L'étrange disparition-réapparition de la star chinoise Fan Bingbing

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MYSTÈRE - La star chinoise Fan Bingbing a refait surface il y a quelques jours, après avoir disparu de la circulation en juillet dernier. Accusée d’évasion fiscale, la comédienne était détenue en résidence surveillée par les autorités de son pays, coupée de sa famille mais aussi de toute aide judiciaire. Une pratique dénoncée par les ONG.

Sa dernière apparition publique remontait au 1er juillet dernier. Depuis, la comédienne chinoise Fan Bingbing, 37 ans, avait mystérieusement disparu des radars, suscitant l’inquiétude de ses fans, dans son pays comme à l’étranger puisqu’on a pu la voir en 2014 dans le blockbuster hollywoodien "X-Men : Days of Future Past". En 2017, elle faisait partie du jury du 70e Festival de Cannes, présidé par Pedro Almodovar.


Jeudi 3 octobre, la jeune femme a enfin donné de ses nouvelles dans un courrier publié sur le réseau social chinois Weibo. Une lettre dans laquelle elle présente ses excuses à son pays et à ses fans pour s’être rendue coupable d’une fraude fiscale massive, les autorités lui réclamant la bagatelle de 883 millions de yuans d’impôts et pénalités (environ 129 millions de dollars). Si elle refuse de payer, elle risque cette fois une lourde peine de prison.

Sans les bonnes politiques du Parti et du pays, sans l'attention pleine d'amour des masses, il n'y aurait pas de Fan BingbingFan Bingbing

"Je demande pardon auprès de la société chinoise, à mes amis qui s'inquiètent, au public et à l'administration fiscale nationale", écrit-elle dans la lettre rendue publique. "Sans les bonnes politiques du Parti et du pays, sans l'attention pleine d'amour des masses, il n'y aurait pas de Fan Bingbing".


Si la culpabilité de la comédienne n’est pas mise en doute, c’est la manière avec laquelle le gouvernement chinois l'a traitée qui interpelle la presse internationale. D’après le "South China Moring Post", le quotidien en langue anglaise de Hong Kong, Fan Bingbing a été détenue en secret dans une "résidence surveillée", dans la province de Jiangsu, dans l’est du pays. 

Une pratique rendue possible par une loi de 2012 qui autorise la police à retenir un suspect pendant 6 mois, sans aide judiciaire ni contact avec sa famille, dans des affaires de corruption et de terrorisme, notamment.  Elle a été dénoncée à plusieurs reprises par des ONG comme Human Rights Watch.


Le sort réservé à Fan Bingbing fait écho à l’affaire Meng Hongwei, le président d’Interpol disparu à son arrivée sur le sol chinois le 25 septembre dernier. Son épouse, restée à Lyon, avait reçu plusieurs messages inquiétants, l’un d’eux contenant un émoticône représentant un couteau.

Ce lundi, un communiqué du ministère de la sécurité publique chinois a révélé que Meng Hongwei était accusé d’avoir "accepté des pots de vin et soupçonné d’avoir violé la loi", sans préciser s’il était actuellement placé en détention. Dans la foulée, Interpol annonce avoir reçu la démission de son président, "avec effet immédiat". 

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