"Il était une fois dans l'Ouest", "Il était une fois en Amérique", "Cinema Paradiso"... 10 bandes originales cultes d'Ennio Morricone

"Il était une fois dans l'Ouest", "Il était une fois en Amérique", "Cinema Paradiso"... 10 bandes originales cultes d'Ennio Morricone
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HOMMAGE - Le compositeur italien Ennio Morricone, décédé à 91 ans, a composé plus de 500 musiques de films, entrant dans la légende avec ses symphonies mêlant grand orchestre et tradition populaire pour le maître du western spaghetti Sergio Leone. Flashback sur dix BO inoubliables qui ravivent des souvenirs et des émotions.

Son nom résonne ce lundi dans toutes les mémoires des cinéphiles et des mélomanes. Le chef d’orchestre italien Ennio Morricone est mort à 91 ans. Résumer ses 500 BO composées pour le cinéma ressemble à une mission impossible. Jugez plutôt cette filmographie mise en musique par le prolifique maestro : Il était une fois dans l'Ouest, Il était une fois en Amérique, La bataille d’Alger, Le bon, la brute et le truand, L’oiseau au plumage de Cristal, The Thing, Mission... Autant de films cultes, aimés pour leurs BO.

Aussi, nous vous avons sélectionné dix musiques marquantes du "Beethoven du western spaghetti" qui, sachez-le, n'a pas œuvré que dans le western spaghetti - la musique qui arrache les larmes lors de la "scène des baisers" à la fin de Cinema Paradiso, c'est lui ; le Here's to You chanté par Joan Baez dans Sacco et Vanzetti (Giuliano Montaldo, 1971), idem. 

Profondément populaire et sans a priori, refusant de se cantonner à un genre (le giallo transalpin qu'il a contribué à populariser par la simple force de sa musique dans les premiers films de Dario Argento), il a croisé des carrières, des trajectoires dissemblables en Italie (celle de Gillo Pontecorvo pour un film magnifique La bataille d'Alger en 1966) comme ailleurs. En France notamment, il a travaillé avec Françoise Hardy le temps d'une chanson (Je changerai d'avis en 1966) ou encore Mireille Mathieu le temps d'un album au titre évident (Mireille Mathieu chante Ennio Morricone en 1974). Bonne lecture et bonne écoute. 

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"Pour une poignée de dollars" (Sergio Leone, 1964)

Ennio Morricone commence au cinéma en composant la musique de Mission ultra-secrète de Luciano Salce. Trouvant les musiques de films italiens médiocres et mièvres, il veut les renouveler et imposer un style plus "américain". La célébrité arrive avec Pour une poignée de dollars (1964) de Sergio Leone. Une collaboration fructueuse avec le maître du western spaghetti lui apporte une réputation internationale.

"Il était une fois dans l'Ouest" (Sergio Leone, 1968)

La petite histoire veut que Sergio Leone lui ait fait refaire la musique vingt fois avant de se déclarer satisfait et qu'elle était jouée sur le plateau durant le tournage afin de mieux imprégner les acteurs. En résultera un accompagnement opératique inoubliable. Chacun des quatre thèmes principaux est joué à l'apparition d'un personnage du film (harmonica désaccordé pour le bien nommé Homme à l'harmonica/Charles Bronson, séquence grinçante à base de cordes puis s'étendant à tout un orchestre pour Frank/Henry Fonda, une phrase très séquencée pour Jason Robards/Le Cheyenne, du ragtime et mélodie romantique avec voix angéliques pour Jill/Claudia Cardinale).

"Le bon, la brute et le truand" (Sergio Leone, 1968)

Des détonations, des sifflements et du yodel pour caractériser le climat de ce western mémorable. Le thème musical principal, semblable au hurlement d'un coyote, est une mélodie de deux notes devenue célèbre. Puis un son différent pour chaque personnage : une flûte soprano pour Blondin/Clint Eastwood , un ocarina de type arghilofono pour Sentenza/Lee Van Cleef et une voix humaine pour Tuco/Eli Wallach. Une dimension opératique avec musiques traditionnelles indiennes et guitare électrique. 

