Iman Bowie, la femme engagée

Iman Bowie, la femme engagée
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PORTRAIT - Avec David Bowie, ils ont formé l'un des couples les plus glamour et discrets du showbiz. Durant près de 24 ans, Iman Mohamed Abdulmajid a partagé la vie de l'icône, été son soutien, l'âme soeur et la mère de leur fille, Alexandria. Mais avant de partager le quotidien du musicien, Iman Bowie était surtout l'un des mannequins les plus en vogue des années 80 mais pas seulement.

"Derrière chaque grand homme, il y a une femme", disait Talleyrand. Dans le cas de David Bowie, ce n'est pas derrière lui qu'a évolué Iman Bowie mais à ses côtés, durant plus de 24 ans. Portrait de celle qui a partagé la vie de l'artiste pour le meilleur, comme le pire. 

 De Mogadiscio à "Remember the Time de Michael Jackson" 
C'est le 25 juillet 1955 que la petite Iman voit le jour à Mogadiscio en Somalie dans une famille où le père est diplomate et la mère, gynécologue. Après des études en Egypte, elle passe quelque temps au Kenya, où elle étudie les sciences politiques. Au gré des mutations de son père et de ses études, elle apprendra à parler cinq langues : le somali, l'arabe, le français, l'italien et l'anglais. C'est là-bas qu'un photographe, Peter Beard, subjugué par la grande beauté et le magnétisme de la jeune femme, l'encourage à s'installer à New York. Deux ans plus tard, c'est la consécration : elle pose dans Vogue et enchaîne les défilés des plus grands créateurs de mode qui feront d'elle, leur muse. Yves Saint-Laurent dira même dans les années 80 : "La femme de mes rêves, c'est Iman". Un port altier, une silhouette de chat et une classe innée, la jeune femme fascine les professionnels de la mode mais pas seulement.

A la fin des années 90, la page de sa carrière de mannequin se tourne avec un book aux allures de livres d'art. Elle aura posé pour les plus grands, de Richard Avedon à Annie Leibovitz. Son expérience dans Out of Africa dans le rôle de Mariammo, en 1985 la conforte dans l'idée que sa seconde carrière se passera sur les écrans. Du Cosby Show en passant par Deux flics à Miami ou encore dans le clip de "Remember the Time" de Michael Jackson où elle incarne Nefertiti, Iman Bowie a entamé une reconversion plutôt réussie. 

 La rencontre avec David Bowie
Après un mariage avec Spencer Haywood, un basketteur américain qui a fait les beaux jours des Supersonics de Seattle et des Knicks de New York entre 1978 et 1987, le couple divorce. Zuleka, leur fille, voit le jour l'année de leur mariage à neuf ans lorsque ses parents divorcent. Quelques années plus tard, la légende voudra qu'un ami commun organise la rencontre entre le sculptural mannequin et le musicien, après que ce dernier a feuilleté un magazine et est tombé sur une photo de la jeune femme. Bowie, alors résident suisse, dira même que la première fois qu'il rencontra la jeune femme, il recherchait déjà les prénoms de leurs futurs enfants.

"Je n'étais pas prête pour une relation avec quelqu'un comme lui", dira-t-elle  au Guardian . "Mais comme je l'ai toujours dit, je suis tombée amoureuse de David Jones, pas de David Bowie. Bowie est juste un personnage, un chanteur, un entertainer. David Jones est l'homme que j'ai rencontré", explique-t-elle, toujours au Guardian au cours de l'une des rares interviews où elle évoque sa vie conjugale. En 1992, le couple se marie et, huit ans plus tard, la petite Alexandria Zahra "Lexi" Jones voit le jour. 

Toujours discrets, presque invisibles en dehors des évènements, le couple Bowie garde sa vie privée, très privée, exception faite de quelques couvertures. En 2013,  dans le magazine Interview , elle expliquera : "Nous sommes très discrets alors nous avons tout de suite décidés de garder la presse et les journalistes en dehors de chez nous." La clé de la réussite de son mariage ? "Nous nous respectons beaucoup l'un et l'autre (...) nous faisons la différence entre la vie publique et la vie privée. Et nous nous amusons beaucoup, tous les deux."

►  Iman Bowie femme d'affaires et engagée
En dehors des podiums, Iman Bowie s'oriente vers l'humanitaire et l'engagement pour les autres à travers les affaires. Elle a créé sa propre ligne de cosmétiques, Iman Cosmetics, pour les peaux noires et métissées. Une petite révolution dans l'industrie qui lui permettra d'afficher un chiffre d'affaires de plusieurs dizaines de millions de dollars. Sous contrat avec la marque De Beers, Iman rompt son contrat publicitaire avec la marque diamantaire pour dénoncer les déplacements de populations bushmens dus à l'extraction de cette pierre précieuse au Bostwana. 

Fervente défenseuse des droits de l'Homme, elle s'engage dans l'humanitaire auprès de la fondation Hawa Abdi . Puis s'attaque au racisme dans l'industrie de la mode, en dénonçant les différences de salaire entre les mannequins noirs et les mannequins blancs. Porte-parole de l'association Keep a Child Alive , elle s'engage dans la lutte contre le SA idan Afrique et en Inde en amassant des fonds pour fournir des médicaments aux enfants malades ainsi qu'à leur famille. 

Fidèle à sa discrétion, Iman Bowie s'est peu exprimée au sujet du décès de son mari. Un communiqué, quelques messages sur son compte Instagram . "Parfois, vous ne connaissez pas la valeur d'un moment jusqu'à ce qu'il devienne un souvenir", avait-elle écrit, samedi, sur son compte Twitter. Iman a également republié aussi une série d'anciennes photos de Bowie et de messages célébrant son 69e anniversaire vendredi 10 janvier. "Je t'aimerai jusqu'à ma mort, je te verrai dans le ciel #cesoir bon anniversaire monsieur Bowie", peut-on lire sur un de ces messages au-dessus d'une photo de Bowie avec la chanteuse Tina Turner. Sa peine est, comme on l'imagine, immense, doublée du souci constant de préserver Lexi, leur fille.

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