L'acteur Michel Piccoli est décédé à l'âge de 94 ans

L'acteur Michel Piccoli est décédé à l'âge de 94 ans
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DISPARITION - Monstre sacré du cinéma français avec plus de 70 ans de carrière, le comédien Michel Piccoli est décédé à l'âge de 94 ans des suites d'un accident cérébral, a annoncé sa famille lundi 18 mai.

C'était un des derniers géants du cinéma français. Le comédien Michel Piccoli, célèbre pour ses rôles dans Le mépris, Les Choses de la vie ou plus récemment Habemus papam, est décédé le 12 mai à l'âge de 94 ans, a annoncé lundi sa famille. "Michel Piccoli s’est éteint le 12 mai dans les bras de sa femme Ludivine et de ses jeunes enfants Inord et Missia, des suites d’un accident cérébral", indique le communiqué transmis à l'AFP par Gilles Jacob, grand ami de l’acteur et ancien président du Festival de Cannes. 

Révélé par Le Mépris de Jean-Luc Godard en 1963 où il forme un couple de légende avec Brigitte Bardot, l'acteur a promené son physique de séducteur aux sourcils broussailleux dans plus de 150 films, du provocateur de La Grande bouffe au pape en proie au doute d'Habemus papam (2011), son dernier grand rôle à l'écran. D'une remarquable longévité, sa carrière est indissociable des films de Luis Buñuel et de Claude Sautet. Sous la direction du premier, il a interprété des personnages troubles (Le journal d'une femme de chambre, Belle de jour, Le charme discret de la bourgeoisie) avant de devenir une incarnation des Trente Glorieuses, immuable clope au bec, chez le second, dans les années 70  (Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs, Vincent, François, Paul... et les autres).

Un prix d’interprétation au festival de Cannes pour "Le saut dans le vide"

Eccléctique dans ses choix, il a également tourné sous la direction de Jean Renoir, Alain Resnais, Jacques Demy, Jean-Pierre Melville, Agnès Varda et Alfred Hitchcock. Grand, brun, dégarni avec les ans, voix qui tonne ou ensorcelle, ce personnage énigmatique, s'est "régalé à jouer l'extravagance ou les délires les plus troubles, à casser (son) image", disait-il avant de se lancer lui-même dans la réalisation, à 70 ans.

Son rôle dans La Grande Bouffe de Marco Ferreri, un des plus gros scandales du festival de Cannes, en 1973, en est la preuve. Il y incarne un participant à un séminaire gastronomique se transformant en orgie scatologique et nihiliste. Son refus des plans de carrière, son côté "anti-star" l'ont amené également à tourner des films d'auteur avec Leos Carax, Jean-Claude Brisseau ou encore Jacques Doillon. En 1990, il campait avec gourmandise un personnage de grand bourgeois fantasque dans Milou en mai de Louis Malle.

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Peu à peu disparu des écrans, ce grand pudique, né en 1925 dans une famille de musiciens, lèvera un coin du voile à plus de 90 ans dans un livre d'entretiens avec son ami Gilles Jacob (J'ai vécu dans mes rêves). Il y confiait son angoisse de ne plus pouvoir travailler: "On voudrait que ça ne s'arrête jamais et cela va s'arrêter (...) c'est très difficile". Quatre fois nommé aux César notamment pour La belle Noiseuse de Jacques Rivette en 1992, il n'a jamais été récompensé par l'Académie. Il reçut tout de même le prix d’interprétation au festival de Cannes en 1980 pour Le saut dans le vide.

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