"1900" (Bernardo Bertolucci, 1975)

A l'été 1900, deux enfants naissent : Olmo (Gérard Depardieu) chez les pauvres métayers et Alfredo (Robert De Niro) dans le luxe. Leur amitié sera soumise à rude épreuve suite aux convulsions socio-politiques de la première moitié du XXe siècle. La fresque culte de Bernardo Bertolucci, qui rend nostalgique d'un cinéma comme on en fait plus, admirablement mise en musique par le maestro.

"La cage aux folles" (Edouard Molinaro, 1978)

Preuve de la versatilité et de l'universalité de la musique de Ennio Morricone : on le retrouve au générique des films d'Henri Verneuil avec Belmondo dont Le clan des Siliciens ou encore les trois films de La Cage aux folles. Une musique reconnaissable à l'oreille...

"Le professionnel" (Henri Verneuil, 1981)

La bande originale d'Ennio Morricone est devenu un véritable phénomène, à tel point que selon le producteur Georges Mary, "les deux tiers des personnes sortant des salles de projection mentionnaient la musique". A tel point qu'une célèbre marque de croquettes pour chien l'a également popularisée, le temps d'une pub qui sera parodiée par Les Nuls. Derrière ce grand morceau, se cache là aussi une petite histoire : originellement intitulé Chi Mai, il fut à l'origine créé par Moriccone pour le film Maddalena, de Jerzy Kawalerowicz (1972). 

"Il était une fois en Amérique" (Sergio Leone, 1984)

Film majeur dans l'histoire du cinéma américain (et du cinéma, tout court), Il était une fois en Amérique marque la dernière collaboration entre Sergio Leone et Ennio Morricone, ce dernier accompagnant avec une infinie mélancolie les moments de la vie de Noodles incarné par Robert De Niro sur quarante années. On n'oublie évidemment pas le Deborah's Theme, consacré au personnage joué par Elizabeth McGovern.

"Mission" (Roland Joffé, 1986)

Pour Ennio Morricone, travailler sur la musique de Mission de Roland Joffé (avec le très fidèle Robert de Niro) parcourue par le Requiem de Guiseppe Verdi fut le moment opportun d'y exprimer toute sa foi en Dieu et sa spiritualité. "J'aurais vraiment dû [gagner un Oscar] avec Mission", confiera-t-il au Guardian en 2002

Cinéma Paradiso (Giuseppe Tornatore, 1988)

Grand succès de la fin des années 80, marquant paradoxalement le déclin d'un cinéma italien "que nous avons tant aimé", Cinéma Paradiso racontait l'amour fou du cinéma, le pouvoir de ses images et la force de la transmission à travers les souvenirs d'un cinéaste en vogue, se remémorant son amitié passée avec un projectionniste (Philippe Noiret, au-delà des superlatifs). Et il faudrait évidemment ne pas oublier de mentionner la musique de Morricone qui parcourt tout le film, qui revient tel un souvenir lointain et lancinant, ou encore comme une vague d'amour, et qui donne une puissance inouïe à la séquence finale dite "des baisers". Soit l'exemple parfait d'une musique transcendant une fabuleuse idée de cinéma. 

"Les huit salopards" (Quentin Tarantino, 2015)

Après avoir écrit un morceau original pour son Django Unchained, Morricone fait un immense cadeau au plus grand des cinéphiles Quentin Tarantino en composant la musique originale de son huitième film rassemblant tous les acteurs fétiches du cinéaste (Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Tim Roth, Zoe Bell, Michael Madsen…) et rendant hommage à l'excellente Jennifer Jason Leigh dans un rôle de composition dont elle s'est fait la spécialité. Tarantino qui qualifie cette collaboration de "rêve devenu réalité", a révélé que certains morceaux de la bande-son proviennent de partitions non utilisées composées pour The Thing (1982) de John Carpenter. 

Ennio Morricone, qui avait reçu en 2007 un Oscar pour l'ensemble de sa carrière ("une belle surprise" à laquelle il ne s'attendait plus), en a glané un autre en 2016 pour Les huit salopards. Une récompense qui l'avait ému aux larmes.

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