Jeff Bezos accuse un tabloïd de "chantage" à la photo intime et y fait planer l’ombre de Trump

Jeff Bezos accuse un tabloïd de "chantage" à la photo intime et y fait planer l’ombre de Trump

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ÉTATS-UNIS - Le PDG d'Amazon accuse le National Enquirer de l'avoir fait chanter avec des photos intimes pour qu'il arrête d'enquêter sur la fuite qui a permis au tabloïd de publier des informations sur sa liaison extraconjugale. Une affaire qui pourrait avoir un fond politique, suggère-t-il.

"Si, dans ma position, je ne peux pas résister à ce genre d’extorsion, combien de personnes le pourront ?" Jeff Bezos, l'homme le plus riche du monde, a publié jeudi une tribune dans laquelle il accuse le National Enquirer de l'avoir menacé de publier des photos intimes s'il ne renonçait pas à enquêter sur les motivations et la manière avec laquelle le tabloïd, l'un des plus lus aux Etats-Unis, s'est procuré des informations sur sa liaison extraconjugale avec une présentatrice de télévision. 


Après l'annonce du divorce de Jeff Bezos avec sa femme MacKenzie en janvier, le National Enquirer a en effet publié des textos enflammés échangés avec sa maîtresse Lauren Sanchez dès le printemps 2018, soit plus de six mois avant l'officialisation de la séparation. Comment ont-ils pu les obtenir ?, s'est alors demandé le PDG d'Amazon, embauchant des détectives privés pour découvrir l'origine de la fuite et déterminer si les motivations d'American Media Inc (AMI), le propriétaire du National Enquirer, allaient au-delà du scoop. Une enquête qui aurait inquiété les dirigeants du groupe, au point de contacter Jeff Bezos pour lui demander de tout abandonner, selon la tribune publiée jeudi par le milliardaire sur le site Medium.

Jeff Bezos y révèle en particulier un e-mail envoyé début février par le rédacteur en chef du National Enquirer, Dylan Howard, disant avoir dix photos compromettantes en sa possession, notamment "un selfie en dessous de la ceinture" et un cliché de Lauren Sanchez mimant une fellation avec un cigare. Jeff Bezos s'appuie également sur l'e-mail d’un avocat d’AMI dans lequel il est proposé que le patron d’Amazon et le chef de ses enquêteurs, Gavin de Becker, qui a dit à la presse avoir des éléments en ce sens, reconnaissent publiquement n'avoir "aucune information ni élément pour suggérer que la couverture d’(AMI) est motivée par des considérations politiques ou influencée par des forces politiques”. En contrepartie de cette reconnaissance, selon le courriel, AMI promet de ne plus rien publier concernant la liaison de Jeff Bezos. Une “proposition d’extorsion” et un "chantage" selon ce dernier. 


Le milliardaire va plus loin dans sa tribune. De manière détournée, il tente de faire comprendre que les révélations du National Enquirer le concernant pourraient avoir un lien avec l'hostilité qu'affiche Donald Trump envers lui et le Washington Post, dont il est le propriétaire. Il laisse ainsi entendre que ses enquêteurs se seraient intéressés aux relations entre AMI, dont le patron David Pecker est un ami de longue date de l'hôte de la Maison Blanche, et celui-ci. "Le fait que je possède le Washington Post me complique les choses. Il est inévitable que certaines personnes puissantes qui font l'objet d'un reportage du journal concluent, à tort, que je suis leur ennemi", déclare-t-il, citant le cas du président américain mais aussi celui de l'Arabie Saoudite. Un "angle saoudien", écrit-il sans rentrer dans les détails, qui "semble toucher une corde particulièrement sensible". “Je préfère faire face, tout secouer et voir ce qu’il en sort", lance Jeff Bezos. Et ce "en dépit du coût personnel et de l’embarras" que cela lui cause.

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