En dépit des polémiques, Roman Polanski reste membre de l'Académie des César

En dépit des polémiques, Roman Polanski reste membre de l'Académie des César
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MALAISE - Le cinéaste franco-polonais Roman Polanski fait partie des membres historiques de l’Académie des César qui ont été reconduits, à sa demande, au sein de l’Assemble générale qui élira la future direction. De quoi nourrir de nouvelles polémiques dans les prochaines semaines.

Voilà une nouvelle qui risque de raviver les tensions au sein de la grande famille du cinéma français. Les 4.313 membres de l’Académie des César ont élu ce lundi leurs représentants au sein de l’Assemblée générale qui désignera le mois prochain une nouvelle direction paritaire, après la démission en février dernier du président Alain Terzian et de son conseil d’administration. 

Parmi ces représentants, issus de l’ensemble des métiers du cinéma, figurent 18 des 47 membres de l’Assemblée sortante, qui avaient jusqu’au 31 juillet pour exprimer par écrit leur volonté ou pas de rempiler. Parmi eux, on trouve Alain Terzian lui-même mais aussi... le cinéaste franco-polonais Roman Polanski, visiblement bien décidé à faire valoir ses droits au sein d’une Académie qui l’a élu meilleur réalisateur à cinq reprises.

Comme si rien ne s'était passé ?

La dernière fois, c’était le 28 février dernier, lors d’une 45e cérémonie sous haute tension. Choquée de voir Roman Polanski remporter le trophée pour J’accuse, la comédienne Adèle Haenel avait quitté la salle Pleyel, entraînant dans son sillage la cinéaste Céline Sciamma et l’équipe du film Portrait de la jeune fille en feu.

La jeune femme faisait partie des nombreuses voix qui s’étaient élevées pour protester contre les 10 nominations du film de celui qui a été condamné pour rapports sexuels illégaux avec une mineure en Californie en 1977. Et qui a fait ces derniers mois l’objet de nouvelles accusations d’agressions sexuelles.

La veille de la cérémonie, Roman Polanski avait annoncé sa décision de ne pas y assister, refusant d'affronter "un tribunal d'opinion autoproclamé" et s’estimant menacé d’un "lynchage public" par les associations féministes qui appelaient à manifester contre lui. Il avait été imité le lendemain par l’ensemble de son équipe, l’acteur Jean Dujardin en tête.

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Nommée fin février présidente par intérim de l’Académie des César, la productrice Margaret Menegoz avait été chargée de mener une réforme des statuts de l’Académie des César, sous l’égide du Centre National de la Cinématographie. Parmi les objectifs qui lui avaient été fixés : renforcer la place des femmes dans le collège des votants et dans la direction de l’Académie. C’est dans cet esprit qu’il a été décidé cet été que les César éliraient un tandem homme-femme à leur tête à l’automne. 

Alors que la direction des Oscars a évincé Roman Polanski début 2018, dans le sillage du mouvement #MeToo, celle des César n’a en revanche jamais souhaité emprunter la même voix. Et les polémiques récentes n’y ont visiblement rien changé. Contactée par l’AFP, Margaret Menegoz a expliqué que "les statuts actuels ont été simplement appliqués". La productrice, qui a fait partie du jury du Festival de Cannes présidé par le cinéaste franco-polonais en 1991, a indiqué qu’à titre personnel, "elle a toujours séparé l’œuvre de l’artiste". 

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