Jonathan Van Ness, relookeur star de "Queer Eye", révèle être séropositif

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ÉMOTION - Membre du quintette de choc qui relooke et change des vies dans l'émission diffusée sur Netflix, l’exubérant moustachu se livre comme jamais dans les colonnes du "New York Times", alors qu'il s'apprête à publier son autobiographie.

Difficile de trouver une photo sur laquelle il ne sourit pas. Car Jonathan Van Ness est la définition même de la bonne humeur. Nouvelle égérie des tapis rouges, où il étrenne des tenues toujours plus spectaculaires, le jeune homme de 32 ans fait de ses ciseaux une baguette magique qui transforme physiquement les participants à l'émission "Queer Eye", diffusée sur Netflix. 

Coiffeur de profession, il est l'un des cinq experts gays qui se rendent chez des particuliers pour changer leur quotidien en s'attaquant à leur look, la décoration de leur intérieur et leur mode de vie. Reboot du programme "Queer Eye for the Straight Guy" - que TF1 avait adapté au début des années 2000 - cette téléréalité de coaching a été récompensée de six Emmy Awards et aura une cinquième saison en 2020. De quoi faire de ses héros des icônes du petit écran invités absolument partout.

Agression sexuelle et addictions aux drogues dures

Alors quand le New York Times a publié samedi 21 septembre un entretien à la fois poignant et très intime de Jonathan Van Ness, les réactions ont été à la hauteur de la popularité du personnage. Intenses. L’exubérant homme de télévision s'affiche sans le fard habituel et y confesse ses blessures les plus secrètes. "Je suis soulagé de pouvoir parler des choses qui ont forgé mon expérience de vie", note sur Instagram celui qui se dévoile dans une autobiographie, Over the top, à paraître cette semaine. À son intervieweur, il confesse "faire des cauchemars depuis trois mois car il a peur de se montrer si vulnérable devant les gens".

Il pleure en racontant avoir été violé par un garçon plus vieux qu'il côtoyait sur les bancs de l'église dans son Mississippi natal. Une expérience qui "a planté les graines pour d'autres comportements d'autodestruction", souligne le New York Times. Jonathan Van Ness évoque ses relations sexuelles avec des hommes plus âgés rencontrés sur des chats en ligne alors qu'il n'était qu'un adolescent, son addiction à la cocaïne à l'université puis à la méthamphétamine. Il fera deux voyages en cure de désintoxication. Et rechutera à chaque fois.

Personne n'est jamais brisé au point de ne pas pouvoir recoller les morceaux- Jonathan Van Ness

Puis à 25 ans, il chute littéralement alors qu'il travaille dans son salon de coiffure. Le lendemain, il découvre être séropositif. "Ce jour était aussi dévastateur que ce vous pouvez imaginer", écrit-il dans son livre. S'il témoigne, c'est aussi pour déconstruire tous les idées fausses qui courent encore sur les personnes séropositives. Aujourd'hui en bonne santé, Jonathan Van Ness se décrit comme "un membre fier et assumé de la belle communauté de la séropositivité". "Quand 'Queer Eye' a démarré, ça a été vraiment difficile parce que je me demandais si je devais parler de mon statut. Et puis je me suis dit : 'L'administration Trump a tout fait pour que la stigmatisation de la communauté LGBT s'épanouisse autour de moi. Je ressens ce besoin d'en parler", explique-t-il.

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Il reconnaît que les sujets qu'il relate dans son livre sont plutôt compliqués à traiter dans "une émission de relooking qui parle de coiffure et de maquillage". "Mais ça ne veut pas dire que 'Queer Eye' est moins pertinent", insiste-t-il. Son objectif final ? "Je veux que les gens réalisent que personne n'est jamais brisé au point de ne pas pouvoir recoller les morceaux".

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