L’Amérique, MeToo, Mia Farrow… Woody Allen règle ses comptes avant la parution de ses mémoires en France

L’Amérique, MeToo, Mia Farrow… Woody Allen règle ses comptes avant la parution de ses mémoires en France
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RIPOSTE - Dans son autobiographie à paraître le 4 juin en France, Woody Allen règle ses comptes avec son ex-compagne Mia Farrow, laissant entendre qu’elle manipule leur fille adoptive Dylan, qui l’accuse d’attouchements sexuels depuis de nombreuses années. Interrogé par "Le Point", le cinéaste dénonce également le parfum de maccarthysme qui plane, selon lui, sur l’Amérique post-MeToo.

C’est un livre qui a fait parler de lui avant même que son auteur l’ait achevé. En mai 2019, la presse américaine révélait que plusieurs grandes maisons d’édition avaient refusé de publier les prochains mémoires de Woody Allen. La raison ? L’odeur de soufre qui précède le cinéaste new-yorkais depuis que Dylan Farrow, la fille qu’il a adoptée avec son ex-compagne Mia Farrow, a réitéré ses accusations d’attouchements sexuels début 2018, dans la foulée du mouvement MeToo.

Après avoir accepté de sortir la biographie ce printemps, le groupe Hachette allait renoncer début mars sous la pression de plusieurs de ses employés et de Ronan Farrow, le demi-frère de Dylan, auteur chez le même éditeur d’un livre à charge contre le système Weinstein. C’est finalement l’éditeur indépendant Skyhorse Publishing qui a publié le livre, baptisé "Aproposofnothing", quelques semaines plus tard… en plein confinement.

Tous les faits devraient mettre les gens de mon côté, mais l’atmosphère, le sentiment général font que ce n’est pas le cas- Woody Allen, dans "Le Point"

En France, la maison Stock, filiale d'Hachette, a maintenu depuis le début sa volonté de sortir les mémoires du cinéaste, rebaptisés "Soit dit en passant". Ils seront disponibles le 4 juin et son auteur a accepté d’accorder un entretien exclusif à nos confrères du "Point" qui en publient également les bonnes feuilles cette semaine. Dans le livre, Woody Allen n’y va pas de main morte avec Mia Farrow qu’il qualifie de "super maman" devant les médias mais qui cherche les enfants "comme on fouille dans les caisses de livres au rebut dans une librairie", les "dressant comme dans une secte".

Dans les colonnes du "Point", l’auteur de "Manhattan" s’estime ostracisé à tort par une Amérique qui refuse de croire à son innocence, alors que la justice n’a jamais retenu la moindre charge contre lui. "Tous les faits devraient mettre les gens de mon côté, mais l’atmosphère, le sentiment général font que ce n’est pas le cas. Je pensais, oui, vraiment, que les gens examineraient la situation, le caractère illogique de ce qui était colporté, mais non", déplore-t-il.  

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Et le cinéaste de dresser un parallèle, toutefois prudent, avec la chasse aux communistes outre-Atlantique dans les années 1950, "une époque où l’on pouvait dénoncer son voisin avec une accusation étayée sur absolument rien (…) On n’en est pas là aujourd’hui, mais il y a quelques éléments qui la rappellent. (...) C’est injuste, ça arrive dans toutes les époques et, Dieu merci, je le répète, on n’en est pas encore au maccarthysme."

Très remonté, Woody Allen dénonce également l’attitude du mouvement MeToo à son égard. "Le problème, c’est d’instrumentaliser un mouvement légitime en proférant de fausses accusations qui exploitent la situation de femmes vraiment maltraitées", estime-t-il. "L’affaire a aussi surgi dans une époque où l’on est censé croire la parole des femmes et moins le point de vue des hommes. Ça a peut-être un tout petit peu joué dans cette calomnie."

>> Ecoutez le cinéaste évoquer l'écriture de ses mémoires dans notre podcast "Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux" :

 Après cette parenthèse littéraire, le cinéaste âgé de 82 ans n’a pas tardé à retrouver le chemin des plateaux. Il a tourné l’été dernier en Espagne un nouveau film intitulé Rifkin’s Festival, financé par les producteurs de "Vicky Cristina Barcelona". Interprété par Elena Anaya, vue dans "Le Piel Que Habito" de Pedro Almodovar, le Français Louis Garrel ou encore l'Autrichien Christoph Waltz, il pourrait sortir d’ici la fin 2020.

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