"J'ai eu une liposuccion à 12 ans" : le chanteur Sam Smith se livre sur sa relation trouble avec son corps

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CONFIDENCES - Le chanteur oscarisé de 26 ans raconte dans un entretien avec la comédienne Jameela Jamil "avoir toujours été triste à cause de son poids" et souffrir de dysmorphophobie. "Je veux aider les autres mais je pense que tu ne peux le faire qu'en t'aidant toi-même", assure celui qui a "pensé à changer de sexe".

Il en parle comme de "l'interview qui a changé sa vie". Dans un entretien d'une trentaine de minutes accordé à la star de "The Good Place" Jameela Jamil, Sam Smith évoque sans détour le point le plus noir de sa quotidien : son rapport avec son corps. "J'ai lutté contre l'image que j'avais de moi-même toute ma vie, aussi loin que je m'en souvienne", explique le chanteur de 26 ans. Mais à Noël dernier, il a le déclic et décide de se battre plutôt que de se laisser déborder. "Je ne peux plus vivre ma vie comme ça, c'est épuisant", lâche-t-il.

Mais en parler publiquement reste encore compliqué. "C'est très étrange d'être là. Parce que les mecs ne parlent pas trop de ça à grande échelle, parmi les célébrités. Ce n'est pas très masculin, n'est-ce pas, de parler de la manière dont on se sent dans son corps ? Je crois que c'est ce que j'essaie de combattre", dit-il. 

Sam Smith se souvient des mots que sa mère faisait pour qu'il évite la piscine enfant, se retrouver en maillot de bain devant ses camarades le paralysant totalement. "J'étais potelé quand j'avais 5-6 ans", raconte-t-il à propos de son poids qui n'a cessé de grandir. "J'avais littéralement des seins", dit-il en évoquant ce détail physique qui lui a valu d'être harcelé dans la cour de récré. "A 12 ans, j'ai eu une liposuccion. A l'époque, je crois que j'étais content mais ça n'a pas changé grand-chose. J'ai repris mon poids en deux semaines parce que je n'avais pas encore réglé ma relation avec la nourriture", poursuit-il.

Peut-être que je ne suis pas un homme, peut-être que je ne suis pas une femme, que je suis juste moi et que c'est ok- Sam Smith

Le chanteur oscarisé pour la chanson phare de "Spectre" parle sans détour de sa dismorphophobie. Il est incapable de voir son corps tel qu'il est, et "doit demander aux autres quelle taille" il fait. "C'est l'origine de toute ma tristesse. Tout ce qui m'a toujours rendu triste, c'était mon poids. Je lutte contre ça tous les jours. Je peux devenir très très sombre et très triste", détaille Sam Smith. Son corps est aussi à l'origine d'une autre "guerre" avec son esprit, sur la manière dont il se définit. "Je pense comme une femme parfois et il y a des fois où je me demande 'est-ce que je veux changer de sexe ?'. Et j'y pense encore", explique-t-il. 

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Mais l'apparition des termes genderqueer et non-binaire l'a beaucoup aidé. "Je me suis dit : 'putain, ça c'est moi !' Vous ne vous identifiez pas à un genre. Vous êtes juste vous. Vous êtes une création spéciale (...). Je flotte entre l'homme et la femme", précise-t-il. Il rappelle qu'il avait des seins à l'âge de 11 ans, qu'il a "un corps très féminin". "Quand je bouge, quand je fais l'amour à des hommes, c'est très féminin et je m'en suis voulu en me disant que ce n'était pas masculin." "Peut-être que je ne suis pas un homme, peut-être que je ne suis pas une femme, que je suis juste moi et que c'est ok", martèle-t-il. 

Un discours qui fait du bien et qui devrait trouver un écho chez bon nombre de jeunes gens. "Je veux aider les autres mais je pense que tu ne peux le faire qu'en t'aidant toi-même", affirme Sam Smith. Son conseil ? "Le pardon, surtout envers vous-même", glisse celui qui a "encore du chemin à parcourir avant d'être heureux".

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