Héritage de Johnny : comme Laura et David, Jean-Michel Jarre a contesté (en vain) le testament de son père

AFFAIRE - Oui, des enfants français peuvent être déshérités en vertu de la loi californienne. C'est ce que la Cour de cassation a affirmé à Jean-Michel Jarre, qui a connu le même sort que vont peut-être connaître Laura Smet et David Hallyday.

Coup de tonnerre dans la famille Hallyday : Laura Smet a annoncé lundi son intention de contester le testament de son père Johnny, aux côtés de son demi-frère David. Selon un communiqué des avocats de l'actrice, l'ensemble du patrimoine et des droits d'artiste du rocker "serait exclusivement transmis à sa seule épouse Laeticia par l'effet de la loi californienne".


En droit français, on ne peut théoriquement pas déshériter un de ses enfants, en vertu du principe de "réserve héréditaire". Or ce principe n'existe pas dans le droit californien et plusieurs cas similaires, par le passé, ont prouvé qu'il était effectivement possible de déshériter ses enfants en vertu de la loi californienne. 

L'héritage de deux grands musiciens français a déjà provoqué le même séisme : Maurice Jarre, oscarisé pour les musiques des films Lawrence d'Arabie et Docteur Jivago, et Michel Colombier, arrangeur culte de Serge Gainsbourg ou Madonna, qui vivaient et sont morts en Californie. Et tous deux ont organisé leur succession selon le droit de cet Etat américain.

Décédé en 2009, Maurice Jarre a légué tous ses biens à sa dernière épouse via un "family trust", une structure juridique prévue par le droit californien. Cette décision a été contestée par deux enfants d'un premier mariage : Jean-Michel Jarre et sa sœur Stéphanie. Idem pour Michel Colombier, mort en 2004 : toujours grâce à un "family trust", son héritage est revenu à sa dernière femme puis, au décès de celle-ci, aux deux filles qu'ils ont eues ensemble. Quatre enfants issus d'unions antérieures ont attaqué en justice.


Dans ces deux affaires, même verdict : la Cour a jugé que la loi française n'avait pas à s'imposer à la loi californienne, et ce, pour deux raisons. D'abord, Jarre et Colombier avaient construit leur vie en Californie depuis longtemps. "Le dernier domicile du défunt est situé dans l'Etat de Californie (et) ses unions, à compter de 1965, ont été contractées aux Etats-Unis, où son installation était ancienne et durable", avait écrit la Cour au sujet de Maurice Jarre.


Colombier, lui, "résidait depuis presque trente ans en Californie, où sont nés ses trois derniers enfants, et tout son patrimoine immobilier et une grande partie de son patrimoine mobilier sont situés aux Etats-Unis". En outre, dans les deux cas, les enfants qui réclamaient leur part de l'héritage n'étaient pas "dans une situation de précarité économique ou de besoin".

Dans la bataille judiciaire qui s'annonce autour de l'héritage de Johnny Hallyday, l'un des enjeux sera sans doute de déterminer si son installation en Californie était "ancienne et durable".  Maurice Jarre avait quitté la France bien avant sa mort et était allé résider aux Etats Unis, en rompant tous les liens avec la France. Dans le cas de Johnny, c'est plus complexe : il y a une résidence en France, il a chanté en France jusqu'à son dernier souffle, il est mort en France, avec des funérailles nationales présidées par le président Macron.

Johnny Hallyday s'était installé dans le courant des années 2000 à Los Angeles, avec sa dernière épouse Laeticia et leurs filles Jade et Joy. Il était revenu en France suivre son traitement médical, avant de succomber le 6 décembre à son domicile de Marnes-la-Coquette, près de Paris. Le feuilleton ne fait donc que commencer...

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