"Il est temps que je parle" : Nadège Beausson-Diagne de "Plus belle la vie" dénonce les abus sexuels dans le cinéma africain

"Il est temps que je parle" : Nadège Beausson-Diagne de "Plus belle la vie" dénonce les abus sexuels dans le cinéma africain
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#MEMEPASPEUR - Après #metoo et #balancetonporc, le cinéma africain lance #MemePasPeur. Alors que le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou s'achève ce samedi, sa 26e édition a été marquée par une libération de la parole et des témoignages de femmes réalisatrices, actrices, techniciennes, dénonçant harcèlement sexuel, agressions sexuelles et violences à leur encontre.

"Il y a eu #metoo aux USA #balancetonporc en France il y a désormais #memepaspeur en Afrique." C'est sous ce dernier hashtag que l'actrice de "Plus belle la vie" Nadège Beausson-Diagne a révélé vendredi sur Instagram avoir été victime de harcèlement et agressions sexuelles sur deux tournages en Afrique. 

"Il est temps que je parle. Je n'ai pas pu le faire avant les mots étaient trop douloureux. Il y a eu #metoo et #balancetonporc. Depuis hier avec #memepaspeur j’ai raconté que moi aussi j'ai été victime de harcèlement sexuel et d'agression sexuelle sur deux tournages en Afrique. C’était il y a très longtemps. La douleur a été engloutie. Aujourd’hui je suis prête à parler pour aider à libérer cette parole et récupérer ma vie. Je suis une résiliente" a-t-elle écrit.

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Auprès de Jeune Afrique, la comédienne explique, à propos de l'un des réalisateurs concernés : "Il m’a isolée de l’équipe technique, a interdit à tout le monde de me parler, a coupé certaines de mes scènes au montage, a menacé de bloquer mes billets d’avion… Je le suspecte même d’avoir cherché à m’intoxiquer. Et ce réalisateur, qui n’a jamais été inquiété, est actuellement présent sur le festival… " a révélé la comédienne lors d'une table ronde intitulée "La place des femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora".

Le réalisateur dont j'étais l'assistante m'a agressé avec une bouteille de bière. Il m'a déchiré le visage"- Azato Soro

Ces derniers jours, lors du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) (qui s'achève ce samedi), de nombreuses voix féminines se sont élevées pour dénoncer abus sexuels, harcèlement et violences sur les plateaux, touchant aussi bien les actrices que les réalisatrices et les techniciennes. Aux côtés de Nadège Beausson-Diagne, l'actrice et réalisatrice burkinabè Azata Soro a également pris la parole. "Sur le plateau d'un tournage, le réalisateur dont j'étais l'assistante m'a agressé avec une bouteille de bière. Il m'a déchiré le visage" a-t-elle expliqué dans une vidéo réalisée par Le Monde

Le réalisateur qui a agressé Azata Soro est le cinéaste burkinabà Tahirou Tasséré Ouedraogo, dont la série "Le Trône" est en compétition au Fespaco. Une pétition en ligne a été créée par les collectifs "Cinéastes non-alignées" (CCNA) et "Noire n’est pas mon métier" pour l'exclure. 

Outre ces témoignages, plusieurs voix se sont également élevées pour qu'une femme soit enfin primée lors de ce festival, dont la cérémonie de clôture se tient cet après-midi. Aucune cinéaste n'a jamais remporté l'Étalon d'Or depuis 1969. Quatre réalisatrices sont en lice, parmi lesquelles la Burkinabè Apolline Traoré, dont le film "Desrances" a remporté un franc succès public au festival, et la Kényane Wanuri Kahiu, pour "Rafiki", projeté à Cannes en 2018 et qui avait été censuré dans son pays parce qu'il montrait une histoire d'amour entre deux femmes.

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