article 40 du Code de procédure pénale", ajoute-t-il.


Cette réponse a été saluée par la ministre des Outre-Mer Annick Girardin, qui s'est fendue d'une lettre ouverte à son tour, accusant Brigitte Bardot "d'afficher [sa] haine et [son] racisme". "La défense de la cause animale ne justifie en rien les propos que vous avez tenus", a poursuivi la ministre du Parti radical de gauche. Et de rappeler à l'ex-actrice : "Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit".

Brigitte Bardot, 84 ans, a été condamnée à cinq reprises pour incitation à la haine raciale. Dès mardi, ses propos à l’encontre des habitants de la Réunion avaient été condamnés par plusieurs personnalités dont la ministre des Outre-mer Annick Girardin, actuellement en visite sur l’île. "Le racisme ordinaire n'a pas sa place dans le débat d'idées", avait-elle notamment réagi sur Twitter.


Ce mercredi, les déclarations injurieuses de l'actrice ont animé l'Assemblée. Interpellé par le député de la Réunion Jean-Hugues Ratenon (LFI), qui a fait part de son "indignation" lors des questions au gouvernement, le secrétaire d'Etat chargé du Logement Julien Denormandie a condamné "au nom du gouvernement, de la manière la plus solennelle possible, de la manière la plus ferme possible, ces propos indignes". Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a, lui, assuré que "l'ensemble de cet hémicycle ne peut avoir qu'un sentiment de mépris" à l'égard de ces propos, sous les applaudissements debout de l'ensemble des députés. 

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