Kim Kardashian agressée à Paris : comment sont écoulés les bijoux volés ?

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Kim Kardashian braquée à Paris

BRAQUAGE - La star de télé-réalité, Kim Kardashian, a été agressée, séquestrée et braquée dans son hôtel résidence de luxe, de la capitale. Le butin s'élève à près de 9 millions d'euros dont une boite à bijoux et une bague estimée à 4 millions d'euros. Cette bague, un énorme diamant est une pièce rarissime impossible à revendre en l'état. Le général de gendarmerie Jacques Morel, référent sécurité de l'Union française de la bijouterie, nous éclaire sur le sujet.

C'est l'un des vols les plus spectaculaires de ces dernières années. Dans la nuit de dimanche à lundi, Kim Kardashian a été braquée et ligotée dans son hôtel parisien par des hommes déguisés en policiers. Ils ont mis la main sur un butin estimé à neuf millions d'euros, soit le plus important vol de bijoux commis sur un particulier en France depuis plus de 20 ans. 

Ces bijoux, exceptionnels, ne peuvent être revendus tels quels, sur le marché. Pour les écouler, les malfaiteurs doivent les transformer, les rendre méconnaissables. Est-ce possible ? Comment s'y prennent-ils ? Le général de gendarmerie Jacques Morel, référent sécurité de l’Union Française de la Bijouterie, Joaillerie, Orfèvrerie, des Pierres & des Perles (UFBJOP) explique à LCI, les méthodes des malfaiteurs pour tenter d'écouler ces pierres sur le marché. 

Journaliste : Qu'est ce qui caractérise ce type de bijoux sur le marché ?

Le général Jacques Morel  : Ce sont des pierres extrêmement rares. Ces bijoux ont un certificat descriptif très précis, avec un certificat d'authenticité où tout est inscrit : son poids, sa taille, et les inclusions (des impuretés dans la partie interne de la pierre, ndlr). Ces pièces sont tatouées par un marquage au laser au sein de la pierre. Elle ne pourra pas être écoulée en tant que bague, c'est impossible. Pour l'écouler, il faut la retravailler, sauf à les vendre dans des pays où les acheteurs sont peu scrupuleux et n'exigent pas ce certificat lorsqu'ils l'achètent.

Journaliste : Après un vol, comment est écoulé ce type de pièces ? Où sont retravaillés ces bijoux ?

Le général Jacques Morel  : Des pays comme l'Inde, les Pays-Bas ou Israël s'en sont faits une spécialité. Une fois le bijou volé, ils passent par un intermédiaire et là, déjà, le bijou perdu la moitié de sa valeur. Ensuite, il faut retravailler la pierre et donc le dégrader. Lorsqu'on le dégrade, elle perd encore de sa valeur. La bague sera très probablement fondue et écoulée sous une autre forme. Il faut partir du principe que tout bijou volé et démonté vaut moins que sa valeur initiale. Ici, si le diamant n’est plus monté sur la bague, il perd de la valeur car il va perdre du poids. Mais au premier contrôle sérieux, il risque d'être identifié comme un bijou issu d’un vol à main armée à Paris.

Journaliste : Quels sont les bijoux les plus volés ? Y a t-il des filières ?

Le général Jacques Morel  : Actuellement, la mode est plutôt aux montres de luxe. Leurs prix s'envolent, certaines valent plusieurs centaines de milliers d'euros. C’est la mode chez les hommes dans les pays de l’Est et aux Emirats, les personnes sont attirées par la vente à moitié prix. Dans les pays de l’Est, on achète les montres de luxe. On peut "refourguer" des bijoux volés mais c'est à leurs risques et périls. Lors du braquage, Place Vendôme, dans les beaux quartiers, tout le monde évoquait des malfaiteurs chevronnés. En réalité, ils dormaient dans des cabanes dans le bois de Vincennes. Les gens deviennent audacieux. C’est caractéristique des attaques actuelles.

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