La cocaïne, les troubles alimentaires, les hommes : les douloureuses confessions de la chanteuse Rose

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CONFESSIONS - La chanteuse Rose publie ce jeudi son premier roman autobiographique "Kerosene". Elle y raconte son voyage vers les ténèbres de la drogue dure dont elle est revenue en héroïne. Extraits inédits les plus saisissants.

Entre "trash et paillettes", c'est l'univers feutré de "Kerosene". Le premier livre de la chanteuse Rose sort ce jeudi 3 octobre aux Éditions Ipanema. Il retrace comment la "Niçoise flamboyante", découverte en 2006 avec son titre "La Liste", s'est brûlée les ailes dans les abîmes de la drogue avant de voler à nouveau vers la lumière.

"Kerosene", c'est une histoire de doubles. Un livre dont les 13 chapitres font écho aux 13 chansons du cinquième album de Rose disponible depuis le 20 septembre. L'artiste Rose qui dévoile son alter-ego Keren et sa "vie cachée" de droguée, alcoolique et accro aux hommes. La femme perdue dans ses addictions et qui sera sauvée par le regard de sa chair et son rôle de mère. Retour sur les passages les plus marquants de ce livre-confession.

Être la "préférée"

"Mon enfance ressemble à (...) une publicité pour le bonheur" raconte Rose ou plutôt Keren Meloul.  Celle qui a grandi dans un environnement joyeux dans les hauteurs de Nice aurait préféré avoir des "histoires de famille tordues" pour justifier sa descente aux enfers. Il n'en est rien en apparence, car toute publicité même la plus réussie est parfois "un peu mensongère".

Coincée entre un frère aîné brillant et une petite sœur chouchoutée, Rose a vécu une adolescence compliquée. A-t-elle souffert du syndrome de la deuxième de la fratrie ? Elle l'avoue à demi-mot avec une transparence déconcertante. "Je serai, pour l'éternité, me semble-t-il, l'enfant paumée, rebelle (...) qui lutte pour se faire chérir (...) plus que les autres."

J'ai besoin d'euphorisants pour maintenir de manière artificielle mon amour-propre- La chanteuse Rose

Obsédée par l'idée de rester "la préférée" de la famille à tout prix, la chanteuse va tenter de combler cette carence affective supposée par des amours éphémères avec les mauvais garçons. "Je tombe amoureuse, tout le temps, à tort et à travers" explique-t-elle. Ils la font souffrir. Elle s'en inspire en écrivant des poèmes dont son futur tube "La Liste".

Bientôt les "bad boys" ne suffiront plus à compenser son mal-être profond. Le monde de la nuit et son vice le plus fourbe, la drogue dure, feront leur entrée dans la vie de Rose/Keren jusqu'à la plonger dans les ténèbres. "J'ai besoin d'euphorisants pour maintenir de manière artificielle mon amour-propre"admet-elle. Sa potion maléfique ? La cocaïne, pendant plusieurs années.

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Accro à la cocaïne

Insidieuse, la poudre blanche toxique est apparue dans la vie nocturne de la chanteuse jusqu'à devenir son quotidien.

Cette drogue dure devient son "super-pouvoir". Sûre de contrôler les effets de la cocaïne, Rose va en prendre à n'importe quelle occasion de la plus insignifiante (comme passer l'aspirateur) à la plus surprenante (goûters d'anniversaire) voire "dans la salle d'attente de (sa) psy".

Elle ira même jusqu'à chercher de la drogue au Festival des Francofolies de La Rochelle - où elle doit se produire - pour pouvoir enchaîner la série d'interviews qui l'attend avant sa prestation. "Mon cerveau se met en pilote automatique pour partir en quête de cocaïne sur les lieux" écrit-elle. C'est sur le dos de son téléphone et à l'aide d'un billet de 5 euros que l'artiste va inspirer une grande quantité de drogue, "le tout en une fois à pleins poumons". 

Je me suis plongée (...) dans la drogue que j'avais planquée dans mon bustier- La chanteuse Rose

Rien ne l'arrête dans sa consommation, y compris le jour de son mariage avec son chéri à l'origine de son tube "La Liste". Le jour J, "Je me suis plongée immédiatement dans (...) la drogue que j'avais planquée dans mon bustier" révèle-t-elle, sans fard. 

"J’achète de la cocaïne par cinq grammes. Parce que c’est moins cher, mais surtout je ne veux pas en manquer", écrit-elle. Sans compter les troubles alimentaires. "Les nuits de fête sont souvent suivies de crises de boulimie. Il faut éponger, avec des quantités de choses sucrées, grasses. Comme je suis soit en soirée, soit en lendemain de soirée, je prends du poids. Ma vie, une gueule de bois généralisée".

Il y a le "désir des hommes", aussi. "Le simple fait de me savoir regardée, envisagée, aimée, voulue, convoitée m’apporte du réconfort. Un réconfort éphémère, comme avec la drogue. On prend un shoot d’ego, ça assure, apaise un temps, bouscule le sang. Je leur suis reconnaissante de me désirer".

La chanteuse niçoise perd progressivement pied, au point de ne plus pouvoir faire les tâches du quotidien comme amener son petit Solal à l'école ou lui "faire cuire des pâtes". Ne plus pouvoir assumer en sécurité son rôle de mère l'a pousse à envisager le pire. Mais une force intérieure insoupçonnée l'amène à demander de l'aide : elle demande à se faire interner en psychiatrie. A deux reprises. Le début d'un parcours de combattante pour vivre.

L'amour filial comme force

"Solal, à peine 4 ans" à l'époque sera le soleil révélateur de sa mère. Une nuit, il la surprend dans le salon, envahi d'invités, d'alcool et de drogues. Il "se réveille d'un cauchemar, pour tomber droit dans le mien". L'épisode fait figure de déclic :  grâce à son fils, la chanteuse mélancolique décide d'affronter ses démons pour choisir la vie. "Je retrouve un peu des moments de joie avec Solal, qui me surprend un jour à siffler, relate-t-elle. Son petit rayon de soleil s'est alors exclamé "T'es heureuse, maman, aujourd'hui!".  Et demain ?

Désormais débarrassée de ses démons, la jeune femme va prochainement démarrer une tournée pour présenter son dernier album. Premier concert prévu le 26 novembre, à "La Nouvelle Eve".

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