Johnny Hallyday : un hommage "populaire" et pas "national", c'est quoi la différence ?

ADIEUX - La France va rendre samedi 9 décembre un hommage "populaire" sur les Champs-Elysées au chanteur Johnny Hallyday. Le vendredi 8 décembre, l'hommage national aux Invalides en mémoire de l'écrivain Jean d'Ormesson a été rendu. Mais au fait, qu'est-ce qui distingue ces deux cérémonies ?

Comment faire en sorte que les fans de Johnny Hallyday, mais également l'Etat dans son ensemble, rendent un dernier hommage à celui qu'Emmanuel Macron, a qualifié d"'héros national" ? Il fallait trouver le bon compromis. Et finalement, en concertation avec la famille du rockeur, ce sera avant tout un hommage du peuple qui sera rendu à Johnny Hallyday. Cet hommage sera suivi d'une cérémonie religieuse en l'église de la Madeleine. Et comme il fallait bien une petite note officielle, Emmanuel Macron y prendra brièvement la parole. 


Ainsi, samedi 9 décembre, la dépouille du chanteur, actuellement au funérarium du Mont-Valérien à Suresnes, partira à midi de la place de l'Etoile, accompagné de motards, pour descendre les Champs-Elysées jusqu'à la place de la Concorde. Puis de rejoindre l'église de la Madeleine, a précisé l'Elysée. Les musiciens de Johnny Hallyday "l'accompagneront musicalement", a ajouté la Présidence. 

Par ailleurs, le message "Merci Johnny" sera affiché sur la Tour Eiffel et l'AccorHotel Arena - où il s'est produit une centaine de fois - de vendredi à dimanche, a annoncé la maire de Paris Anne Hidalgo. L'annonce de cet hommage "populaire" a essaimé sur les réseaux sociaux et a plutôt été bien accueillie par les fans de la première heure.

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Les Niçois ont rendu hommage à Johnny Hallyday

Un hommage national pour Jean d'Ormesson

Certains avaient pourtant plaidé pour un hommage plus institutionnel, à l'image de la ministre de la Culture Françoise Nyssen,  qui avait lié la disparition du chanteur à celle de l'académicien Jean d'Ormesson à qui un hommage national a été rendu vendredi 8 décembre. Mais dans les faits, il obéit à des règles plus codifiées. 


L'hommage national est rendu par le chef de l'Etat, qui prononce un éloge funèbre. Le cercueil du défunt est orné d'un drapeau bleu-blanc-rouge. Cet hommage est traditionnellement réservé aux militaires morts en ayant servi la France. Mais il a aussi été rendu à des personnalités civiles, souvent politiques,  l'exemple de Simone Veil l'été dernier. André Malraux avait été honoré de cette façon, ainsi que le commandant Cousteau, l'Abbé Pierre ou, ces dernières années, les victimes d'attentats. Les cérémonies ont lieu, sauf exception, aux Invalides ou au Panthéon. Ce sera aux Invalides pour l'écrivain Jean d'Ormesson.

Des funérailles nationales ? Je pense que c'est pas terribleJohnny Hallyday

Et qu'en est-il des funérailles nationales ? En mars 2006, Johnny Hallyday s'était confié à ce propos à nos confrères de France 3 Nord-Pas-de-Calais et "n'avait pas trouvé l'idée terrible". "Je ne suis pas une star absolue, je suis un homme simple", avait-il confié à l'époque.

Les funérailles nationales relèvent d'un décret du Président de la République et sont exclusivement prises en charges par l'Etat. Elles peuvent s'accompagner, mais ce n'est pas systématique, d'un transfert des cendres du défunt au Panthéon. Les  plus marquantes à ce jour restent celles en 1885 de Victor Hugo qui rassemblèrent deux millions de personnes. Ce fut la plus grande manifestation de tous les temps à Paris. 


Colette, Pasteur, Aimé Césaire y ont également eu droit, tout comme Joséphine Baker en 1975. On trouve d'ailleurs des similitudes avec ce qui est prévu pour Johnny Hallyday. Un convoi funéraire avait traversé les rues de Paris, avec un arrêt devant Bobino, avant un office religieux en l'église de la Madeleine.

Beaucoup plus rare, le deuil national

Le deuil national est lui aussi décrété par le chef de l'Etat, mais il est plus rare. Il consiste à mettre en berne les drapeaux sur les édifices publics pendant un à plusieurs jours, et éventuellement à fermer les administrations publiques et respecter dans toute la France une minute de silence. Cela n'a eu lieu que huit fois. D'abord en 1930 après des inondations meurtrières dans le Tarn, puis après les décès de Charles de Gaulle, Georges Pompidou et François Mitterrand et après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats Unis, de janvier et novembre 2015 à Paris et de Nice en 2016.

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