Evasion fiscale : la chanteuse Shakira dans le viseur de la justice espagnole

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MAUVAISE PASSE - Déjà citée dans le scandale des Panama Papers, la pop star colombienne Shakira aurait utilisé une résidence fictive aux Bahamas pour ne pas payer ses impôts en Espagne entre 2012 et 2014. La justice lui réclame 14,5 millions d’euros.

Shakira dans la tourmente. Le parquet de Barcelone a présenté vendredi 14 décembre un acte d’accusation contre la chanteuse colombienne de 41 ans, soupçonnée d’avoir utilisé une résidence fictive aux Bahamas afin de ne pas s’acquitter de ses impôts en Espagne, entre 2012 et 2014. Elle pourrait être mise en examen de les prochains jours, le montant de la fraude s'élevant à pas moins de 14,5 millions d’euros.


Depuis plusieurs mois déjà, les avocats de l’interprète de "Waka, Waka" tentaient de régler l’affaire "à l’amiable" avec l’administration espagnole. En vain. Dans le magazine "People", l’un de ses proches, scandalisé, assure qu’elle s’est déjà acquittée de sa dette, en début d'année. Et que les poursuites à son encontre ne viseraient qu'à faire peur aux contribuables récalcitrants. Il n’empêche.

Elle vit régulièrement en Espagne depuis 2012

Jusqu’ici, les avocats de Shakira affirment que leur cliente ne vivait pas de manière régulière en Espagne à l’époque des faits. Et qu’elle avait acheté une maison aux Bahamas de nombreuses années auparavant avec son ancien compagnon, Antonio de la Rua. Le hic, c’est que la chanteuse partage depuis l’été 2010 la vie du footballeur international espagnol Gérard Piqué, avec lequel elle a eu deux enfants, en 2013 et en 2015.


Et la justice a fait son calcul. Shakira aurait ainsi résidé en Espagne durant 243 jours en 2012, 212 jours en 2013 et 244 en 2014.  Or toute personne résidant plus de la moitié de l’année en Espagne est tenue d’y payer ses impôts. Sur la même période, en revanche, elle n’a pas posé une seule fois les pieds aux Bahamas, partageant le reste de son temps entre ses tournées internationales et le tournage de la version américaine de "The Voice". Ce n'est qu'en 2015 qu'elle a décidé de déclarer sa résidence fiscale en Espagne.

Ce n’est pas la première fois que la fortune de Shakira  fait polémique. En 2017, son nom était apparu dans les "Paradise Papers", cette enquête menée par un groupe de médias internationaux - dont "Le Monde" en France - sur les mécanismes d’optimisation fiscale dont profiteraient de nombreuses multinationales et grandes fortunes. 


On y découvrait que les droits d'auteurs de la pop star, qui a vendu plus de 70 millions d'albums depuis le début de sa carrière, étaient répartis entre l'île de Malte et le Luxembourg, via une société dont elle est la gérante. Ses avocats avaient à l’époque justifié ces montages fiscaux par la "grande mobilité" de leur cliente.

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